Pendant ce temps là sur les courses open de la Maxi Race 2015 (Annecy, 74)

En parallèle de la course élite, support des championnats du monde de trail 2015, de nombreux autres coureurs ont parcouru les sentiers bordant le lac d'Annecy.

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Samedi 30 mai 2015, 6h30 à Doussard (74), le paisible gymnase de la ville est bien agité en cette heure matinale.
Rien de plus normal puisqu’il tient lieu de base de vie et de ravitaillement pour pas moins de 4 courses de ce week-end de trail savoyard.
Sur les crêtes qui dominent la ville, les coureurs s’engagent dans une longue descente de près de 5 km afin de rejoindre le fond de la vallée et le ravitaillement tant attendu. Avec déjà 43 kilomètres dans les jambes pour la Maxi-race (85 km), chacun atteint ce lieu avec des objectifs bien différents.

Pour les coureurs du Championnat du Monde de trail (voir les résultats des Mondiaux de trail 2015), il s’agît d’un ravitaillement comme les autres et personne ne s’attarde après avoir fait le plein de boisson et de barres énergétiques (voir le suivi de la course dans les coulisses de l’équipe de France). C’est le « début de la course » pour eux, la deuxième partie du parcours sera le juge de paix de cette édition 2015.
Du coté des coureurs de la XL Race (85 km et 5 300 m de D+ en deux étapes), Doussard marque la fin de leur étape du jour et les sprints, lorsque cela est encore possible, sont nombreux pour grappiller quelques secondes avant la deuxième étape qui les attend dimanche 31 mai.
Les coureurs de relais vont, quant à eux, chercher leur coéquipier au bout de la longue droite qui précède l’arrivée au gymnase, leur criant des encouragements avant de s’élancer à leur tour. Et le public n’est pas en reste, massé derrière les barrières qui canalisent le flot de coureurs. « Allez papa! », « Vas-y champion », « Lâche rien mon chéri », chacun y va de sa formule afin de féliciter l’arrivée d’un proche ou de l’encourager à poursuivre l’aventure.

Mais pour certains, ce gymnase marque la fin de la course. Usés, démoralisés ou blessés, les coureurs de la Maxi Race Open sont les principales victimes d’un parcours extrêmement exigeant (85 km et 5 300 m D+).
Une première moitié de course que n’a pas encaissée Pascal. « Je me suis tordu la cheville dans la descente du Semnoz » explique-t-il « j’ai lutté jusque ici avec la douleur mais ça descend très raide depuis les crêtes et je n’en peux plus » lâche-t-il désabusé. Après un rapide détour entre les mains de l’équipe médicale pour faire bander sa cheville douloureuse, il ne lui reste plus qu’à se diriger vers les navettes qui ramènent les concurrents promettant déjà de « revenir l’année prochaine, pour aller au bout cette fois. »

Aller au bout. Murmurée par certains, comme pour ne pas attirer le mauvais oeil, ou fièrement claironnée par d’autres, pour se donner du courage, la formule, presque comme une prière, raisonne aux quatre coins du gymnase. « Il ne faut pas se dire qu’on est seulement à la moitié » martèle Séverine, traileuse avertie (2 CCC et un UTMB à son actif entre autres), une part de quiche à la main. « J’essaye vraiment de me focaliser sur le prochain ravito, de diviser la course par petites étapes pour avoir tout le temps l’impression d’avancer ».
Pour se changer les idées tout en reprenant des forces, on envoie un sms à ses proches ou on essaye de connaitre les résultats de la course élite. Patrick et Pierre, des traileurs locaux qui font toutes leurs courses ensemble, éclatent de rire à la vue du chrono réalisé par Sylvain Court (8h16mn). « C’est presque le temps qu’il nous a fallu pour arriver ici! Il doit déjà être en train de siroter une petite bière je pense… Alors qu’on peine à se relever de notre chaise » sourit Patrick.

Pour Anne-Laure, qui prend part à son premier « 80 km », c’est surtout la nuit qui alimente les craintes. Partie avec les premières lueurs au lever du jour (5h), il est déjà 14h lorsqu’elle s’empare d’une banane à Doussard. « On était nombreux ce matin alors les frontales éclairaient bien. Mais je pense que je vais finir de nuit et si je me retrouve seule, j’appréhende vraiment la descente du Mont Baron » explique-t-elle. « J’ai des amis qui vivent ici et ils m’ont dit qu’elle était vraiment technique. Je vais m’arranger pour accrocher un petit groupe… » lâche-t-elle dans un souffle avant de quitter le gymnase à petites enjambés.

Un gymnase que les coureurs ont dû quitter au plus tard à 15h30, barrière horaire à ce stade de la course.
Ils ont jusqu’a 23h pour rallier Annecy et se jeter dans le lac pour fêter leur arrivée si le coeur leur en dit !

1 réaction à cet article

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