J’ai réfléchi à cette question il y a déjà quelques années, fin 2006, lors de ma préparation pour mon premier Libyan Challenge. Le sable et le désert sont impitoyables. L’abrasion occasionnée par cette poudre fine qui, levée par le vent lors d’une tempête, met quatre jours pour retoucher le sol, reste à mes yeux la pire qui existe.
J’ai donc réfléchi, je me suis documenté, en bon bio technologiste que je suis, et je suis revenu en arrière sur ma pratique de l’escalade, qui était très intense à cette époque. Il existait tout un tas de méthodes pour pallier le manque de peau dû à l’abrasion par le rocher. J’utilisais de la teinture de benjoin pour durcir la peau afin de ralentir les affres des roches. Le problème de la teinture de benjoin, c’est qu’elle peut entraîner des crevasses si on en met trop.
En discutant avec un ami chasseur, j’avais découvert l’existence pour les chiens de chasse et de traîneau, d’un produit nommé Randopatte ou Tanopatte. Après renseignements, j’ai fait mes essais personnels en associant ce traitement à de la pommade, pour durcir la peau tout en l’assouplissant. J’avais en effet de douloureux souvenirs de la teinture de benjoin qui, appliquée régulièrement, créait une couche épaisse et dure mais partait en plaques si la roche prenait le dessus. En transférant cette préparation sur mes pieds, j’ai pu faire trois Libyan Challenges sans souci. Bien entendu, cette méthode est utilisable pour n’importe quelle course de longue ou moyenne distances.
Mon conseil en termes de posologie : un mois avant l’épreuve, tous les soirs pendant un moment de détente, passer du produit sur vos pieds, et le laisser sécher, à raison de deux ou trois couches. Le matin, avant de partir, masser vos pieds avec de la NOK et mettre vos chaussettes par-dessus.
Pour information, le randopatte est jaune et vous risquez d’en mettre partout dans vos chaussettes mais cela ne tâche pas et vous ne risquez rien !








16 mai 2012