Portrait : Nathalie Vasseur

Elle est la championne du Médoc, la première Française lors du marathon de Paris 2011 et affiche un record sur marathon à 2h40mn39s. Rencontre.

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Tout commence avec le… football. Dans sa jeunesse, Nathalie Vasseur compte au rang des amoureuses du ballon rond. Ailière, avant-centre, puis arrière centrale, elle arpente les terrains de foot de 11 à 25 ans. Elle apprécie déjà les séances de footing, mais sans plus. Elle ne sait pas encore que la course à pied va devenir « son » sport, sa drogue.

Un premier tournant survient avec une rupture des ligaments croisés. Le médecin lui propose l’opération, elle refuse. Sa seule alternative, se muscler et courir…

Nathalie et Gaby VasseurUne véritable rencontre. Sa pratique lui permettra de renouer avec le football avant qu’elle ne tombe enceinte. Son mari, Jean-Gabriel Vasseur, est footballeur et aussi coureur à pied, mais il n’interfère pas dans ses choix sportifs. « Il ne m’a jamais incitée ou forcée, il a attendu que l’envie s’installe doucement ». « Gaby », militaire, est alors muté à Tahiti. Là-bas, l’infirmière de bloc recherche une activité. Le couple s’inscrit en club et Nathalie participe à sa première course. Verdict : 10 km en 50 mn. Les débuts sont prometteurs. La pratique devient régulière.

A deux, c’est mieux

Deux ans plus tard, en 1995, le duo revient en métropole. « Je n’avais pas envie de rentrer, vraiment pas, se rappelle Nathalie. La course m’a permis d’évacuer ma tristesse. Ce fut mon dérivatif, je l’avoue. »

Les courses s’enchaînent doucement. Après avoir couru son premier semi-marathon en 1h43, elle décide de se lancer sur marathon. Ce sera à Cherbourg, toujours en 1995. Gaby s’est transformé en coach/manager. Nathalie doit aller à l’entraînement, il vient avec elle. « Il adaptait ses entraînements en fonction des miens. Il me poussait dans mes retranchements. En course, il m’accompagnait aussi, c’était mon lièvre, et, malgré quelques engueulades, ça n’a jamais altéré nos relations. Nous avons toujours réussi à bien faire la distinction. »

Elle boucle son premier marathon, l’année de ses 30 ans, en 3h26mn et se souvient du bonheur d’avoir « terminé », alors que Gaby l’a abandonnée au 38e km pour aller jouer un match de coupe de France de… foot.

Nathalie court alors deux à trois fois par semaine. Elle aime s’élancer longtemps, en silence, à la recherche de la plénitude et d’une sensation de liberté impalpable. Pas de musique, juste la nature, le vent et le plaisir de l’effort.

Avec un mari militaire, il faut s’attendre à varier les plaisirs. Alors après Cherbourg, direction Brest, en 1996, et une deuxième rencontre décisive au hasard d’une sortie en forêt : Solange Roue, le pilier des Semelles de vent de Bohars (petite ville à côté de Brest). Le couple s’inscrit au club et rencontre Charles Casterc, le président. « Charly » devient l’entraîneur de Nathalie.

Une progression rapide

Une nouvelle rencontre. « Il a commencé à faire mes plans d’entraînement en intégrant des séances de fractionné. Depuis, je n’ai jamais changé d’entraîneur. On s’appelle tous les quinze jours. Gaby et moi gérons le quotidien. » Au fil des préparations, les médailles s’empilent, les podiums se multiplient, les victoires s’enchaînent. « Je reconnais que j’ai très vite progressé. » Elle y perd son lièvre. « Je me souviens des premières séances d’entraînement où j’ai commencé à déposer  Gaby (plus intéressé par le foot), il était fier de moi. Il a toujours été d’un soutien incroyable. Il gère les avant et les après courses. Il m’encourage, me booste, m’engueule parfois, mais sait toujours où sont les limites. Il m’a même parfois incitée à stopper ma course car il voyait que je n’étais pas dans le coup et que ça ne servait à rien d’insister. Parfois il est déçu bien sûr, tout comme moi, mais jamais il ne me juge. »

Sur les routes, toujours habillée en noir et blanc – « mon côté fétichiste » -, Nathalie se fait un nom. Au fil des courses, elle ne grappille pas des secondes mais des minutes. 3h26 sur son deuxième marathon à Lorient, 3h15 à Paris et la barre des 3 heures au marathon du… Médoc. Et enfin 2h40mn37s en 2008 à Rotterdam, son record.

« 2h40mn37s, c’est bien, j’aurais préféré 2h39. Ce n’est pas un échec, mais j’ai un petit goût d’inachevé. D’autant qu’avec 1h17 sur semi, mon objectif est atteint. Il y a aussi le 10 km où j’aimerais passer sous la barre des 35 mn . »

Des objectifs, mais en aucun cas des obsessions « Si je ne parviens pas à accrocher ces chronos, ce sera une déception, mais je n’en ferai pas une maladie. Je recherche le plaisir avant tout. »

Son trio magique

Un petit bout de femme hors du commun, plein de vie. Elle jongle avec allégresse entre son métier d’infirmière de bloc, « une profession que j’ai choisie et que j’aime », sa vie de mère et de femme et sa passion pour la course à pied.

