Résultats des 20 km de Paris, le 9 octobre 2011

Doublé de John Mwangangi

Sous la pluie, plus de 23 000 ont pris le départ des 20 km de Paris.

20 km de Paris 2011

Dimanche 9 octobre 2011. Pour la 33e édition des 20 Kilomètres de Paris, le ciel est bas. Il pleut. Cette petite pluie fine n’est guère gênante pour les coureurs, mais elle rend vos vêtements lourds, les foulées bruyantes et les pavés glissants.

Au départ sur le pont d’Iéna, les casquettes et sacs poubelles sont de rigueur. Il ne fait pas froid mais frais et l’ambiance est bien moins chaleureuse qu’habituellement. Chacun est dans sa bulle et attend impatiemment le grand départ.

20 km de Paris 2011A 10 heures, c’est le top. Place à la course. Dès le départ, il faut absorber la montée au-dessus du Trocadéro en s’élançant sur l’avenue des Nations-Unies. Après un passage auprès du Trocadéro, un virage à droite et voici l’avenue Raymond-Poincaré. Les foulées résonnent sur le bitume, le peloton est encore groupé, il faut trouver son chemin et son rythme. Voici l’avenue Foch qu’il faut descendre jusqu’au bois de Boulogne. On distingue à peine l’Arc de Triomphe, nul besoin de lui jeter un regard avant de lui tourner le dos.

Changements de parcours

Dans le bois, l’allée de Longchamp puis l’allée de la Reine-Marguerite. Là, premier changement de parcours, les coureurs empruntent la route de la Seine à la butte Mortemart afin de rejoindre le lac Supérieur. Deuxième changement, au lieu d’emprunter le chemin de la Ceinture-du-Lac-Supérieur, le tracé continue sur la route des Lacs à Passy, puis sur l’allée des Fortifications, le long de l’hippodrome d’Auteuil. Le passage dans le bois de Boulogne se termine. Le peloton s’est étiré ; devant, l’élite est encore groupée. Chacun se jauge, il n’est pas encore l’heure de faire la différence.

Voici le retour porte d’Auteuil. Il est temps de rejoindre les quais de la Seine par le boulevard Exelmans. Une deuxième course commence après le traditionnel entonnoir qui oblige souvent à ralentir voire à marcher. Plus de virages et de relances. Le rythme devient plus régulier. Voici le 11e km. Il faut rejoindre au loin (aux alentours du 17e km) le pont du Carrousel en lieu et place du pont Royal, le pont suivant, après un court crochet à travers les Guichets du Louvre.

Changement de rythme

Au 13e km, le vainqueur de l’édition 2010, le Kenyan John Mwangangi, accélère et disloque le peloton. Personne n’est en mesure de le suivre. Au fil de ses foulées, il augmente son avance et se lance dans un grand cavalier seul. Des mètres d’avance qui lui seront profitables lorsqu’il tombera lors du virage orchestré à travers les Guichets du Louvre. Un passage dangereux sur des pavés glissants qui sera modifié après le passage de l’élite afin d’éviter tout accident plus préjudiciable. Là, le peloton semble un peu perdre son chemin. Tous s’élancent sur le trottoir au lieu d’emprunter la chaussée ! Il faudra un retour sur les quais pour retrouver une certaine logique.

Au final, John Mwangangi s’impose pour la deuxième année consécutive en 58’ 15” devant l’Ethiopien Mickael Békélé et le marocain Mustapha El Aziz qui, par ailleurs, remporte le championnat international militaire ; un championnat couplé avec les 20 Kilomètres de Paris. Côté femmes, les Kenyanes Sarah Chepchirchir, Rose Chélimo et
Mirriam Wangari ont pratiquement fait toute la course ensemble. Chepchirchir l’emporte en 1 h 06 min 04 s devant la triple gagnante de l’épreuve, Mirriam Wangari, et Rose Chélimo, vainqueur 2010 des 20 Kilomètres de Paris.

20 km de Paris 2011Pour le reste du peloton, le 17e km est là.  Passage fatidique. Les uns accélèrent, c’est le moment de tout donner. D’autres cherchent un second souffle en se disant : « Oh, encore trois ! Allez, allez, on repart, on tient. » Les regards se fixent au loin après un coup d’œil sur la montre. Voici la remontée vers le quai Branly. Un dernier coup de rein, c’est la ligne ! C’est fini !

