Ne pas oublier sa préparation alimentaire dans l’avion !

Valise vérifiée, passeport en main, formalités accomplies, prêt à prendre l’avion pour une lointaine épreuve sportive à l’étranger. Les conditions des voyages aériens créent des contraintes, alors que manger au cours d’un long vol pour rester performant à l’arrivée ?

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L’avion : un écosystème déshydratant

 

L’appareil en croisière est pressurisé pour simuler une altitude-cabine « artificielle » comparable à celle rencontrée à une altitude de 1800 à 2200 mètres en montagne afin d’éviter les effets négatifs de la dépression barométrique. La grande majorité des sportifs ne vit pas à de telles altitudes !

Certains organismes peuvent ressentir les effets de la baisse de pression partielle d’oxygène même si elle reste modérée (20 à 25%). Cette légère hypoxie liée à « l’altitude » provoque la dilatation de l’air emprisonné dans les cavités digestives qui peut exposer à des désagréments digestifs (ballonnements) durant toute la durée du vol. Cette gêne est majorée par certains aliments (légumes secs, choux,…).

A cette hauteur, le sang absorbe moins d’oxygène. Cela peut mener à de la fatigue, des maux de tête, de la somnolence chez les sportifs sensibles. Et être assis durant une longue période de temps ne favorise pas la circulation du sang qui s’accumule dans les jambes et les pieds. S’étirer les jambes, faire des rotations de chevilles, contracter les muscles des mollets, se lever pour faire quelques pas (l’idéal à chaque heure) amélioreront la circulation sanguine.

 

L’air prélevé à l’extérieur par les compresseurs pour climatiser la cabine est extrêmement sec. En cabine, l’hygrométrie varie entre 10 et 20 %, bien inférieur au seuil de 40 % en dessous duquel surviennent les premières sensations d’inconfort. Respirer cet air a pour effet de déshydrater et fatiguer l’organisme. Arriver bien hydraté à destination est encore plus important si la compétition a lieu dans les quelques heures ou jours suivant la descente de l’avion :

  • Une hydratation abondante compensatrice est conseillée (pas de boisson énergisante et pas d’alcool bien connu pour ses effets déshydratants multipliés par trois en vol). Il faudra se contenter de verres d’eau ! Malgré une disponibilité pas toujours facile des liquides, il est important de boire régulièrement pendant tout le vol. Le bon compromis serait de 1 litre / 3 heures de vol. Et, enfin, ne pas craindre de réveiller son voisin pour aller aux toilettes! La bonne idée : après avoir passé la sécurité à l’aéroport, acheter une bouteille d’eau dans l’un des magasins de la zone d’embarquement. Une fois consommée dans l’avion, la remplir à nouveau avec les bouteilles d’eau mises à disposition dans les « coins cuisine » de l’avion.
  • Le vol long-courrier conduit à l’évaporation de la muqueuse nasale où se logent des récepteurs du goût. Les papilles gustatives et olfactives s’engourdissent sous l’effet de la déshydratation. Il est plus difficile de « savourer » le plateau repas et de bien distinguer les saveurs salées et sucrées. Les plats paraissent souvent fades.

 

Les repas à bord

 

Pendant le vol, mettre sa montre à l’heure locale de destination et manger aux heures de prise de repas à bord pour donner, au plus tôt, un repère chronologique aux organes digestifs.

L’offre alimentaire dans les avions est très variable. Attention de ne pas succomber aux nombreux en-cas en libre-service ou à la multiplicité des repas escales. Ou dans le cas contraire si la compagnie est moins généreuse, il faudra penser autonomie en préparant des collations pour compléter, sans exagérer, le repas servi dans l’avion (Barres de céréales, Fruits secs). Le sportif ne doit pas oublier la nécessaire stratégie de charge en glycogène si le voyage précède de quelques jours le départ de la course.

 

Bon voyage et détendez-vous !


Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport : http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

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