Courir avec son chien, mode d’emploi !

Les adeptes du canicross sont de plus en plus nombreux en France

Vous en avez sûrement déjà croisé lors de vos sorties, les coureurs accompagnés de leur chien ne sont désormais plus si rares. La pratique du canicross gagne de plus en plus d’adeptes et il est donc important de ne pas faire n’importe quoi lorsque l’on veut se lancer pour ne pas blesser son animal. Explications.

Le canicross - Jérôme et Fabienne

Vos pieds sont à peine dans vos chaussures que déjà il sautille partout et se met à aboyer pour sortir. Votre chien peut s’avérer être le meilleur des motivateurs, il sera toujours heureux d’aller gambader quelques kilomètres avec son maître et puis, le mauvais temps, il ne connaît pas ! Cependant, certaines précautions s’imposent avant de lui faire enfiler un harnais ou de le lâcher à vos côtés.

  • Tous les chiens sont-ils aptes à courir ?

La première question à vous poser est, « est-ce que mon chien est un coureur » ? Le docteur Stéphane Dewaels, vétérinaire en Belgique et qui tient un site de conseils santé pour les animaux, nous apprend tout d’abord que toutes les races ne peuvent pas supporter ce type d’effort. « Certains chiens ne sont pas aptes à courir, c’est par exemple le cas des brachycéphales comme les bouledogues. Ils ont un système respiratoire qui n’est pas adapté à l’effort. Il faut également faire attention aux chiots car un chien de moins de un an (deux ans pour les plus grandes races) n’a pas encore les articulations aptes à un entraînement régulier. » Il faudra ensuite, dans tous les cas, que votre animal subisse un contrôle vétérinaire comme vous-même irez voir un médecin. Il est très important de savoir si son cœur et son système respiratoire sont en état de supporter ce type d’effort.

  • Quelles sont les précautions à prendre avant, pendant et après l’entraînement ?

 
Vous le verrez vite au début, votre toutou peut se montrer très dissipé, s’aventurer loin de vous ou s’arrêter tous les 10 mètres pour marquer son territoire. Il est donc impératif de prendre des bonnes habitudes dès le début. Il vaut mieux qu’il soit déjà un minimum dressé pour éviter qu’il aille embêter les autres promeneurs et doit toujours rester près de vous. « Gardez-le en laisse les premiers temps pour qu’il s’habitue à vos rappels et à être sociable avec les autres chiens » conseille Stéphane Dewaels. « Une fois bien éduqué et si le parcours le permet, il n’y a pas de soucis à le laisser courir près de vous en liberté. Prévoyez plutôt un harnais à attacher à votre taille qu’une laisse si vous désirez quand même le tenir afin d’éviter de l’étrangler si jamais vous devez vous arrêter brusquement. »La question cruciale : comment courir correctement avec mon chien ?Le vétérinaire vous a donné le feu vert, il est temps de commencer ! Il faut toutefois faire attention à certains détails pour que tout se passe bien. Tout d’abord, ne l’emmenez jamais courir juste après un repas, cela pourrait lui retourner l’estomac et s’avérer fatal ! Attendez environ 2-3h pour qu’il digère ou bien allez-y à jeun. Ensuite, choisissez un terrain souple, de préférence sur sentier car contrairement à nous, les chiens n’ont rien pour protéger leurs pattes des terrains durs. Un parcours avec quelques points d’eau serait une bonne idée. Enfin, très important, commencez doucement ! « C’est le chien qui décide du rythme dans un premier temps » explique Stéphane Dewaels. « On conseille en général une augmentation de 5% par semaine de la difficulté de l’exercice et au niveau de la fréquence d’entraînement, 2 à 3 sorties se font sans soucis. Pensez également à surveiller que votre chien ne halète pas de manière excessive et que les températures ne sont pas trop extrêmes pour lui. Si vous ne pouvez pas garder votre main sur le bitume plus de 2 minutes, c’est qu’il fait trop chaud pour ses petits coussinets ! »

Pour ce qui est du point toujours pénible au début des pauses pipi, il ne devrait plus le faire au bout de quelques séances une fois qu’il aura compris qu’il doit vous suivre.

