J’ai testé pour vous : Le Fat Bike Nocturne en montagne !

Oui on peut faire du vélo à la montagne, l’hiver. On peut même en faire la nuit. Récit d’une sortie nocturne en fat bike dans la station typique de Villar d’Arène.

fat bike

Villar d’Arène est une station originale des Hautes Alpes, située en lisière du parc national des Ecrins. Autour d’un petit village typique, en plusieurs parties, s’étend une vallée encore sauvage. Pas de remontée mécanique ici : le ski c’est pour les connaisseurs, on peut s’y balader une heure sur ses spatules sans rencontrer âme qui glisse. Tout ce domaine du Glacier de la Meije n’est pas sécurisé. Le mot d’ordre : responsabiliser les pratiquants. Mais en ce qui nous concerne, ce paradis naturel, nous allons l’arpenter… à vélo !

J’ai rendez-vous avec Sylvain dont l’entreprise le Plein d’Air s’occupe de louer des fat bike et de proposer des itinéraires. Le Fat Bike ? Un VTT équipé d’énormes pneus capables de passer sur tout ce qui peut traîner sur une pente : gros cailloux, boues, neige et même verglas. Ceux-ci sont équipés d’une solide assistance électrique pouvant donner jusqu’à 600 watts de supplément aux gambettes des cyclistes.

On se retrouve avec une bande d’acharnés du VTT montagne sur un parking à l’entrée du vilage. Les guidons sont équipés de moufles pour protéger davantage du froid ainsi que d’une puissante lampe que l’on règle de façon à bien distinguer droit devant. Nous remontons vers le village, et malgré le sacré pourcentage, on se rend compte rapidement à quel point l’assistance est efficace, c’est sans problème que nous pédalons sur la pente assez raide.

Notre guide nous a servi d’entrée le plus gros du menu : une ascension à travers champs vers la Chapelle Saint Antoine. Un des passages à plus de 30 % nécessite de mettre l’assistance au maximum et le braquet au plus petit. Hélas, j’ai mal effectué la seconde opération et me voilà poussant dans la pente ce char de 25 kilos ! Sylvain me signale alors, qu’en actionnant une commande, le vélo monte tout seul à 5 km /h.

La chapelle dans l’éclairage nocturne de Noël est splendide, mais nous n’avons pas encore vu de neige. Nous traversons les pourcentages impressionnants du village de Cours par la route, au pied du mythique col du Lautaret, où nous passons devant le splendide gîte où je loge (« Aux grandes Cours »), et où l’exceptionnel petit déjeuner du lendemain me fera reprendre toutes les calories perdues ce soir. La montée à travers les sentiers, hélas pas encore enneigés à cette période, se poursuit jusqu’au lac du Pontet à 1 800 mètres d’attitude. Le ciel étoilé est magnifique, la vue inégalable et le lac gelé. Nous y donnons quelques tours de roue, sans nous risquer à le traverser entièrement. L’adhérence des pneus du Fat Bike s’y avère étonnante.

Nous redescendons en coupant les terrasses fauchées par les agriculteurs locaux. La descente propose quelques passages abruptes et techniques, parsemées de sacrés cailloux. Sur les premières difficultés je préfère passer à pied, puis, écoutant les consignes de mon guide, je me sors finalement indemne de la difficulté suivante.

Nous arrivons pour une pause dîner succulente au chaleureux Gîte du Pas de l’Ane en cœur de vallée, au lieu-dit Le Pied du Col.  Dans ce recoin sauvage, la neige capricieuse est présente. Nous sommes en vrai domaine nordique, les pistes de raquettes et de ski de fond sont praticables. Nous nous y attaquons donc après dîner : l’adhérence du fat bike est surprenante. Malgré les plaques de verglas, buttées et cailloux, l’assistance électrique nous permet de filer à 25 km/h, nous suivons là la Romanche qui coule dans cette vallée de la Grave.

De retour à notre lieu de départ, le froid qui me prenait au corps au moment de démarrer a cédé la place à l’excitation d’une sortie originale, grisante par la sensation et éblouissante par la teneur que prennent ces paysages sauvages arpentés sous la lune. Le vélo à la montagne, c’est toute l’année !

1 réaction à cet article

  1. Magnifique initiative, je suis entièrement fan de fat bikes et j’en suis à ma deuxième acquisition (un pour pédaler et un équipé d’un kit électrique pour les trajets quotidiens).
    La largeur des pneus offre une stabilité inégalée et un confort d’utilisation que je n’ai retrouvé avec aucun autre type de vélo. Une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus revenir en arrière.

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