Nicolas Navarro : « Valider un gros chrono comme l’an dernier ce serait déjà bien, si je peux battre mon record ce sera encore mieux. »

Ce dimanche, le 40ème marathon de Valence (Espagne), uniquement réservé à l'élite pour raisons sanitaires, s'annonce ultra-rapide et palpitant. Bon nombre de participants disputeront leur seul marathon de l'année et sans doute aussi leur dernier avant les Jeux Olympiques de Tokyo.
Le Français Nicolas Navarro, 14ème l'an passé à Valence en 2h10'01 (record personnel), est impatient et ambitieux. Entretien.

Nicolas Navarro 45ème des Mondiaux de semi-marathon 2020 (Crédit photo : Olivier Gui)
Nicolas Navarro 45ème des Mondiaux de semi-marathon 2020 (Crédit photo : Olivier Gui)

Lepape-info : Nicolas, comment se sont déroulées ces dernières semaines avant le marathon de Valence ?  

Nicolas Navarro : Après les Mondiaux de semi-marathon à Gdynia (45ème en 1h02’29 – record personnel), j’ai soufflé pendant 3-4 jours pour bien récupérer avant de partir sur un dernier cycle important de travail au cours duquel j’ai fait de grosses semaines. La forme est allée crescendo en augmentant le nombre de kilomètres parcourus par semaine, je suis monté jusqu’à 228 km hebdomadaire il y’a deux semaines.

Le fait d’avoir couru le semi à Gdynia m’a vraiment fait du bien, cela m’a débloqué parce que cette année avec la crise sanitaire c’était un peu compliqué, on manquait un peu de compétitions, de repères. Les allures, les sensations entre la compétition et l’entraînement c’est totalement différent. Cela m’a permis de bien me jauger par rapport à mon vrai niveau et puis aussi de bien lancer ma préparation en vue du marathon de Valence.

 

Nicolas Navarro : « Je me sens en bonne forme … Valence sera mon dernier marathon avant les Jeux. Il y’a de l’excitation, de l’impatience, j’ai vraiment hâte d’y être, de courir dimanche. Le parcours roulant est top avec une grosse densité de niveau. Avec mon record personnel de 2h10’01, j’ai le 36ème chrono des inscrits cette année ! »  

 

Lepape-info : Les Mondiaux de semi furent bénéfiques à tout point de vue

N.N : Ce fut une très bonne expérience, très sympathique avec un groupe assez homogène où il y’avait une bonne ambiance. Nous nous sommes bien entendus, on a bien rigolé. Le rassemblement prévu avant à Saint-Jean-de-Monts  nous a permis plus ou moins de faire connaissance parce que l’on se voit au final que sur les courses, c’est difficile de créer des liens. Du coup c’était vraiment agréable en plus la course s’est plutôt bien passée pour tout le monde (6e place au classement par équipes, la France 1ère nation européenne). C’était ma première en équipe de France, de vivre une sélection en Bleu avant les Jeux Olympiques de Tokyo c’était parfait.

 

Nicolas Navarro 2 Mondiaux semi-marathon

 

Lepape-info : Comment voyez-vous le marathon de Valence qui vous attend dimanche ? 

N.N : Cela va être rapide, je vais voir samedi la veille de la course quels seront les différents groupes par chrono avec les lièvres annoncés. Il faudra faire le bon choix de groupe au départ selon le chrono que l’on vise sinon on va se retrouver soit sur un faux rythme, soit trop élevé. Après le marathon c’est une course d’attente, il faudra être patient et ne pas partir trop vite. Ce qui serait bien pour moi c’est d’être dans un groupe qui veut passer en 1h04’30 / 1h05′ au semi et d’essayer de prendre des risques pour battre mon record établi l’an passé à Valence en 2h10’01 (minima pour les Jeux Olympiques de Tokyo). Je me sens en bonne forme après on verra aussi les conditions météo que nous aurons.            

