Vincent Luis : « C’est une période charnière de ma carrière, celle où je sens que je suis le plus fort. »

François-Xavier de Chateaufort

Cinquième de la Grande finale World Triathlon Series (WTS) remportée par le Norvégien Kristian Blummenfelt à Lausanne, Vincent Luis est devenu champion du monde pour la 1ère fois de sa carrière. Il est le 2ème triathlète Français de l'histoire à réaliser cet exploit après Olivier Marceau sacré en 2000 à Perth (Australie). Entretien.

Vincent Luis champion du monde 2019 de triathlon (crédit: Fédération Française de triathlon)
Vincent Luis champion du monde 2019 de triathlon (crédit: Fédération Française de triathlon)

Lepape-info : Vincent, vous réalisez que vous êtes champion du monde ? 

Vincent Luis : Je réalise oui et non, je m’y attendais plus ou moins puisque je menais la série depuis le mois d’avril. Je savais que j’avais de grandes chances de gagner même si ce n’était pas fait, d’ailleurs je ne suis pas passé très loin de la correctionnelle. Le fait de voir les gens qui sont contents pour moi, je commence à redescendre un peu et à réaliser que j’ai fait un truc qui était pas mal.

 

Lepape-info : Ce ne fut pas si facile d’aller chercher ce titre de champion du monde  

V.L : Ma tactique était simple c’était de battre Mario Mola et Javier Gomez qui étaient les 2 plus proches derrière moi au classement. J’ai toujours essayé de faire ma course en faisant attention aux autres et de ne pas me faire piéger par exemple dans une chute à vélo. J’ai vu que Javier n’était pas dans un grand jour donc je suis resté focus sur Mario. Je l’ai suivi pendant un peu plus de 2 tours (sur les 4 prévus) en course à pied. J’ai senti à un moment que le rythme était un peu trop élevé pour moi. Au lieu de prendre des risques et d’exploser, je me suis laissé décrocher, après en 5ème position je n’ai pas cherché à accrocher ceux qui venaient de me doubler pour pouvoir aussi savourer le dernier kilomètre. Le principal état d’assurer cette place de 5ème. Je savais que c’était gagné.

 

Lepape-info : Vous avez vraiment savouré la dernière ligne droite  

V.L : Beaucoup de monde était là pour moi. Lausanne est très proche de la France et de Vesoul l’endroit où j’ai grandi. Il y’a beaucoup de personnes qui ont fait le déplacement en car pour venir me voir. L’ambiance, les encouragements étaient top j’ai vécu un super moment. Sur le dernier kilomètre il y’avait un bruit  incroyable.

 

Lepape-info : C’est un exploit historique pour vous et le triathlon Français 

V.L : Cela fait 19 ans qu’on a pas eu un Français champion du monde (le dernier était Olivier Marceau en 2000). Je suis le 1er Français champion du monde avec le format WTS, les autres au niveau mondial sont Mola, Brownlee ou Gomez. Mettre mon nom à côté de leurs noms c’est une fierté. Si je peux apporter un peu d’exposition médiatique au triathlon Français par cette performance ce n’est que du bonheur, c’est contrat rempli pour moi.

 

Lepape-info : Ce sacre récompense votre régularité tout au long de la saison et  les sacrifices consentis depuis des années 

V.L : Ma plus mauvaise performance sur le WTS cette année c’est 6ème. Je suis vraiment content de cette régularité c’était ce que j’étais venu chercher quand j’ai changé de groupe d’entraînement il y’a un an et demi. Je suis aussi épargné par les blessures et c’est ce qui me permet d’être fort tout l’année. Cela fait des années que je fais des efforts je suis chanceux de vivre ce que je vis. Cela montre aussi que je suis dans la bonne direction et je suis motivé à continuer ainsi.

 

Lepape-info : Vous avez 30 ans, c’est l’âge de la maturité en triathlon ? 

V.L : Je ne sais pas en tout cas je sens que c’est une période charnière de ma carrière, celle où je sens que je suis le plus fort. Je pense que j’ai appris, que j’ai mûri et que j’arrive à mieux appréhender ces courses aussi avec la pression parce que je suis arrivé ici en étant le leader de la série. Je ne m’étais jamais retrouvé dans cette position. Mon expérience joue en ma faveur je fais moins d’erreurs. Je suis plus présent et régulier sur les rendez-vous et c’est ce que j’avais envie de travailler.

 

Lepape-info : Maintenant le prochain objectif ce sont les Jeux Olympiques de Tokyo ? 

V.L : L’objectif de tout triathlète c’est une médaille olympique. Je veux vraiment savourer ce titre de champion du monde. On va se poser les bonnes questions pour être sur d’être prêt le jour J à Tokyo mais en tout cas c’est clair que la médaille aux Jeux c’est le Graal pour tout athlète qui se respecte.

 

Lepape-info : Les vacances bientôt ?  

V.L : Je cours dans une semaine en Espagne un rendez-vous de Coupe du Monde et j’enchaîne ensuite des étapes de Super League jusqu’au 20 octobre. Ensuite place à quelques semaines de vacances avant de se relancer et d’attaquer vraiment sérieusement la saison olympique avec mon groupe  d’entraînement début janvier. Ce titre me donne de la confiance et l’envie d’aller plus loin.

 

Lepape-info : Vous avez envie de quoi là maintenant ? 

V.L : De voir mes proches, de partager mon titre avec eux. J’ai des amis d’enfance qui sont venus, le bonheur doit être partagé pour valoir la peine d’être vécu. Je suis vraiment content que cela se fasse ici pas loin de la France pour pouvoir partager ma joie avec tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

3 réaction à cet article

  1. Bravo champion !
    On ne va pas parler de LequipeTV qui diffuse en différé et de la presse généraliste qui n’a pas dit un mot sur un champion du monde Français…

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    • Bonsoir, C’est vrai, quelle déception de ne pas avoir vue le sacre en direct. Bravo Monsieur LUIS.

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  2. Bravo Vincent. Une très belle victoire bien méritée. On attend avec impatience les JO et espérons te voir briller avec une belle médaille autour du coup !!!

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