Sportifs, êtes-vous suralimentés ?

Perdre du poids pour être davantage performant se résume en général à manger moins ou mieux et brûler plus de calories. Si le poids est bien une constante à gérer dans la réussite sportive, il demande une profonde réflexion sur la façon de manger et surtout quoi manger. Décryptage.

Obésité / alimentation

Pourquoi le surpoids existe-t-il ?

L’Organisation Mondiale de la Santé définit l’obésité comme « un excès de masse grasse qui entraîne des conséquences néfastes pour la santé ». Et pour expliquer l’inflation des kilos qui touche certaines personnes, on avance habituellement des déterminants socio-économiques et de santé : prix attractifs de produits bon marché pour revenus bas, sédentarité, taille des portions, antécédents familiaux, traitement ou pathologie faisant prendre du poids (anti-dépresseurs, hypothyroïdie par exemple), etc.

Un récent article rédigé par Gilles Fumey (1) responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) nous invite à réfléchir sur la question du poids à partir d’un angle différent. L’auteur tire sur la sonnette d’alarme. Et pour lui, autant croire au Père Noël pour résoudre la problématique du surpoids si l’on s’en tient aux oppositions géographiques (gradient Nord/Est-Sud : plus de surpoids dans les régions nordiques ou de l’Est par rapport au bassin méditerranéen), si l’on se limite au brocoli vapeur ou au manque d’activité physique et que l’on incrimine les habitudes alimentaires chez les personnes en surpoids. Trop facile… Et en éalité, nous serions bernés par les explications habituelles.

Près d’un français sur deux est en surpoids ou obèse…

Ce que ce chercheur, spécialiste en géographie de l’alimentation, signale c’est que les arguments régulièrement exploités pour raisonner à propos du surpoids tels que le microbiote (flore intestinale), la pollution, le stress, le Nord et l’Est plus pauvres que Paris – faux si l’on se réfère à Lille et Nancy, deux villes où le pouvoir d’achat est élevé mais où l’on cultive les traditions : bières et frites dans le Nord et charcuteries et pâtisseries dans l’Est – sont en quelque sorte les trois à quatre arbres qui cachent la forêt. Cette dernière étant en réalité l’offre alimentaire industrielle.

Pour Gilles Fumey, aucune législation, aucune instance de santé, ni les études et cohortes, ni le corps médical et le milieu paramédical, et encore moins les médias ne pointent directement les pratiques du milieu industriel (matraquage publicitaire à destination des adultes et des enfants) et son offre alimentaire pourtant reconnue comme étant trop grasse, trop salée, trop sucrée comme étant responsable de la crise générale du surpoids et de l’obésité (2).

Sportif, si tu veux maigrir pour devenir plus performant…

« Interroge-toi sur ton alimentation et si en vérité, tu n’es pas suralimenté. Remets en cause ton lieu d’achats, tes courses alimentaires, tes habitudes et ton comportement nutritionnels. En quelques mots : comment tu achètes et comment et quoi tu manges. Va au marché pour ne pas te faire berner par ton supermarché ».

Il s’agit là d’une vraie prise de conscience et de disposer du libre-arbitre que nous possédons tous et que nous pouvons transmettre à notre tour en éduquant nos proches (famille, amis, collègues de travail et milieu sportif) et même la société dans laquelle nous vivons. Pour devenir réellement ConsommActeur ou même Lanceur d’Alertes et ainsi dire stop aux dégâts industriels sur mon poids, le tien, le sien, celui de mes enfants… Pour un avenir que l’on voudrait voir sans régimes.

Corinne Peirano (Expert Lepape-info Diététicienne-nutritionniste, http://corinne-peirano.wix.com/dieteticienne-paris)

(1) Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur à l’Université Paris Sorbonne ; il est responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) et dirige le Food 2.0 LAB
(2) http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2016/10/25/obesite/

5 réaction à cet article

  1. Ca c’est de l’information !
    titre de l’article = Sportifs, êtes-vous suralimentés ?
    Réponse dans l’article = « Interroge-toi sur ton alimentation et si en vérité, tu n’es pas suralimenté »

    Merci c’est vraiment, détaillé, super éclairant et instructif…

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  2. Même avis que la réaction précédente: article complètement bidon car ne répond pas du tout au titre de l’article.
    Je suis par contre preneur d’un article clairement développé sur le sujet en question

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  3. Réaction totalement différente des précédentes: Notre performance dépend de notre alimentation. Il n’y pas besoin de grand discours pour le décrire: Nous sommes ce que nous mangeons!

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  4. Très bien tout ça mais concrètement ça ne veut pas dire grand chose « changer ses habitudes » car quelques conseils concrèts pour appuyer auraievt été les bienvenus.

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  5. Bonjour à tous,

    Je ne suis pas l’auteur de cet article mais je me dois de défendre ma collègue, devant le nombre d’avis négatif qu’il en ressort.

    Je cite l’entête de l’article : « Si le poids est bien une constante à gérer dans la réussite sportive, il demande une profonde réflexion sur la façon de manger et surtout quoi manger. Décryptage ».

    En aucun cas l’article prétend apporter une quelconque solution à ce problème. Il est d’avantage un débat, une question ouverte, sur une problématique faisant écho à une récente étude d’octobre dernier (cf : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/25/un-francais-sur-deux-est-en-surpoids_5019615_3244.html)

    Dans cette optique l’article pousse à une réflexion plus profonde sur la thématique de nutrition chez le sportif comme le non-sportif. Êtes vous, vous-même (sportifs ou non-sportifs) suralimentés ? Oui ? Non ? Comment pourrait-on le savoir à distance sans même une consultation ou analyse ? C’est impossible.

    Vous m’en voyez clairement désolé si votre attente était celle d’une simple réponse type oui ou non. Mais, à mon humble avis, ce genre de débat ne peut se résoudre si facilement.

    Sportivement.

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