Résultats de Marseille-Cassis, 30 octobre 2011

Deux nouveaux records de l'épreuve

La 33e édition de Marseille-Cassis a rassemblé 15 000 participants. L'Ethiopien Atsedu Tsegay et la Kényane Lydia Cheromei, s’imposent en établissant tous deux les nouveaux records de l’épreuve.


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La 33e édition de Marseille-Cassis a rassemblé 15 000 participants. L’Ethiopien Atsedu Tsegay et la Kenyane Lydia Cheromei s’imposent en établissant tous deux les nouveaux records de l’épreuve.

Il n’existe rien qui ressemble plus à un départ de course qu’un départ de course. Le dimanche matin, alors que beaucoup sont encore au lit ou devant leur tasse de café, des hommes et des femmes en short et tee-shirt envahissent les rues et les transports en commun. En ce dimanche 30 octobre, dans les rues de Marseille, le rituel est en place. Dans le métro, des hommes et des femmes, sac de change sur le dos, se pressent dans les couloirs, parlent de… course, de stress, de nuits plus ou moins complètes, de blessures réelles ou supposées… Rien que de très banal, somme toute, pour les habitués du peloton. La suite est, là aussi, classique, aux abords du  stade Vélodrome : il faut faire la queue pour déposer son sac et se frayer un chemin au gré des contrôles afin de rejoindre la ligne d’arrivée. Ils sont ainsi 15 000 à s’échauffer, à regarder leur montre, à caler leurs gels, à s’interroger sur le parcours…

Flash mob pour se chauffer

A l’occasion de cette 33e édition, les organisateurs de Marseille-Cassis ont opté pour l’innovation. Certaines courses proposent un échauffement collectif ; ici, ce sera un « flash mob », entendez par là une chorégraphie sur un morceau de musique. Le titre ? « 20 km ». Le texte a été écrit par le collectif Marseille Rêve  (le texte de la chanson). Dix minutes avant le départ de la course, fixé à 9h30, les 15 000 coureurs ont ainsi tenté de suivre les mouvements et de danser tout en chantant. Ambiance, ambiance.

Mais il est temps de donner le coup d’envoi de cette course de légende reliant Marseille à Cassis, soit 20,308 km au programme. Un dernier, « C’est chaud, c’est show ; on va tous y arriver » et le départ est donné.

Le peloton emprunte le boulevard Michelet et attaque, déjà, la longue montée du col de la Gineste (9 km, 327 m d’altitude, franchissement du col en 29mn50s). Dès les premières foulées, un homme impressionne, il se nomme Atsedu Tsegay et est Ethiopien.  « Il est monstrueux », commente sur la ligne d’arrivée Philippe Rémond, qui assurait les commentaires de course pour France 3. « Il a fait preuve d’une grande maîtrise. Dès le col, il a placé des banderilles. Il attaquait, ses adversaires revenaient au train, et il en plaçait une autre. Il est impressionnant et très jeune (toujours Espoir, NDLR : 20 ans). Sa performance est impressionnante, mais c’est surtout son contrôle, sa stratégie qui m’époustouflent. Je ne serais pas étonné de le voir et le revoir… »

Dans la course

Atsedu Tsegay l’emporte en 58mn10 sec, (précédent record à 59 min 01 s), l’Ethiopien Azmeraw Békélé (qui bat également le record de la course en 58mn37 sec) est deuxième, tandis que le vainqueur de 2010, le Kényan Philemon Limo, complète le podium (59mn20s). Chez les femmes, c’est aussi allé très vite. La Kenyane Lydia Cheromei boucle le parcours en 1h08mn17s, nouveau record de la course (précédent : 1h08mn32s).

Derrière, alors que Cassis s’enflamme, le peloton traverse le plateau de Carpiagne avant d’attaquer  la descente vers Cassis. Les muscles et les tendons sont déjà éprouvés, mais le spectacle est magnifique. On aperçoit  le vieux port de Cassis, les falaises, la mer… La ligne d’arrivée n’est pas loin.

