PARIS – TOURS, la dernière avant les vacances

C’est la classique d’automne, celle qui clôt la saison. Dimanche, le peloton s’élancera pour Paris-Tours, la dernière grande course de la saison. Richard Virenque, ancien vainqueur et qui en assurera les commentaires sur Eurosport, revient sur les enjeux de cette ultime épreuve.

Le parcours de Paris Tour 2015
Le parcours de Paris Tour 2015

« Quand je l’ai gagnée en 2001 ma carrière était en jeu. C’était mon retour de suspension, j’avais signé un contrat de trois mois. Si je ne faisais pas mes preuves rapidement, c’en était peut être fini ». Richard Virenque, 14 ans après sa victoire dans Paris-Tours sait bien ce qu’il doit à ce triomphe complètement inattendu de l’automne 2001. L’ex maillot à pois résume aussi là l’un des enjeux majeurs de cette épreuve : la course aux contrats. « Il y a deux types de coureurs concernés par cette course : les gros routiers sprinters qui jouent la gagne. Et les gars qui cherchent un nouveau contrat ou à renouveler le leur. Sinon pour 80 % des coureurs du peloton c’est juste la dernière course avant les vacances. »

80%, Richard a vu un peu large. Paris-Tours reste un parcours ouvert à toutes les surprises et tous les vents aussi. Ce vent automnal qui souffle en tout droit de l’Ile de France à la Touraine et qui favorise parfois de longues échappées comme celle qui avait permis à notre homme et Jacky Durand de partir de loin et de tenir tête au peloton, ce 7 octobre 2001. Une date qui reste à part dans la carrière du varois qui repense avec émotion à ces dix derniers kilomètres quand le peloton était revenu à une minute et que plus grand monde n’y croyait. « Mais il y a des petites côtes dans les dix dernières bornes, qui permettent des rebondissements avant l’arrivée ». Une ligne d’arrivée posée sur la fameuse avenue de Grammont, une des plus longues du calendrier cycliste, et qui se refuse en fait fréquemment aux sprinters, comme l’ont démontré les victoires de Richard, de Durand en 1998 ou celle de Frédéric Guesdon en 2006, dernier vainqueur français de l’épreuve. Des seconds couteaux peuvent donc aussi y réaliser le coup de leur vie comme le belge Jelle Wallays qui avait devancé Thomas Voeckler l’an passé.

Les coureurs restent d’autant plus mobilisés que sur ce parcours propice aux bordures, effectuer un vrai job d’équipier,  permet aussi de se valoriser. « Les coureurs sont pros de toute façon. On ne voit pas sur Paris-Tours des bisbilles internes comme dans certaines sélections lors des mondiaux. Moi-même en 2001 j’étais censé protéger mon coéquipier Johann Museeuw alors leader de la coupe du monde. Je m’étais proposé pour aller dans l’échappée matinale. Finalement, j’étais allé au bout. »

Emporter Paris-Tours nécessite d’avoir conservé la forme jusqu’au bout du calendrier. Même si, Richard le précise, cette course reste bien moins dure que le Tour de Lombardie disputée traditionnellement le week-end précédent et remportée dimanche dernier par Nibali. « Le Tour de Lombardie fait vraiment mal aux coureurs, beaucoup ne terminent pas la course. Sur Paris-Tours, les coureurs non concernés par la gagne se relèvent dans les derniers kilomètres, mais la majorité terminent ».

Autre particularité de cette course, elle est avec Milan-San Remo, la seule des grandes classiques ouverte aux simples rouleurs. « C’est clair qu’elle est plus accessible aux purs sprinters comme on l’a vu avec Petacchi (vainqueur en 2007 – NDLR) Elle est même moins dure que Milan San Remo. Les côtes de la fin permettent des rebondissements, mais ce sont des bosses de 800 mètres. Le Poggio et la Cypressa c’est quand même autre chose. »

Enfin dernier attrait, elle est, derrière Paris-Roubaix, la classique la plus prestigieuse disputée sur le sol français. « Les coureurs français n’y sont pas forcément plus motivés que pour le Tour des Flandres ou Milan San Remo. Mais c’est clair que ça leur offre une meilleure exposition au public français. » Et quand on sait que le duo Bouhanni – Démarre figure parmi les grands favoris de l’édition 2015, il y a tout lieu de ne pas manquer dimanche ce dernier grand rendez-vous du calendrier cycliste.

 

Réagissez