Je suis nul en trail !

Le marathonien a souvent la sensation de ne pas avancer en trail.

Routiers, changez vos valeurs !

Routiers, changez vos valeurs

Question : Je tourne sur marathon en 3 heures, en moins de 1 heure sur 15 km et je me suis mis aux courses de montagne. J’adore l’ambiance, les paysages, mais je prends moins de plaisir, car j’ai la sensation de ne pas avancer : je suis nul. Dernièrement, j’ai mis 2h08 pour faire 19 km avec 1900 mètres de dénivelé. Pire, j’ai mis 13 mn pour faire le dernier kilomètre avec 200 m de dénivelé. Que dois-je faire pour progresser ?

La réponse de Sébastien Chaigneau

Je comprends bien votre souci et je peux vous faire une ordonnance avec quelques remèdes possibles.

Premièrement : vous n’êtes pas sur route ! Vous allez donc devoir vous sortir de la tête le fait de courir avec ou contre le chrono. Deuxièmement : ne comparez pas les chronos ! Vous avez fait 3 heures au marathon et 2h08 sur 19 kilomètres de course de montagne, vous ne pouvez établir de conclusion, ce sont deux performances différentes.

Maintenant, posez-vous la question : lorsque vous avez fait votre marathon, est-ce qu’il y avait des montées, des descentes, des variations de rythme, de terrain, des balises à repérer…?  Non. Alors comment voulez-vous comparer vos deux résultats ?

De plus, si vous faites de tels chronos sur une course de montagne, vous avez de fortes chances de vous retrouver sur la tête de course, alors qu’avec un chrono de 3 heures sur marathon, même si c’est une très belle performance, vous ne serez pas au contact de l’élite. Vous tournez à 10 kilomètre/heure de moyenne en course de montagne, c’est énorme !

Restez-en à « ici et maintenant »
Alors, voici ma prescription : ne pensez pas comme un coureur de bitume lorsque vous partez en montagne. Mettez-vous en situation de traileur en ayant pour objectif de prendre du plaisir. Dans un premier temps, ne prenez plus votre chrono, que ce soit en course ou à l’entraînement afin de vous en détacher.
Votre médicament tiendra en une seule et unique phrase : « Je pense ici et maintenant. » Profitez du décor, de l’ambiance, de la course, en oubliant les notions de chrono. En trail, il est impossible de penser en minutes au kilomètre, c’est une aberration.

Enfin, abordons la fin de votre question avec votre dernier kilomètre en montée en 13 minutes. Ce n’est pas grave, cela se soigne très bien ! Ce n’est qu’une histoire de dénivelé ! Eh oui, en montée, on va moins vite !Je suis un peu dur, mais vous semblez avoir une bonne marge de progression si vous acceptez simplement de penser différemment lorsque vous êtes sur route et en montagne.

Ceci provient d’une question posée à notre expert entraînement trail, Sébastien Chaigneau : vous aussi posez votre question à notre expert trail

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