Le cortège s’égrène de longues minutes sur la ligne d’arrivée. La pluie, qui n’a guère cessé depuis deux heures, redouble. La course a été belle, la fête un peu gâchée, mais la satisfaction était de mise.

Rendez-vous le 14 octobre 2012 pour une nouvelle édition des 20 Kilomètres de Paris.

  • Les résultats

Les hommes
1. John Nzau Mwangangi (Kenya), 58’ 15”
2. Mickael Feysa Békélé (Ethiopie), 58’ 23”
3. Mustapha El Aziz (Maroc), 58’ 26”
4. Gishu Dida (France), 58’ 46”
5. Geoffrey Kenesi (France), 58’ 48”

Les femmes
1. Sarah Chepchirchir (Kenya), 1 h 06 min 07 s
2. Mirriam Wangari (Kenya), 1 h 06 min 16 s
3. Rose Chélimo (Kenya), 1 h 06 min 24 s
4. Alexei Palagusin (Russie), 1 h 06 min 26 s
5. Cynthia Jerotich (Kenya), 1 h 06 min 28 s

A noter : 24,5 % des participants étaient des participantes. C’est un nouveau record pour les 20 Kilomètres de Paris et un nouveau record pour une grande classique des courses hors stade.

  • Ils l’ont couru

20 km de Paris 2011 - Eric GravierEric Gravier, 37 ans, cadre logistique, Versailles (78), 1h27mn43s
« Je cours depuis l’âge de 10 ans, ça fait donc quelques années. C’est ma cinquième participation et c’est toujours aussi bien. Je termine en 1 h 28 mn, je crois, car j’ai perdu ma montre il y a deux jours dans le métro ! J’ai donc couru au feeling. Je cours trois fois par semaine et vaux 3 h 10 sur marathon, je suis donc plutôt satisfait. La pluie n’était pas gênante, même si elle rend plus lourds les vêtements ; ils sont du coup beaucoup moins agréables à porter ! J’ai glissé quelques fois, mais j’ai toujours réussi à reprendre mes appuis. J’ai vécu à l’étranger ces dernières années, je n’avais donc pas couru les 20 Kilomètres depuis dix ans et c’est un vrai plaisir de revenir. Il y a eu beaucoup de progrès, j’ai pu courir à mon rythme tout le temps. C’est vrai que je courais pour l’association « On ne court pas comme des malades », ce qui m’a permis de partir en préférentiel. »

20 km de Paris 2011 - Monique Le NagardMonique Le Nagard, 53 ans, Professeur d’anglais, Buc (78), 1h34mn48s
« Je participe régulièrement aux 20 Kilomètres de Paris. A chaque fois, j’ai fait 1 h 33, j’espérais faire mieux, mais je termine en 1 h 35, ce n’est pas bien grave. J’apprécie cette distance, je trouve que c’est celle où je m’exprime le mieux. Je vais jusqu’au semi-marathon, mais pas plus. Les 20 Kilomètres ont la particularité d’être très roulants et très bien organisés et puis, je peux courir à mon rythme. C’est vrai aussi que j’ai un dossard préférentiel. La pluie était plus un crachin qu’autre chose et ça ne posait aucun problème. Il faudrait être difficile pour ne pas être contente ! A mon âge, la pratique de la course est un vrai bonheur. En plus, depuis que je suis Vétéran 2, je fais des podiums ! C’est une vraie satisfaction, une fierté. J’apprécie la notion de l’effort ; la course à pied, quels que soient et ses possibilités, permet à tous de se valoriser. On fait un effort en s’entraînant, en étant régulier, puis on participe à une course en se fixant son propre challenge. Franchir la ligne est un pur bonheur, terminer, une source de fierté. Que demander de plus ? »