La reine du Médoc depuis dix ans (un record toutes catégories confondues) s’entraîne aujourd’hui cinq fois par semaine tout en sachant s’écouter. Une mauvaise journée, une sensation de fatigue : elle modifie le thème de sa séance, l’annule ou la reporte.

Jamais il n’a été question d’arrêter son activité professionnelle pour se consacrer exclusivement à la course à pied. « Je ne me suis jamais posé la question dans ces termes. J’ai été appelée pour intégrer le collectif marathon en 2009, mais j’ai dit non, sans regret ni même de réflexions poussées. Ça n’a jamais été mon objectif. »

Son équilibre ? Un trio magique : sa famille, son travail et la course à pied. « Dans cet ordre. La course, ce n’est qu’une activité, mon travail est ma passion, la famille, ma priorité, même si je ne peux pas rester trop longtemps sans courir. » Une belle vérité et un exemple.

  • Quizz rapide

Ta fréquence d’entraînement
5 à 6 fois par semaine

Tes sensations vis-à-vis de l’entraînement
J’adore ! J’y vais toujours avec plaisir. Il est très rare que je n’ai pas envie. Si tel est le cas, je sais que c’est mon corps qui ne veut pas, alors je m’écoute.

Ta diététique
Rien de bien particulier, si ce n’est un régime RDS (régime dissocié scandinave) la semaine précédant un marathon. En course, je ne prends aucun gel, je ne peux rien avaler. Je tourne avec des cachets de dextrose. Mais je reconnais que je n’ai pas un gros appétit.

Ton astuce quand c’est difficile
Que ce soit à l’entraînement ou en course, je me recentre sur mon objectif.  Mais attention, si j’ai toujours des temps à respecter, je ne me prends pas la tête pour autant. S’il me manque quelques secondes sur la distance, ce n’est pas grave. L’essentiel est de se dire : je l’ai fait. En revanche, je ne stoppe jamais une séance.

Ton défaut
Hyper nerveuse lors des avant courses, au point de me fermer et de paraître asociale. Mais il ne faut pas s’y fier, je suis incapable de parler ou même de voir quelqu’un avant une course !

Je dois aussi avouer mon hyper activité. Je ne sais pas rester en place plus de cinq minutes.

Ta principale qualité
Consciencieuse et travailleuse

Tes mauvais souvenirs
Deux abandons, sur le semi de Paris en 2009 et lors des 10 km de Bohars il y a deux ans. Sur Bohars, j’étais tombée la semaine d’avant en courant avec mon chien et j’avais le nez cassé. A Paris, sur le semi, j’étais à l’ouest. Au 13e km, Gaby m’a vu, on s’est compris d’un regard et j’ai arrêté. J’avais un problème à la hanche.

Ton ou tes plus beaux souvenirs
La première victoire au Médoc ainsi que celle des Gendarmes et voleurs
La première de New-York

Nathalie Vasseur


Sa carte de visite

Née le 14 août 1965, à Mazingarbe (62)
Club: SDV Bohars (29)
1m58 – 44 kg
Lieu d’habitation : Gouesnou (29)
Profession : infirmière de bloc (clinique Pasteur à Brest)
Mariée, une fille de 21 ans

Ses records
35mn15s sur 10 km (2005)

1h17mn19s sur semi-marathon (2008)
2h40mn39s sur marathon (Rotterdam 2008)

Son palmarès
1re vétéran femmes du marathon de Paris en 2007
1re vétéran et 1re Française du marathon de Paris en 2011
1re vétéran femmes du marathon de New York 2010 et 2008
1re vétéran femmes du marathon de Rotterdam 2008
1re Française et 2e vétéran du marathon de Boston en 2009
3 fois vainqueur des Gendarmes et des Voleurs de Temps
10 fois vainqueur consécutivement du marathon du Médoc (2001-2011)

  • Son coup de coeur: le tapis de course

Je l’utilise 2 à 3 fois par semaine dont une fois pour faire une séance de qualité (VMA ou seuil). L’avantage du tapis de course c’est qu’il n’y a pas de contrainte (horaires, météo …) Il est facile de programmer une allure, une pente ou un rythme cardiaque est de s’y tenir ; c’est le tapis de course qui fait office de meneur d’allure.

Il peut adapter la vitesse du tapis en fonction de mes pulsations cardiaques. En outre depuis que j’ai fais l’acquisition du tapis j’arrive à effectuer de temps en temps deux sorties journalières, une à l’extérieur et 1 très courte sur le tapis.

Par exemple : le matin 30 mn en footing sur le tapis et le soir une séance de VMA sur la piste. Au fil du temps le tapis de course est devenu à la fois un partenaire d’entraînement et aussi mon deuxième entraîneur.

1 réaction à cet article

  1. Une belle histoire de championne, je suis toujours en admiration devant les champions et les championnes de course à pied… BRAVO Nathalie !!!!!!!!!!

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