 

Lepape-info : Valence sera votre dernier marathon avant les Jeux Olympiques   

N.N : Pour moi oui et pour beaucoup de ceux et celles qui seront au départ dimanche. Courir encore un marathon au printemps prochain avant de repartir sur une préparation olympique me parait compliqué. En plus il va falloir faire des stages d’acclimatation pour s’habituer au temps chaud et humide que l’on aura au Japon donc pour toutes ces raisons Valence sera mon dernier marathon avant les Jeux. Il y’a de l’excitation, de l’impatience, j’ai vraiment hâte d’y être, de courir dimanche. Contrairement aux Mondiaux de semi où j’avais été prévenu de ma sélection moins de 3 semaines avant l’évènement, là il y’a eu toute une préparation avant le marathon de Valence, quasiment la seule course de l’année.

 

Nicolas Navarro : « Employé dans un magasin Décathlon près d’Aix-en-Provence, j’ai posé un congé sans solde depuis les Mondiaux de semi en octobre. Cela me permet de bien récupérer après les grosses séances et de ne pas repartir après au travail, sinon on accumule de la fatigue. J’ai déjà fait cela l’an passé et sans cette possibilité de me libérer je n’en serai pas à ce niveau de performance. »

 

Lepape-info : Qu’attendez-vous de la course de dimanche ?

N.N : Valider un gros chrono comme l’an dernier ce serait déjà bien, si je peux battre mon record ce sera encore mieux. C’est bien aussi de renouer avec la distance du marathon, de reprendre des repères cela fait un an que je n’en ai pas couru.

 

Lepape-info : Le marathon de Valence est devenu un rendez-vous majeur pour y faire un chrono  

N.N : Valence en décembre, la période est bonne. La préparation se fait à partir de septembre, les conditions météo à cette époque sont agréables. Le parcours roulant est top avec une grosse densité de niveau. Avec mon record personnel de 2h10’01, j’ai le 36ème chrono des inscrits cette année ! L’organisation met tout en place pour que nous soyons à l’aise, il y’a différents groupes d’allure pour les coureurs élite avec toujours une excellente ambiance même si cette année il n’y aura pas ou très peu de spectateurs le long du parcours en raison des règles sanitaires.

 

Lepape-info : Vous avez mis entre parenthèses votre activité professionnelle pour vous préparez au mieux

N.N : Employé dans un magasin Décathlon près d’Aix-en-Provence, j’ai posé un congé sans solde depuis les Mondiaux de semi en octobre. Cela me permet de bien récupérer après les grosses séances et de ne pas repartir après au travail, sinon on accumule de la fatigue. J’ai déjà fait cela l’an passé et sans cette possibilité de me libérer je n’en serai pas à ce niveau de performance. Des négociations, des discussions sont en cours entre la Fédération Française d’athlétisme et mon employeur pour obtenir un temps aménagé pour aller m’entraîner en tant qu’athlète de haut-niveau notamment en vue des Jeux. Normalement avant Tokyo j’ai prévu deux stages, le premier cet hiver et le second après le test de forme physique sur 30 km prévu en mai pour ceux qui ont fait les minima pour les Jeux. Là pour le moment je suis un employé classique et j’ai posé un congé sans solde qui a été accepté et c’est déjà très bien.

 

Lepape-info : Vous avez trouvé le bon équilibre entre votre emploi et votre carrière d’athlète de haut-niveau 

N.N : C’est une bonne chose d’avoir un travail à côté, je ne me vois pas être qu’athlète toute l’année. Pour moi ne rien faire d’autre que de s’entraîner c’est socialement compliqué. Vous êtes coupé du monde. C’est bien après le marathon comme celui de dimanche à Valence de relâcher un peu, de repartir au travail, de voir mes collègues de boulot, de reprendre une vie plus ou moins normale. Cela permet aussi de ne pas être sous pression toute l’année.

 

Lepape-info : Vous imaginiez il y’a quelques années faire partie un jour de l’équipe de France de marathon avec les Jeux Olympiques en ligne de mire ?  

N.N : Non pas du tout. Quand j’ai commencé l’athlétisme en 2012 c’était pour le plaisir. C’est venu au fil des courses et des entraînements. Même si j’ai réalisé les minima pour les Jeux je continue de courir pour le plaisir comme avant, sans me mettre de pression.

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