Victoires de Fabien Antolinos et Fiona Porte sur la 6000 D, la Plagne (30 juillet 2011)

Dimanche 30 juillet, 884 coureurs étaient au départ de la 6000D, à Aime-La Plagne (73).

L'été était bien là. La 6000D s'est déroulée dans des conditions presque parfaites. Après une matinée idéale pour courir, il a fait un peu chaud aux abords de midi, le thermomètre ne cessant de grimper au fil des heures.

6000D photo trailer arrive accueil

Rien à dire. La 6000D est indiscutablement un événement majeur de la course à pied et tout particulièrement du trail. Une course impressionnante tant par l’engouement des spectateurs que par la difficulté de son parcours ou encore l’organisation parfaite.

Imaginez un peu. Après un départ à 7 heures du matin depuis Aime-La Plagne, à 673m d’altitude, vous voilà parti à l’assaut du glacier de Bellecôte. Vous devez atteindre l’arrivée du télésiège de la Traversée, à 3047m d’altitude, avant de pouvoir enfin redescendre. Soit 2374m de différentiel pour un total de 4000m de dénivelé positif au gré de vos montées et descentes. Et pour agrémenter le tout et afin d’être au plus près de l’esprit trail, seulement quatre ravitaillements (nourriture et boissons) et trois points d’eau (boissons uniquement) !

Et le chemin ? C’est tout droit, enfin presque… car il faut bien de temps en temps descendre, un peu, avant de repartir de plus belle vers le sommet.

A 7heures du matin, en ce 30 juillet, ils était 884 coureurs sur la ligne de départ sur les 1029 inscrits.

Ils se sont élancés pour plus de 5h30 d’effort pour les meilleurs, 11 heures pour les derniers.

Il était alors question de stratégie et rapidement chacun a adapté sa foulée en fonction de ses espoirs. Pour les uns, c’est l’ascension vers le sommet le plus vite possible en tentant de distancer les adversaires potentiels ; pour les autres, il faut déjà penser à gérer son effort afin de se préserver et ainsi s’assurer de boucler les 60,4 km au programme.

Devant, du côté des hommes de tête, la bataille a fait rage avec des courses folles dans la montée et des descentes vertigineuses. Les spécialistes de la première partie n’étant pas forcément en mesure de contenir leurs adversaires dans la deuxième. Ainsi Sylvain Camus, en tête jusqu’au sommet du glacier, s’est finalement classé sixième.

Cette année, l’homme de la situation fut Fabien Antolinos, vainqueur des 80km de l’Eco trail en mars dernier. Après une ascension prudente, presque cachée, il est revenu sur les hommes de tête et a devancé tout le monde dans la descente. Il a bouclé son parcours en 5h44mn07s, quatre minutes devant Xavier Thevenard (5h48mn06s) et Pascal Giguet (5h52mn22s).

Avec cette victoire, il a démontré sa grande forme et s’est placé en challenger direct de Julien Rançon, actuellement en tête du championnat de France de Trail (TTN). Pour sa première participation (il en était de même pour Xavier Thevenard), Fabien, papa cette semaine, a terminé ce mois de juillet en fanfare. « Je crois que c’est ma course la plus aboutie ! Je me suis bien préparé, j’ai pris les bâtons dès le départ et parfaitement géré mon effort,expliquait- il sur la ligne d’arrivée. Je tiens à remercier mes parents, qui ont géré mes ravitaillements, ça m’a beaucoup aidé. Lorsque j’ai rejoint les hommes de tête au glacier, j’ai préféré me mettre un peu en retrait et attendre le col de l’Arpette (2195m), puis j’ai pris la tête au ravitaillement. C’est une très belle course et je veux féliciter tous ceux et celles qui ont pris le départ. »

Quatre minutes plus tard, le jeune Xavier Thevenard, ancien skieur de fond, avouait sans cacher sa fatigue : « C’était chouette, c’est un beau parcours. J’ai surtout apprécié la descente dans les sous-bois à l’ombre ! Aujourd’hui, le plus fort a gagné, il n’y a rien à dire. J’ai tout donné, je ne dois pas avoir de regrets. »

