Trail : Emmanuel Gault repart de l’avant

Il avait hâte que 2014 arrive, après une saison 2013 marquée par les pépins physiques. En ce début d’année, Emmanuel Gault a retrouvé le sourire. Et des objectifs.

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2013 est maintenant derrière lui. Cette année noire qui avait débuté par une fracture de fatigue et s’était poursuivie, entre autres, avec des problèmes de respiration à l’effort en raison d’un œdème de la trachée. Cette année où il a dû faire une croix sur l’Eco-Trail de Paris et l’Ultra Trail du Mont-Fuji, puis abandonner sur l’UTMB en raison d’une blessure au pied malgré un bon début de course,  et abandonner aussi sur les Templiers pour des problèmes de respiration. Bref, une année à se demander si « quelqu’un avait une poupée vaudoue et s’acharnait sur moi ».

Mais Emmanuel Gault a pris le temps de se soigner, de comprendre l’origine de ses maux, de couper une semaine après sa deuxième place sur la SaintéLyon, de fêter la fin d’année à New York avec sa compagne Sylvaine Cussot… avant de reprendre un entraînement « très scolaire » début janvier. « Je crois que c’est presque la première année où je suis aussi sérieux. A travailler la vitesse de base, sans séances spécifiques ». Les jambes ont bien répondu sur le Forest Trail, où « Manu » et « Sissi » se sont tous les deux imposés. Un premier test concluant avant le Gruissan Phoebus Trail, le 16 février. Car comme c’est le cas depuis plusieurs années, celui qui est par ailleurs professeur des écoles pour une classe de CM1/CM2, a choisi de s’aligner sur ce 50 km dans l’Aude. « Je suis un fervent partisan de cette course. J’aime bien l’ambiance, l’équipe d’organisation, et ce n’est pas loin de chez moi. Je m’y sens bien. C’est un bon rendez-vous de début d’année. Une fois que tu es passé par là, tu repars sur de bonnes bases. Je n’y ai pas toujours été très en forme, mais c’est une bonne course de préparation ».

Dans son viseur cette année : l’Eco-Trail de Paris, puis l’Ultra Trail du Mont-Fuji. En fait le même programme que celui qui était prévu l’an dernier. « Ca n’a pas été très compliqué de faire mon planning », sourit Manu Gault. Il l’affirme : Paris n’est « pas une course de préparation » pour le Japon, même si elle lui servira «  de points de repère ». Mais évidemment, il sait que le Mont Fuji, cet ultra qui arrive tôt dans la saison (le 25 avril), impose de « lâcher pas mal de cartouches. Ceux qui l’ont fait ont souvent eu une saison compliquée derrière, et ce n’est pas illogique ». Alors ce père de deux enfants s’impose « une préparation millimétrée, sans laisser trop de cartouches avant la course. Je ne veux pas tomber dans le piège du trop ».

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Emmanuel Gault et sa compagne Sylvaine Cussot à l’arrivée de la SaintéLyon 2013.

Car derrière, il y aura, si tout va bien, le Lavaredo en juin, avant l’UTMB en août. Trois courses inscrites au calendrier de l’Ultra Trail World Tour (UTWT). Mais il affirme ne pas avoir réfléchi à cela en planifiant sa saison. « Non, parce que c’est ce que j’avais prévu pour 2013, et à ce moment-là, ce challenge n’existait pas ». De ce circuit, il dit que « c’est une belle initiative qui vise à valoriser la pratique. Mais cela me paraît évident qu’il y aura un peu de casse. Je ne suis pas sûr que ça aille dans une optique d’augmentation des performances. Personnellement, je ne pense pas au challenge. Ca me paraît difficile d’être performant sur trois ultras. C’est trop aléatoire ».

De même, celui qui gère l’entraînement de « Sissi » Cussot, martèle qu’il faut du temps avant de passer sur l’ultra. « Moi, j’ai attendu six ans avant de tenter l’UTMB. Pour elle, l’idée est d’être à peu près dans le même timing. Sinon, ce n’est pas bon ». Ne pas brûler les étapes, écouter son corps, et profiter d’une vie professionnelle et personnelle « très remplie mais très gratifiante et épanouissante » : tels sont les principaux ingrédients de la recette du vainqueur de la SaintéLyon 2012 et CCC 2011.

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