Que faire face aux fractures de fatigue ?

Bonjour,

Je suis âgée de 16 ans et je pratique l’athlétisme depuis 3 ans et plus particulièrement la course de fond sur piste et le cross-country. Je m’entraîne généralement 4 fois dans la semaine.

L’année dernière, je n’ai pas eu de saison estivale en raison d’une fracture de fatigue au tibia gauche qui m’a stoppée 5 mois.
Cette année, tout s’est bien passé : les cross, le 3000 m, le 2000 m steeple… Une saison entière sans blessure… Jusqu’à ce que je ressente une douleur au niveau du tibia droit en fin d’entraînement, il y a 4 jours. Je n’ai pas recouru depuis et je fais du vélo et de la natation à la place. De plus, je glace mon tibia droit plusieurs fois par jours et essaye de ne pas trop le solliciter.
Je pense à une fracture de fatigue, car je ressens une gêne rien qu’en marchant et quand je palpe la zone précise, c’est un peu douloureux. Pourtant, cette année, j’ai fait attention à la récupération et à une bonne alimentation. Néanmoins, j’ai changé de chaussures et de marque (Saucony, où je n’ai eu aucun problèmes, remplacé par Mizuno) il y a 15 jours et je n’ai commencé le steeple que cette année, en avril. Je porte des semelles orthopédiques depuis l’année dernière.

Pensez-vous que je peux continuer la natation et le vélo pour l’instant ? Si oui, à quelle intensité ? Est-ce que des exercices de renforcement musculaire seraient utiles ?
Comment faire pour ne plus faire face à ce type de blessure ? Pensez-vous, vous aussi à une fracture de fatigue ?

Merci beaucoup pour vos réponses !

Une réponse à la question

  1. Bonjour,
    Bravo pour la précision de vos questions et merci pour votre confiance. En effet, il vous faut actuellement fonctionner comme si vous étiez à nouveau victime d’une fracture de fatigue et cette fois au niveau du tibia droit. A vous lire, vous cumulez tous les facteurs de risques : pratique de l’athlétisme, antécédents de fracture de fatigue, sexe féminin. Je vais développer ces différents éléments.
    Dans le cadre de la pratique de l’athlétisme, et notamment de la course à pied sous toutes ses formes, les différentes études prospectives internationales montrent que 15 à 20 % des pratiquants ont été, sont ou seront victimes de fractures de fatigue. Il s’agit d’un élément de fréquence très important car pratiquement un coureur à pied sur 5 a été ou sera victime de fracture de fatigue.
    Nous ne savons pas encore précisément pourquoi certains coureurs à pied sont plus fréquemment victimes que d’autres mais la survenue d’une fracture de fatigue chez un sportif doit toujours nous rendre très vigilants en cas de nouvelle douleur osseuse. Un antécédent de fracture de stress est un argument complémentaire pour envisager les examens nécessaires à la recherche de nouveaux signes osseux situés au même endroit ou bien sur un autre os.
    Vous connaissez ce vers du poète Aragon, « la femme est l’avenir de l’homme ». Nous pouvons aussi écrire que la femme est l’avenir de la fracture de fatigue car les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes. Et ceci pour des raisons biomécaniques, hormonales et nutritionnelles.
    Je vous propose de consulter à nouveau le médecin qui a pris en charge l’année dernière votre fracture du tibia gauche car il va être nécessaire d’organiser des explorations radiologiques, une scintigraphie ou bien une IRM de votre tibia droit.
    En attendant, et ceci pendant un mois, je vous conseille de marcher avec des béquilles en soulageant la pose du pied droit pour que vous ne ressentiez absolument aucune douleur à l’appui. Il est trop tôt pour faire du vélo mais la natation est possible.
    Dans votre cas, il me semble incontournable de faire un bilan biologique (dosage de la vitamine D) et un bilan hormonal. Une consultation chez un nutritionniste ou une diététicienne du sport sera aussi sans doute contributif.
    Désolé, vous connaissez à présent le « tarif », s’il s’agit bien d’une nouvelle fracture de fatigue, l’arrêt de la course à pied devra durer au moins quatre mois.
    Tenez-nous au courant.
    Cordialement

    Dr Jacques Pruvost
    Marseille

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