6000 D victoire de Fiona Porte chez les femmesMoins d’une heure plus tard, la première féminine, Fiona Porte, franchissait la ligne d’arrivée en 6h38mn04s avec trente minutes d’avance sur Virginie Govignon. Tout sourire, Fiona lâchait : « C’est dur, c’est vraiment une course… Heureusement, il y a le décor et l’ambiance qui nous permettent, voire nous obligent, à continuer notre effort, sinon, je ne sais pas si on terminerait. J’ai vraiment pris le temps de savourer afin de puiser de l’énergie. Je suis heureuse, j’ai fait une belle course, mais je suis contente d’en avoir fini ! »

Il était presque 14 heures. Pendant ce temps-là, d’autres plus anonymes et tout aussi courageux étaient encore là-haut, tentant de rassembler leurs forces afin, tout comme ces champions, de franchir, eux aussi, la ligne d’arrivée.

Au fil des heures, ils sont tous arrivés les uns après les autres. A 18 heures, Jean-Marc Ganzer et toute son équipe décidaient de reculer d’une heure la fermeture de la course, afin de donner une chance supplémentaire aux 150 coureurs encore en compétition de terminer dans les temps. A 19 heures, le dernier finisher classé franchissait la ligne. D’autres n’auront pu passer dans les temps et devront une nouvelle fois tenter leur chance pour pouvoir dire qu’ils ont bouclé la 6000D.

Ils l’ont courue

Julien Royet
34 ans, Saint-Alban-de-Roche (Isère), 8h40mn17s

récit de Julien Royet« C’était ma deuxième participation. J’étais venu l’an dernier, mais il ne faisait pas beau et je n’avais pas pu apprécier le spectacle. Je m’étais promis de revenir et je mets un quart de mieux », explique ce grand sportif qui multiplie les activités avec du triathlon, du VTT en ayant été en sport études natation toute sa jeunesse. Assidu, il participe à une compétition tous les quinze jours, ce qui lui donne la base d’entraînement nécessaire pour aborder ce genre de course sans avoir beaucoup de temps pour s’entraîner. « Je suis parti prudemment en marchant dès que ça montait, c’est-à-dire très vite. Ensuite, je courais lors des faux plats et en descentes. De toute façon, je n’aime pas trop le plat, même si je fais le marathon de Paris tous les ans (2h59mn30s en avril 2011, ndlr). Ce parcours me convient donc parfaitement. J’ai bien géré car j’ai pu tourner à 12 km/h dans toute la descente. Je suis content ! En fait, je dois être honnête dès que je franchis une ligne d’arrivée, je suis content. »

Annabelle Rohrer
39 ans, Seez (73)

6000 D récit d'Annabelle Rohrer« C’est ma première 6000D et mon premier grand trail. J’ai fait le 22 l’an dernier. J’ai toujours couru, mais surtout pour le plaisir ; là, je voulais me tester et surtout réaliser ce défi avant mes 40 ans. Pour m’entraîner, ça n’a pas été simple, car j’ai trois enfants, mais je me suis organisée afin de faire une grosse sortie longue, de 2 à 5 heures, par semaine. Je m’entraîne trois fois par semaine, mais les autres séances ne dépassaient pas 1h30. J’étais un peu stressée hier, mais ce matin, heureuse d’être là. Je suis partie lentement, car je savais qu’il faudrait gérer la descente. J’ai utilisé mes bâtons tout le temps, ça m’a bien aidée. Je suis vraiment heureuse, j’ai franchi la ligne d’arrivée dans les temps et sans être trop entamée. »

Michelle Levet et Denis Pages
47 et 50 ans, Saint-Andeol-le-Château (69)

6000D Michelle Levet et Denis PagesMichelle et Denis ont fait la course ensemble. Denis court depuis 2004, Michelle depuis septembre dernier. « Avant je courais, mais je ne faisais pas de course. Depuis septembre, je me suis inscrite en club et participe à des compétitions et j’adore ça. » En mai dernier, le couple courait le marathon de Prague (3h10 pour lui, 3h58 pour elle), avant d’attaquer la préparation pour la 6000D. « Nous avons fait plusieurs courses, le Pilat trail, les Ecrins, le Ventoux, je voulais savoir si je pouvais passer, explique Michelle. Denis reste avec moi une course sur deux ; là, il ne m’a pas quittée. » « Elle a été super, c’est sa première grande course et elle a vraiment bien géré, se réjouit Denis. C’est moi qui ai fait une petite erreur, car je l’ai fait partir un peu vite et sur les dix derniers kilomètres, elle a peiné. Elle a aussi eu un petit coup de mou dans une des grosses montées, en parlant de ne pas pouvoir finir, mais ça a été très vite oublié. Je suis très fier d’elle. »

