Trail du Ventoux Ergysport : le parcours à la loupe

A quoi doit-on s'attendre lorsque l'on prend le départ du Trail du Ventoux Ergysport ? Quels sont les principaux conseils pour bien aborder l'épreuve. Eléments de réponse avec Serge Jaulin, le directeur de course.

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En quelques mots

Vous pensez que le plus dur, c’est d’atteindre le sommet du Ventoux (1912 m d’altitude) après 20.5 km d’effort ? Erreur ! « C’est après que la course commence, insiste Serge Jaulin, le directeur de course. Il faut gérer jusqu’au sommet pour garder des réserves et pouvoir continuer à courir de façon efficace sur la deuxième partie du parcours. Ce trail est loin de se résumer à une montée et une descente… »
De manière générale, « c’est un tracé qui permet de découvrir toutes les faces du massif du Ventoux. On ne s’ennuie pas, avec une alternance de zones techniques et de zones plus roulantes, de monotraces et de sentiers techniques, mais sur des portions qui ne sont jamais très longues ».

Sur les deux parcours (46 ou 26 km), comptez environ 90% de monotraces, 9% de chemins forestiers et pistes, et du goudron uniquement sur deux kilomètres au départ et 400 m à l’arrivée.

Au fil des kilomètres

La première zone technique se présente entre les 3ème et 4ème kilomètres. « Les coureurs longent le sommet de la falaise de la Madeleine. Ce passage dure environ 600 à 700 mètres, avant de rejoindre la crête qui commence à être technique pour remonter vers la Chapelle de Piaud. C’est une crête calcaire d’où l’on aperçoit le sommet du Ventoux ».

Après environ 1.5 km, les participants plongent dans la Combe Obscure avant de remonter et d’affronter – nouveauté 2013 – un « petit « raidard », sur 400m, à 50 % ! ».

Se présente alors la face Nord, plus forestière, au milieu, entre autres, des pins noirs d’Autriche. « Cette partie est un peu plus roulante. Il y a notamment une piste de près d’un kilomètre, légèrement descendante, avant de remonter pour atteindre le ravito du 14ème km, à 1 200 m d’altitude. »

C’est là que chacun peut choisir de s’orienter sur le 26 ou le 46 km. « Ceux qui optent pour le 26 km basculent vers la droite pour rejoindre la Combe de Maraval. Les autres bifurquent sur la gauche pour atteindre le sommet du Ventoux 7 km plus loin ».

Le fait de pouvoir choisir son parcours au cours de l’épreuve est d’ailleurs une des spécificités de l’épreuve, à prendre en compte dans la stratégie de course, chacun cherchant à savoir quel sera le choix de son voisin… « Pour le gros du peloton, je conseille vraiment de ne pas démarrer fort, de rester en dedans au moins jusqu’au 10ème km, et même jusqu’au premier ravitaillement. Il faut une gestion tranquille, sereine. Ceux qui sont en tête de course savent comment gérer… avec un double objectif : rester au contact, mais sans se griller ».

Les coureurs qui ont choisi le parcours le plus long découvrent alors « une des parties les plus sauvages et les plus techniques » de ce trail, sur les rochers de Cachillan. « La première partie est en monotraces, jusqu’à parvenir sur une piste de 1 500 m puis un sentier qui n’est même pas balisé. On a l’autorisation de passer une fois dans l’année ici, pour le Trail du Ventoux. Les trois derniers kilomètres pour rejoindre le sommet (km 20.5) sont extrêmement techniques, à travers des lapiaz. Quand la météo est belle, la vue est superbe : à droite jusqu’à la Méditerranée, à gauche les Alpes ».
A noter que cette partie n’est empruntée que si la météo le permet, un parcours de secours étant prévu le cas échéant.

Après cinq premiers kilomètres de descente en suivant les crêtes, le peloton arrive au deuxième ravitaillement (26ème km), au dessus de Le Chalet Reynard. « On bascule ensuite dans une zone technique de descente, dans la Combe de la Grave, mais plutôt roulante pendant deux kilomètres… Avant de se confronter aux montagnes russes du GR91B, avec alternance de petites montées et descentes. Les coureurs passent par toutes les bergeries  (appelées Jas) de la face Sud. C’est très casses pattes, tout en relances ».

Après Mazamet (km 35.5) où les deux parcours sont de nouveau communs, place à « 800 mètres de piste très aérienne, bien roulante pour pouvoir remettre du braquet ». Puis la descente de Maraval (km 36.5) s’avère « très technique pendant 800 mètres, et ensuite un peu plus roulante ».

Au pied de cette descente, il restera alors quatre kilomètres à parcourir, sur le sentier du Piémont. « Ces derniers kilomètres sont bosselés, il faut en avoir gardé sous la chaussure pour terminer. On quitte la dernière monotrace seulement 400 mètres avant l’arrivée ».

Dernière précision : « Le Ventoux, c’est une montagne, pas une colline », insiste Serge Jaulin. « Les conditions météorologiques peuvent évoluer très rapidement, on a d’ailleurs longtemps communiqué sur « la montagne aux deux visages » et cela correspond bien à la réalité. On a vu des éditions avec des conditions quasi printanières en bas, et des températures négatives au sommet ». Vérifiez donc bien que vous disposez de l’équipement nécessaire pour parer à toutes les situations… Pour rappel, la liste du matériel obligatoire pour le 46 km comporte : une réserve d’eau d’au moins un demi litre, une couverture de survie, un sifflet, une bande élastique adhésive, une réserve alimentaire, un coupe vent imperméable permettant de supporter le mauvais temps en montagne. Mais ce n’est qu’un minimum… Sous-vêtements chauds de rechange, pantalon (collant), bonnet, gants ne sont également pas superflus…

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