Tout savoir sur la PMA (Puissance Maximale Aérobie)

Définition et modes d'évaluation

Pour ceux et celles que l'expression "Puissance Maximale Aérobie" laissent songeurs, Amandine Le Cornec, spécialiste entraînement, remet les choses au clair.

piste

La Puissance maximale aérobie (PMA) correspond à la puissance atteinte à la consommation maximale d’oxygène (VO2max), qui est la quantité maximale d’oxygène qu’un organisme peut utiliser par unité de temps (généralement par minute) au cours d’un exercice musculaire intense et d’une durée égale ou supérieure à trois minutes. La PMA fait généralement référence à la VMA (vitesse maximale aérobie). Elle est exprimée en Watts tandis que la VMA est exprimée en Km/h. On parle davantage de VMA car la majorité des sports fait référence aux vitesses plutôt qu’aux watts.
Pour l’évaluer, il existe différents tests de terrain. Les mieux notés actuellement (1) sont :

- Le test rectangulaire discontinu : leTest de l’Université de Bordeaux 2 (TUB2) (1990). Il s’agit d’une course progressive par paliers de 3 min entrecoupés d’1 minute de récupération passive. Bornes placées aussi tous les 20 m.

- Les tests rectangulaires continus :

  • Test de Léger et Boucher (1980) : paliers de deux minutes à augmentation d’1 km/h à chaque palier. A chaque repère sonore, les sujets évalués doivent passer au niveau d’une des bornes placées tous les 50 m autour d’une piste d’athlétisme de 400 m.
  • Test Vam-éval de Cazorla et Léger (1993) : course progressive autour d’une piste où les bornes repères ont été placées tous les 20 m. Incrémentation de 1 à 2 km/h par palier de 1 min.
  • Test navette aérobie de Léger et coll (1982) : course en navette de 20 m à paliers de 1 min à augmentation de 1 à 2 km/h à chaque palier. A chaque repère sonore, les sujets évalués doivent se situer au niveau d’une des lignes parallèles situées à 20 m l’une de l’autre, bloquer un pied derrière la ligne et repartir en sens inverse.
    NB : ce test est davantage utilisé pour les sports collectifs dû à sa pertinence (à sa ressemblance avec le sport).
  • Test derrière cycliste de Brue (1985) : Course progressive par paliers de 30s avec une augmentation de 1 à 2 km/h par palier. Vitesse de course imposée par un cycliste habitué à pédaler aux cadences imposées.

Il est vrai que ces tests requièrent un matériel spécifique (cassette du protocole). Si vous n’êtes pas doté de ce matériel, il existe des tests plus accessibles tels que le test de CONCONI et le CAT TEST de Chanon et Stephan mais leur fidélité et validité sont discutables (2).

Il existe également l’évaluation en laboratoire de la VO2max sur ergomètre ou sur tapis roulant. Ce type de test a l’avantage d’être très précis et de vous apporter des mesures supplémentaires, celles des lactates, des seuils, de la fréquence cardiaque, de la VMA ou de la PMA. De plus, vous êtes accompagné par un médecin. Le seul bémol sur tapis roulant, c’est que vous pouvez rencontrer des difficultés à courir dessus. Si vous êtes coureur, je vous conseille de faire le test sur tapis roulant car il est préférable de faire le test se rapprochant le plus de votre discipline. Ainsi les résultats seront susceptibles d’être mieux exploités.

Pour conclure, la valeur d’un test d’évaluation repose sur le fait qu’il doit être facilement accessible, reproductible, pertinent (c’est-à dire correspondant à votre l’objectif, le plus proche possible de votre sport) et « fidèle » (valeurs restant stables entre les tests).  Par ailleurs, le résultat obtenu dépend non seulement du protocole mais également de la motivation de l’athlète, de l’économie de course et du VO2max.

1- Dr Georges Cazorla*, Dr Lamia Benezzedine-Boussaidi**, Pr François Carré***
* Laboratoire de Physiologie EA 518 et Laboratoire Evaluation Sport Santé UFR STAPS, Université Victor Segalen Bordeaux 2 ** Centre National de Médecine et des Sciences du Sport, Tunis *** Hôpital Pontchaillou, Université Rennes :
Aptitude aérobie sur le terrain : Pourquoi et comment l’évaluer ?

2  – Brue F, Montmayeur A. Les tests de terrain d’aptitude aérobie. Compte rendu du Colloque Médico-Technique National. Mulhouse : Fédération Française d’Athlétisme, 1988 : 200-5.

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