Jean-Marc Ganzer, organisateur de la 6000D

Jean-Marc Ganzer,organisateur de la 6000D« Ce fut une belle édition, avec un record de partants et une bonne météo. Et pourtant, ce n’était pas gagné avec la semaine catastrophique que nous avons eue. Je constate aussi que l’ensemble des coureurs ont pris conscience de la difficulté de l’épreuve et nous n’avons plus au départ de coureurs qui ne se sont pas préparés. Je pense que nous sommes dans nos limites, nous ne pouvons pas prendre beaucoup plus d’inscrits sans prendre de risque. Je veux pouvoir rapatrier tout le monde sans souci, en cas de problème météo, par exemple. Nous sommes en montagne, ne l’oublions pas ! Nous souhaitons aussi développer le concept de week-end sportif pour tous avec le 11 km, dit la 6découverte, en plus du 22 km, qui a bien pris ses marques. Il y a aussi maintenant la marche nordique et la course enfant. Il est important que chacun puisse trouver des activités en fonction de son niveau et de ses envies. Ce doit être une grande fête avant tout. »

Les  résultats.

  • 6000D – 60,4 km

Hommes

1. ANTOLINOS Fabien, 5h44mn07s
2. THEVENARD Xavier, 5h48mn06s
3. GIGUET Pascal, 5h52mn22s

Femmes

1. PORTE Fiona, 6h38mn04s
2. GOVIGNON Virginie, 7h06mn59s
3. CLERET Liliane, 7h09mn14s

Les classements :
classement scratch 6000D
classement femmes 6000D

  • Trail des Deux Lacs – 22 km

Hommes

1.BOURSEAUX Yannick, 1h53mn06s
2. DELECROIX Benjamin, 1h54mn06s
3. DELEPINE Arnaud, 1h55mn45s

Femmes

1. DUC Stéphanie, 2h04mn28s
2. BOUGEOIS Régine, 2h27mn32s
3. COUX Séverine, 2h27mn35s

Les classements :
classement trail des deux lacs
classement femmes trail des deux lacs

  • La 6 découverte -11 km

Hommes

1. ROCCA Bruno, 1h07mn59s
2. ALARCON Yann, 1h08mn53s
4. MAQUINGHEN Christophe, 1h11mn47s

Femmes

1. LESERVOISIER Adeline, 1h25mn13s
2. CHEVALIER Fabienne, 1h30mn29s
3. HUBSCHWERLIN Muriel, 1h31mn03s

Les classements :
classement 6 découverte-11 km
classement femmes 6 découverte-11 km

Les statistiques des différentes épreuves de la 6000 D

Un record avec plus de 1500 inscrits sur les 4 courses.
Temps d’organisation de l’évènement, quasiment 1 année et plus précisément 360 jours.
Le record de Dawa Sherpa (5H44mn37s) sur la 6000 D a été battu cette année de 30 secondes par Fabien Antolinos en 5H44mn07s.

Statistiques de la 6000 D 2011:

1029 inscrits
884 partants (86 % d’inscrits)
70 abandons  (8 % des partants)
15 hors délais (2 % des partants)
799 classés (90 % des partants)

Statistiques du Trail des deux lacs:

439 inscrits
383 partants (87 % d’inscrits)
1 abandon (0.3 % de partants)
382 classés (99 % des partants)

La 6 découverte:

80 inscrits
72 partants (90 % d’inscrits)
72 classés (100 % des partants)

La 6D rando des vignes

65 inscrits.
65 partants.

Vidéo de la 6000 D, trail qui s’est disputé à La Plagne (73, Savoie, France), le 30 juillet 2011.

Crédit : organisation

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