20 km de Paris 2011 - Guillaume De LafourcadeGuillaume De Lafourcade, 31 ans, chef de zone export, Paris (75), 1h45mn13s
« Je cours depuis six ans, mais je ne fais que du 20 km ou du semi-marathon, car je ne peux m’entraîner qu’une fois par semaine. Le marathon demande beaucoup plus d’investissement. Je cours pour me décontracter, pour penser à autre chose, je le fais régulièrement, uniquement pour le plaisir. Je prends un dossard une fois tous les deux ans pour me tester et voir un peu où j’en suis. Les conditions étaient un peu difficiles durant les 5 premiers kilomètres car il y avait beaucoup de monde. Cette course se divise en deux parties. Les 10 premiers kilomètres en ville, dans les quartiers, dans le bois de Boulogne, avec des virages et beaucoup de variations, puis les 10 derniers kilomètres le long de la Seine. Je suis un adepte de la seconde partie de course, faite plus vite que la première, alors ce parcours me va bien. Je pensais faire 1 h 50, mais j’ai fait 1 h 44, je suis donc plutôt content. C’est étonnant de venir dans un peloton. Il faut gérer le départ, le monde et surtout ne pas se laisser emporter. Après, en course, on se fixe des repères, on trouve un coureur que l’on veut rejoindre, mais il faut faire attention à ne pas se mettre dans le rouge tout en essayant de le rattraper. C’est tout un jeu ! Ça anime la course ! C’est un vrai plaisir ! »

20 km de Paris 2011 - Laure VildierLaure Vildier, 45 ans, pharmacienne, Caen (14), 1h55mn16s
« Je suis venue de Caen avec des amies spécialement. Mais on s’est perdues durant la course, il faudra que l’on recommence. Je cours depuis trente ans, mais je fais aussi de la natation et de l’aviron. Je dois quand même réussir à courir en moyenne entre deux et trois fois par semaine. Je prends quelques dossards par an, mais ça ne doit pas dépasser deux ou trois en fonction des années. Je varie les plaisirs, c’est ma première fois ici. C’est un beau parcours, on voit les monuments, on longe la Seine. Courir dans Paris sans voiture, c’est vraiment sympa. La compétition me permet surtout de voir où j’en suis. Je voulais faire moins de 2 heures mais sans pression. Je crois que j’ai réussi, mais qu’importe ! »

20 km de Paris 2011 - Victor CisnerosVictor Cisneros, 35 ans, auxiliaire administratif, Bois-Colombes (92), 1h53mn59s
« Je cours deux fois par semaine depuis cinq ans. La course à pied permet de s’évader, de penser à autre chose, de se dépasser. Mon chrono importe peu, l’essentiel était d’être là et de participer. Je me suis bien amusé, j’ai oublié la pluie. »

20 km de Paris 2011 - Didier HalfonDidier Halfon, 53 ans, DRH, Cormeilles-en-Parisis (95), 1h59mn08s
« Je cours depuis… l’âge de 15 ans. Nous sommes venus avec un groupe de coureurs de l’entreprise, avec des novices et des coureurs plus avertis, comme moi, même si c’était ma première course. J’ai vraiment apprécié, ce fut une surprenante expérience. Je reprendrai rapidement un dossard, lors du semi de Boulogne, je crois. J’ai fait 2 h 04 au chrono, mais à ma montre, je suis à 1 h 59. C’est pas mal pour quelqu’un qui court deux fois par semaine. Je pensais être perturbé par le monde, mais ce ne fut pas le cas ; au contraire, ça motive. J’ai été un peu perturbé par les ravitaillements ! Tout le monde part dans tous les sens, il n’y a aucune logique ! Ensuite, attention à ne pas tomber sur les peaux d’oranges ! Ah oui ! Ça me fait penser au départ avec tous ces sacs en plastique et ces vêtements qu’il faut enjamber pour rejoindre la ligne de départ ! Etonnant. Sinon, je cours au cardio et à la vitesse en essayant de maintenir un rythme régulier, c’est ce que je fais à l’entraînement, et ce que j’ai essayé de faire. Je crois que j’ai réussi à respecter mes propres consignes, car, en fait, je ne suis aucun plan d’entraînement ; je cours, c’est tout, et je ne m’inquiète pas de savoir si je fais bien ou mal. L’essentiel pour moi est de courir. »

20 km de Paris - Bruno DelacroixBruno Delacroix, 45 ans, directeur commercial, Sèvres (92), 1h36m59s
« Je participe régulièrement aux 20 Kilomètres de Paris. C’est vraiment une belle course avec une belle ambiance. Je prends trois dossards par an sur du 10 ou du 20 km. J’ai fait deux marathons, Paris et le Médoc, mais ça demande beaucoup d’investissement. Cette distance est idéale, car elle ne demande pas trop de régularité et de temps et n’exige pas une grosse discipline, voire une vie d’esthète. Je suis venu avec un groupe d’amis et collègues. Tout le monde s’est bien amusé… enfin, pour les novices, surtout quand ce fut fini ! On sera encore là l’an prochain. »

1 réaction à cet article

  1. genial

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