Paris – Nantes Women Cycling Club : Le cyclisme féminin en mode cool !

On ne compte plus les collectifs de filles qui se sont constituées dans le running. Ne restait au vélo qu’à prendre exemple. C’est désormais fait notamment à Paris, avec le Paris - Nantes Women Cycling Club.

paris women biking club

C’est un dimanche de printemps frais mais ensoleillé qui déroule sa lumière sur l’anneau cycliste de Vincennes. En ce week-end de mars, de nombreux rouleurs sont de sortie, même si les plus affûtés sont déjà sur les routes des compétitions. En haut de la grande descente, un collectif de filles discute et prépare ses petits exercices d’entraînement sous la houlette de Silvi, restée à pied au vu de sa grossesse de 6 mois.

Cette passionnée de vélo s’est lancée dans l’aventure du cyclisme féminin il y a dix ans. Avec deux copines, elle avait monté un collectif « The MITTENS ». Ensemble les filles ont vécu de sacrés périples : Bordeaux – Paris, des voyages Paris- Londres, ou encore même un mythique trip entre Portland et San Francisco. Seulement voilà, la vie étant ce qu’elle est, les deux bonnes cop’s sont parties vivre leur vie sous d’autres latitudes, et Silvi s’est retrouvée seule avec un copain certes cycliste, mais un peu trop rapide pour elle.

C’est alors qu’elle fut invitée au Women 100 organisé par Rapha à Munich. L’équipementier organise ce grand rendez-vous qui propose à des femmes de se donner rendez-vous à l’endroit de leur choix sur la planète et de partir pour une rando de 100 bornes. « J’ai découvert que des nanas de différents niveaux pouvaient prendre plaisir à se retrouver toutes ensembles et à pédaler, ça m’a donné des idées. » Dans la foulée elle lance donc sur la plate-forme Meet Up en juillet 2014 un rendez-vous calé le 25 septembre au RER Saint Rémy Les Chevreuse ; pour une balade dans la vallée. Silvi fait tout bien, envoie plans et horaires de transports, et là… « 25 filles se sont pointées. Nous sommes parties pour 30 bornes, puis nous avons recommencé sur 40, puis 50, 60 et ce jusqu’à 100. »

« On s’éclate entre filles »

Dans ces filles, on trouve un peu de tout. Des sportives plus ou moins accomplies, des filles de tous âges, certaines sont passées par la compétition, la plupart ne veulent pas en entendre parler. Parmi le noyau dur d’une dizaine de cyclistes, on trouve Carole 24 ans qui vient du milieu club. Michèle 52 ans, habituée de randonnées au Maroc avec son mari. Maud, une parisienne de 30 ans dans la com, ou Ruht, une britannique expatriée chercheuse en biologie, venue comme les autres pour se dépenser. « Il y a un esprit un peu rock’n’roll qu’on ne trouve pas en club. On s’éclate entre filles. On ne passe pas notre temps à parler matos et des dernières roues profilées. On se raconte nos histoires, nos soirées. » Le mot « girly » ne plait pas trop, mais, on aime bien dans le groupe aussi se trouver des tenues cyclistes un peu plus chouettes qu’un maillot Bretagne Jean Floch…

Bien sûr, il a fallu établir des codes et des règles pour que l’ambiance reste sportive. « Au début des filles venaient en bottes, ou sur des Vélib » raconte Silvi. Rapidement, le Paris – Nantes Women Cycling Club a dû organiser des groupes de niveaux. « Dès qu’on allait sur des parcours accidentés, les pelotons s’étiraient. Les premières devaient attendre les dernières, ça n’était agréable pour personne. » Des petits tests sympas sont effectués pour déceler les niveaux et les volontaires à rejoindre le groupe peuvent opter pour des remises à niveau comme celle de ce dimanche à Vincennes ou préférer des sorties de 100 bornes en vallée de Chevreuse.

En moins de deux ans, la communauté compte 8 à 10 fidèles pour les débutants, et 6 confirmées régulières auxquelles il faut ajouter les occasionnelles. Quel club francilien peut se targuer d’avoir enrôlé autant de pratiquantes en si peu de temps ?

L’avenir du Paris- Nantes Women Cycling Club, passe par une nouvelle participation au Rapha Women 100 le 17 juillet prochain, une préparation au prochain Paris-Vélo en Avril. Mais aussi une délocalisation. Silvi et sa petite famille à venir vont émigrer à Nantes. Une antenne nantaise est donc déjà en préparation. D’où l’évolution du nom.

Ce succès montre en tout cas que le vélo a tout pour séduire le public féminin sur le même modèle que le running. Si les clubs et les fédérations sont encore très loin du compte, ce genre d’initiative ne peut que donner un coup de fouet à la discipline et rebooster une image parfois poussiéreuse. « Quand vous prenez le pont de Brooklynn à New-York, vous avez de nombreuses femmes qui viennent travailler à vélo. Et elles ne pédalent pas sur des vélos à panier, elles roulent sur des Scott ou des Specialized. Avec des tenues très cool. »

Dynamique, cool, rafraîchissant, le vélo féminin vu sous cet angle a tout l’avenir devant lui.

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