Les conseils de Sébastien Spehler

Voilà pour la théorie, mais qu’en est-il réellement lors de la pratique ? Nous avons également demandé quelques conseils à Sébastien Spehler, le meilleur trailer français depuis un an et ancien champion du monde de canicross. Autant dire qu’il maîtrise bien le sujet !

« Moi je ne suis pas un grand fan de la laisse mais cela dépend de l’endroit car tout le monde ne vit pas forcément en montagne. Je déconseille aux gens de courir avec des grosses races de chien type Saint-Bernard et également avec les toutes petites comme les Chihuaha. » Et quand on lui demande quelle est la meilleure méthode pour dresser son chien à courir correctement avec nous, sa réponse est très simple : « il faut l’emmener en footing et lui apprendre à aimer ça tout simplement. Par contre, il est important qu’il s’habitue très vite à courir sur un trottoir quand c’est nécessaire et à ne pas s’arrêter quand il veut, devant les autres chiens par exemple ! » Une autre alternative qui peut être également ludique pour le maître est évidemment la compétition. « Il existe une fédération des sports et loisirs canins (la FSLC ndlr) qui organise des courses de 6 et 10 km en forêt où le chien tire son maître, lui-même attaché et qui n’a pas le droit de le tirer. Un régal en descente pour les plus entraînés ! »

« Je ne peux littéralement pas approcher mes Asics sans avoir Enzo derrière moi  ! »

Ils ne font pas de compétition de canicross mais Jérôme et Fabienne n’en sont pas moins des adeptes de la pratique. Heureux propriétaires d’Enzo, un grand Boxer de 5 ans, ils courent avec lui tous les dimanches dans le magnifique cadre de Port-aux-Cerises (91), en banlieue parisienne. Ce couple de quarantenaires, accro au sport en salle, s’est mis à la course voilà maintenant quelques années, d’abord « après avoir arrêté de fumer pour perdre tous mes kilos en trop ! » comme nous le raconte en souriant Jérôme, puis par pur plaisir. « Dès que cette charmante petite bête de 35 kg a été en âge de pouvoir cavaler, la sortie dominicale est devenue notre sortie. Je ne peux littéralement pas approcher mes Asics sans avoir le chien derrière moi ! »

C’est donc Jérôme qui effectue la plupart des sorties avec Enzo même s’il reste avant tout le chien de Fabienne. C’est elle qui avait eu l’idée de le prendre au moment où son mari commençait à courir. « A moi aussi ça me fait du bien de ressortir de temps en temps même si je reste une coureuse amateur. Mais cela plaît beaucoup au chien et puis on ne l’entend plus de la journée derrière (rires) ! » Preuve qu’Enzo adore ces sorties loin de son panier, son entrain avant de s’élancer : sauts, accélération et grognements d’excitation, tout y passe !

Ensuite, pas question de le brider, Jérôme ayant pris le parti de l’habituer à courir libre. « Vu l’environnement dans lequel nous courons, je me suis dit que cela serait beaucoup mieux. Et puis de toute façon, cela serait impossible de l’avoir attaché au harnais bien que j’en possède un car il s’arrête très souvent ! » C’est un peu le gros défaut d’Enzo, les pauses pipi fréquentes. Fabienne nous confie également que « son enthousiasme a déjà embêté quelques cyclistes, donc nous faisons très attention au fait qu’il ne parte pas trop loin seul devant nous. »

C’est d’ailleurs le conseil principal que l’on donne à toutes les personnes commençant le canicross, de bien garder à l’œil son chien et l’habituer à ne pas s’éloigner. Enzo a visiblement très bien compris le message avec notre couple et, après quelques 6-7 kilomètres sur la boucle autour de l’étang Laveyssière, il a de toute façon commencé à montrer des signes de fatigue, la chaleur se faisant également sentir. Il a ainsi pu montrer sa manière très particulière de s’étirer à ses deux maîtres une fois la séance terminée : affalé sur le ventre !

Alors si vous avez un chien, n’hésitez pas ou plus. Il deviendra très vite plus accro que vous et sera l’une des sources principales de votre motivation.

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