Françoise Duquesne, femme courage

En mai dernier, elle a couru 10 km. Une réelle performance. Un exploit qui a suscité l'admiration de tous.

Françoise Duquesne (dossard n°8 sur la photo) est médecin du sport et atteinte de sclérose en plaques. Pleine d'énergie, chaleureuse, enthousiaste, elle cache à merveille sa souffrance permanente et sa lutte contre la douleur et les préjugés.

Françoise Duquesne, femme courage

Enfant, elle joue au tennis. A 17 ans, elle bifurque vers le squash, plus intense et plus en accord avec son tempérament de fonceuse. Françoise passe une jeunesse hyper active, elle est pleine de vie et d’espoirs. Quelques années plus tard, elle entame des études de médecine, mais ne lâche pas sa raquette pour autant. Elle s’entraîne dix heures par semaine et atteint un très bon niveau régional, tout en prenant des gardes à l’hôpital le week-end. L’illustration parfaite d’une vie dense.

En 1986, premier incident. Alors qu’elle est en montagne, elle a un problème de santé, mais ne s’en inquiète pas. « Pourtant, je suis sûre que les médecins qui m’ont prise en charge le savaient, mais ils ne m’ont rien dit. A l’époque, on ne disait rien aux malades. »

Françoise continue sa vie à 100 km/h. En 1997, elle découvre la nage avec palmes et s’y adonne avec passion. Elle est victime de crampes trop soudaines, trop régulières, trop précoces dans l’effort et commence à s’inquiéter. Il faudra trois ans d’examens pour que le monde médical détermine les causes de son mal. « Les dossiers ne circulaient pas. » En 2000, le diagnostic est lâché : « Vous avez la sclérose en plaques. » Françoise sait qu’elle devra « faire avec » toute sa vie ; la médecine ne peut rien faire.

Pour cette femme de tempérament, il n’est pourtant pas question de baisser les bras, de se cacher ou encore de se renfermer sur elle-même. Elle s’investit dans le hand-ball. « Le sport me manquait, je devais revenir dans ce monde qui m’est familier, dans lequel je me sens bien. Mes deux enfants faisaient du hand, mon garçon en national 3, ma fille en pré-national, je me suis dit que c’était l’idéal pour les suivre. »

Des heures sans faire un geste

La sclérose en plaques est une maladie invisible, mais qui occasionne des douleurs terribles au quotidien. Françoise peut se retrouver des heures sans être en mesure de faire un geste. « Un jour, on m’a débranché les fils, enlevé toute une partie de mon énergie avec, en prime, des douleurs permanentes. »

En 2009, elle a l’opportunité de tester un nouveau traitement expérimental. « Ça me permet surtout d’avoir moins mal. J’ai pu remarcher un peu et refaire de la piscine. Oh, bien sûr, pas plus de 50 m, sinon j’ai des crampes, mais c’est déjà beaucoup. »

Son mari, précieux soutien, est un coureur à pied. « Un taré », comme on dit parfois dans le milieu. Trans-Gaulle, marathon des Sables et autres épreuves au long cours.
Il décide de courir pour la cause, de porter les couleurs de l’association Une Oasis pour la sclérose en plaques. « Il est très dur de parler de la sclérose en plaques. C’est une maladie qui ne se voit pas. Il faut garder le sourire malgré la douleur et tenter d’expliquer, c’est l’objectif de notre association : expliquer et expliquer encore et soutenir. J’ai mis deux ou trois ans à accepter, à comprendre, à relever la tête. D’autres n’y arrivent pas, il faut les aider. C’est la mission de l’association, notre mission. »

Pour aller au bout d’elle-même, elle décide, en cette année 2011, de courir 10 kilomètres. Ce seront les 10 km de Bohars (29). Et Françoise réussit son pari. « Ça fait vingt ans que je veux courir 10 kilomètres. Je me suis entraînée neuf mois, d’abord 10 mn, puis 20, etc. En janvier, j’ai fait les 10 km de Guisseny pour voir. Depuis, je cours 8,5 km deux fois par semaine. Tous mes amis étaient avec moi, il y avait aussi ma fille et le noyau dur de l’association. C’est fort, c’est beau. »

Après sa course, Françoise était fatiguée mais fière. D’elle-même, mais surtout de tous ses amis et de sa famille qui l’ont soutenue et encouragée et qui portent chaque jour les couleurs de l’association afin d’aider les malades et leur famille dans leur lutte quotidienne. Sa lutte aussi.

Celle contre une maladie qui ne se voit pas mais est toujours là.

Pour soutenir l’association : www.oasispourlasep.com

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