Il faut attaquer la côte des Pompiers, courte mais pentue. La présence du public et des pompiers eux-mêmes galvanisent, mais la grimpette fait mal et nécessite, pour certains, quelques pas afin de reprendre du souffle. Plus l’arche d’arrivée approche, plus le public est dense. Un long cortège qui fait de vous un héros. Sur le port, vous voici arrivé. Il fait beau, la course a, encore une fois, été belle. Il est temps de s’hydrater et d’envahir la plage. Nombreux sont ceux qui iront piquer une tête (eau à 22 degrés !) afin de goûter à la Méditerranée. La récompense suprême après tant d’effort.

Dernière minute : Un homme de 47 ans a trouvé la mort, selon les pompiers. Nous ne disposons pas d’informations supplémentaires.

Ils ont couru

Premier Français, 13e, El-Hassan El-Hamadi, 1 h 05 mn 47 s

«El-Hassan El-Hamadi Je suis content. Marseille-Cassis fait partie de ces grandes épreuves que j’aime courir. Ça fait toujours plaisir de terminer premier Français malgré mes 44 ans. Je cours depuis l’âge de 13 ans, et pouvoir être encore à ce niveau est une grande satisfaction. Ici, j’ai toujours un rituel. A 5 km de l’arrivée, je regarde la pointe de Cassis, c’est beau et on sait que maintenant on peut tout donner. Aujourd’hui, j’avais décidé d’y aller ; la semaine dernière, je suis devenu champion de France Vétéran de semi-marathon, mais mon objectif était bel et bien Marseille-Cassis que j’ai préparé spécifiquement. Je travaille en cycles de quinze jours, ce qui me permet de toujours m’écouter et d’adapter mon entraînement en fonction de mon emploi du temps et de mes sensations. J’ai toujours travaillé, je suis gardien-jardinier pour un centre d’enfants handicapés mentaux. C’est aussi une des raisons de ma longévité : être à leurs côtés  me permet de relativiser et le plaisir de voir les enfants heureux de me voir courir est un plus. Aujourd’hui, les conditions étaient idéales. J’ai couru comme d’habitude, au maximum de mes possibilités mais sans aller au-delà ; en fait, je ne vais jamais chercher mes limites. Il faut savoir se préserver, surtout à mon âge ! »

Stéphane Meyere, 24 ans, La Treille (13), étudiant à Paris, 1h48mn58s

« C’est mon premier Marseille-Cassis. Je suis un footeux à la base, mais je ne peux plus y aller, alors je teste la course à pied. J’avoue que je n’ai pas pu m’entraîner comme je l’aurais voulu, j’ai dû faire à peine trois séances ce dernier mois. De fait, j’ai un peu souffert, mais je voulais faire moins de 2 heures et j’ai réussi. Je dois être autour de 1h50. Je suis parti doucement et j’ai tout donné dans les trois derniers kilomètres pour terminer au sprint. C’était vraiment sympa. Je reviendrai. »

Philippe Rossignol, 48 ans, Istres (13), chargé d’affaires en ingénierie, 1h44mn41s

« Je cours depuis trois ans. Au début, ce n’était pas pour le plaisir mais pour me défouler. Aujourd’hui, c’est du bonheur. Je ne prends des dossards que depuis cette année car je me suis inscrit dans une association, l’AMPT Istres. Je m’entraîne trois à quatre fois par semaine, surtout entre midi et deux heures, je vais dans les collines ! On m’avait dit que Marseille-Cassis était une course dure, mais qu’il fallait la faire car elle était magnifique. Je confirme. Je me suis mis au trail, j’avoue que je préfère car je ne suis pas bitume, mais ici, je me suis bien amusé, la flash mob était sympa. Ma fierté est de ne pas avoir marché, même si dans la côte des Pompiers, j’en ai ch…. J’ai hurlé « Faut y aller ! » 1h44 mn 58s, merci au meneur d’allure qui devait nous emmener en 1h45, ce fut parfait. J’ai bouclé ma course de légende ! »

Marion Maitrejean, 36 ans, Paris (75), photographe, 1h59mn58s

« 1h59mn55s, j’ai tout donné pour terminer sous les 2 heures. Je recours depuis six ans après dix années d’interruption en raison d’un mal de dos dû à un accident de voiture. Lors de ma reprise, ma première motivation était de pouvoir mieux dormir. Maintenant, c’est le plaisir de m’entraîner avec des amis. Nous sommes tout un groupe avec des niveaux et des motivations différents. Certains sont de simples joggeurs, d’autres préparent le marathon des Sables… (course en étape de 6 jours dans le désert marocain). Je cours quatre fois par semaine lorsque mon emploi du temps le permet. Je suis originaire de Marseille donc je voulais courir dans la région. J’ai fait Marseille-Cassis en 2008 en 2h05, depuis je n’ai pas réussi à reprendre de dossard par manque de temps. Là, j’ai enfin pu revenir. J’ai pris le départ en sachant que j’avais mal au genou et que je devrais gérer. Ça n’a pas raté ! Après 1h15 de course, j’ai commencé à avoir mal, mais ça a tenu. Je voulais prendre du plaisir en refaisant cette course qui est magnifique, mission réussie. »

