Pourquoi faut-il rouler après un long voyage, veille de course?

Certaines épreuves nous obligent à faire un long déplacement (4h ou plus). Afin de limiter la fatigue accumulée en amont de celles-ci, ce long voyage se fait logiquement durant les jours précédents. Généralement, lorsque l’arrivée sur place n’est pas trop tardive, les entraîneurs recommandent à leurs coureurs d’aller dérouler une ou deux heures afin de décontracter le corps. David Giraud, expert cyclisme de la rédaction, nous explique en quoi il s’agit d’un passage primordial pour pouvoir performer le lendemain.

vélo voyage

Décontracter les muscles

Durant un déplacement, le maintien d’une position assise prolongée aura tendance à créer des tensions musculaires importantes au niveau du cou, du dos ainsi que des membres inférieurs. L’alternance contraction-relâchement constituant le cycle pédalage permettra de leur redonner de la souplesse lors de la sortie en « décontraction » qui fera suite au voyage. Concernant les muscles du haut du corps et notamment du dos, n’hésitez pas à vous étirer en soirée. Comme je l’expliquais dans l’article « Peut-on s’étirer après un entrainement ? », il est déconseiller de trop s’étirer la veille des compétitions afin de conserver le tonus musculaire mais cette remarque concerne principalement les muscles des membres inférieurs.

Booster le retour veineux

L’immobilisation prolongée liée au voyage est à l’origine du phénomène de stase veineuse. Celle-ci apparaît principalement au niveau des membres inférieurs du fait de leur immobilisme mais aussi de leurs positions éloignées et sous-jacente à celle du cœur. Ces trois éléments entravent le retour veineux provoquent par conséquent cette stagnation partielle du sang.

Le fait de rouler dans la foulée du voyage réactivera la pompe musculaire permettant d’accélérer la circulation du sang. Par conséquent, les muscles seront ré-oxygénés et les jambes auront tendances à dégonfler. Le vélo est d’ailleurs une pratique recommandée pour les jambes souffrant de jambes lourdes.

Suer pour évacuer

Pour les cyclistes habitués à rouler 4 à 6 fois par semaine, une journée de repos peut provoquer une légère rétention d’eau, surtout chez le sportif s’hydratant très régulièrement. Comme il n‘entraîne pas, il ne transpire pas, son corps retient davantage d’eau qu’il n’en élimine. le coureur aura alors une sensation de jambes lourdes, celle-ci seront d’ailleurs légèrement gonflés. L’entrainement qui fait suite au long voyage, permettra ainsi de transpirer un peu et d’éliminer cette sensation de jambes lourdes liée à la fois à la rétention d’eau et au phénomène de stase veineuse cité précédemment.

Se relaxer

Il n’est pas très bon de rester enfermé toute la journée. Lorsque le voyage est long on rumine, on ressasse, on stress, si jamais on conduit on doit maintenir un niveau important d’attention. En bref, un long déplacement aura tendance à créer une fatigue nerveuse importante. Pédaler aura alors un rôle relaxant. Cela permettra non seulement, d’éliminer les tensions musculaires comme cité plus haut mais également les tensions nerveuses émanant de ce long périple.

Afin de ne pas ajouter de fatigue à celle accumulée durant le voyage, la séance doit être réalisée en souplesse à faible intensité (I1,I2 soit 50 à 60% de la PMA). En deuxième partie de séance, après au moins 30 à 40mn, le cycliste pourra effectuer, s’il le souhaite, son déblocage habituel ou une version allégée.

 

Rouler la veille de course est une option souvent débattue dans le milieu cycliste. Même si d’après moi, certains coureurs n’ont en effet pas besoin de réaliser une séance à J-1 pour être performant le jour J, je pense que sont d’une grande importance lorsqu’il s’agit de les réaliser suite à un long voyage. Malheureusement, certaines situations ne le permettent pas. Par exemple, je recommande à un coureur arrivant en soirée (après 19h) d’éviter de cumuler de la fatigue en choisissant de rouler. Dans ces cas-là, il existe d’autres stratégies pour parer aux méfaits provoqués par le voyage tel que le réveil musculaire ou encore l’échauffement approfondi. 

Réagissez