Serge Girard, un coureur hors du commun

Rencontre avec Serge Girard, détenteur de moult records à travers le monde.

Un internaute, Gérard Péron a assisté l’une des conférences de Serge Girard à Quimper (29). Il nous raconte…

Serge Girard

Je le connaissais à travers ses records, les articles et reportages qui lui ont été consacré mais je ne l’avais jamais rencontré. Coureur moi-même ses performances m’ont toujours enthousiasmé et je ne voulais pas raté l’occasion de lui poser quelques questions. C’était à Quimper, le 26 mai 2011.

Car Serge Girard est avant tout un palmarès. Il a traversé tous les continents en courant et établi des records :

1997 : Los Angeles/New York, 4 597 km en 52 jours 23 heures 20 mn (record mondial)

1999 : Perth/Sydney, 3 755 km en 46 jours 23 heures 12 mn (record mondial)

2001 : Lima/Rio de Janeiro, 5 235 km en 73 jours, 3 heures et 40 mn (record mondial)

2003 / 2004 : Dakar/Le Caire, 8 295 km en 123 jours, 2 heures et 40 mn (record mondial)

2005 / 2006 : Paris Tokyo, 19 097 km en 260 jours.

2009 / 2010 : Tour de la communauté Européenne 27011,88 km en 365 jours.

Le tour de la communauté européenne, ce fut avant tout 27 000 km en courant sans un seul jour d’arrêt au rythme de 74 km quotidien pendant environ 10 heures, un lever (souvent très difficile) vers 7h, un petit déjeuner et ça repart… La première heure a souvent été une galère puis au fil des kilomètres, le corps se chauffait, sa « bulle » s’installait. Au final : 640 marathons et 27 paires de chaussures usées. Impressionnant.

Serge nous a aussi avoué sa peur lors des derniers jours. C’est la fin de l’aventure, le retour à « la vie ». Alors il s’est remis au travail. Montage de la vidéo de son périple, conférences, partout en Europe et, déjà, de prochains défis murissent dans sa tête. Sa vie est ainsi rythmée, un plaisir un peu égoïste, affirme t-il. Mais un plaisir qu’il partage avec son équipe dont sa compagne (Laure, déjà prête à repartir pour un autre défi !) et nous, coureurs anonymes, lorsque nous allons assister à ses conférences.

L’homme. Dès la première approche, il dégage une impression de gentillesse extrême et est d’une disponibilité incroyable. Il s’est ainsi prêté volontiers au jeu des questions – réponses :

Son plus beau souvenir : impossible d’en mettre un seul en avant, il a une très bonne mémoire et se souvient de tous les détails des paysages qu’il a traversés tous plus merveilleux les uns que les autres.

Son plus mauvais souvenir : la peur des chiens errants en Grèce où il s’agit d’un véritable fléau national.

A t-il des séquelles de cette année de course sans un seul jour de repos ? Non. Les médecins sont unanimes pour dire que ce type d’efforts est intéressant d’un point de vue vasculaire car il n’est pas violent. Je ne joue pas avec ma vie ou alors, pour la prolonger… la course à pied amène un bien-être précieux pour la santé.

La compétition est elle importante pour lui ? La réponse est immédiate : oui, sans objectif de records en tête, il aurait certainement arrêté, c’est une notion indispensable pour se dépasser.

Alors ce prochain défi, est il déjà défini ? J’ai traversé tous les continents, je vais donc m’attaquer à un vrai tour du monde ; je partirai en janvier 2013 pour 40000 km sur 18 mois.

Il est déjà l’heure de conclure, le temps est passé très vite. Avant de nous dire au revoir, Serge nous rappelle ces quelques citations devenues ses propres devises : «  Vivre c’est avancer sans cesse » et « La route est longue pour celui qui ne va pas au bout de ses rêves. »

Gérard

Réagissez