Laurence Brechet, 44 ans, Villeneuve-lès-Avignon (30), employée de mairie, 1h58mn03s

« Je cours trois fois par semaine depuis sept ans. Je suis une routière, je m’inscris sur des épreuves allant de 10 km au marathon. J’ai un record à 3h52 réalisé l’an dernier sur le marathon de Marseille. C’est ma quatrième participation sur Marseille-Cassis. J’ai trouvé cette édition un peu difficile, il faisait chaud et, selon moi, il y avait encore plus de monde qu’il y a deux ans, lors de ma dernière participation. C’était vraiment impressionnant. On a même été stoppés à un moment car il y avait des chutes lors d’un passage sous un porche au niveau de Cassis. En fait, on n’est jamais seul, ce qui fait que si vous voulez accélérer, c’est un peu difficile. Sinon, c’était très bien organisé et bien animé avec des orchestres aux endroits stratégiques, ça faisait du bien. Et puis, il y a cette vue sur Cassis à 5 km de l’arrivée. A chaque fois, je prends le temps de savourer. C’est ma région et je l’aime. C’est un peu chauvin je le reconnais ! »

Cyrille Denoix, 31 ans, Marseille (13), directeur financier, 1h56mn21s

« Je me suis mis à la course à pied, il y a un an, à l’initiative du directeur de notre hôtel qui fait partie de la chaîne Concorde. C’est un marathonien convaincu et il a fondé une association de coureurs qui court pour Care, une association humanitaire. Ça nous motive, nous sommes quatre ou cinq, ça dépend des périodes. La course à pied permet aussi de fédérer les équipes au travail, nous allons ainsi faire le marathon Nice-Cannes dans deux semaines en relais. C’était ma première course aujourd’hui. C’était très émouvant au départ. Il y a tellement de monde uni dans l’effort, la musique, la communion, c’était vraiment très fort… En plus, le temps était idéal. Personnellement, je ne savais pas trop où j’allais car je n’avais jamais couru plus de 1h30… Ces deux derniers mois, je me suis entraîné trois fois par semaine, je visais 1h50 ; je fais 1h56, mais ça n’a pas trop d’importance. C’est parfait, c’était parfait. »

Les résultats

Hommes

1. Atsedu Tsegay (ETH), 58mn10s (nouveau record de l’épreuve)
2. Azmeraw Békélé (ETH), 58mn37s
3. Philemon Limo (KEN) 59 mn 20s
4. Jarso Iakob (ETH) 1 h 01 mn 00s
5. Titus Masaï (KEN) 1 h 01 mn 10s
…..

1er Français (13): El-Hassan El-Hamadi, 1 h 05 mn 47 s

Femmes
1. Lydia Cheromei (KEN), 1 h 08 mn 17 s (nouveau record de l’épreuve)
2. Atsede Baysa (ETH) 1 h 08 mn 39 s
3. Cynthia Jerotich (KEN) 1 h 12 mn 31 s
4. Natalya Volgina (RUS) 1 h 14 mn48 s
5. Aline Camboulives (FRA) 1 h 16 mn18 s

Nombre d’Arrivants 13500
Nombre de Femmes 2838
Nombre d’Hommes 10662

Les participants disposaient d’1h30 pour passer le col de la Gineste et de 3h pour effectuer la totalité du parcours.

Tous les résultats sur Résultats Marseille -Cassis 2011

Le site internet de Marseille-Cassis : www2.marseille-cassis.com

Photos de la course Marseille-Cassis

1 réaction à cet article

  1. un petit mot de Cristina Faria qui termine 7e senior et 10e Feminine pour sa 1ere participation 1h21′ , elle court sous les couleurs du jogging club du Coudray- montceaux.

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