Les résultats du Gruissan Phoebus Trail, le dimanche 17 février 2013

Sylvain Court, Aline Coquard, et la grande famille du trail

Gruissan a l’habitude d’accueillir des familles de vacanciers par dizaines de milliers durant la saison estivale. Ce dimanche 17 février 2013, c’est la grande famille du trail qui avait pris rendez-vous dans cette belle cité de l’Aude pour le 9ème Gruissan Phoebus Trail.

Gruissan Phoebus Trail 2013

C’est une grande leçon de partage, à tous les maillons de la chaîne. Des organisateurs, aux coureurs, en passant par les 200 bénévoles, ce Gruissan Phoebus Trail est à l’image de la course à pied : une grande famille. Sylvie et Yves Ferrasse, aux commandes de l’événement, ne s’en cachent pas : cette course, c’est leur « bébé ». Leur troisième enfant… qui demande un investissement énorme, bien qu’incomparable à celui que nécessitent leurs deux grandes filles. Ce bébé si particulier, donc, fêtera sa dixième édition en 2014.

Mais pour ne pas griller les étapes, il fallait d’abord passer par la neuvième édition. Elle avait débuté sous un large soleil samedi (voir le compte-rendu de la première journée). Ce dimanche, le ciel était certes plus couvert, et le vent marin parfois frisquet, mais les conditions de course étaient encore très satisfaisantes.

« Je suis bien content que l’on coure sous cette météo, souriait le vainqueur de l’édition 2012, Fabien Chartoire, au moment du départ du 50 km. Je commençais à croire que je portais la poisse ! ». Allusion au froid glacial qui avait marqué la course l’an dernier, et à un temps capricieux sur d’autres épreuves au fil de l’année (6000 D et Templiers entre autres). A quelques mètres de là, la femme du Clermontois acquiesçait : en tant qu’accompagnateur, aussi, des conditions un peu plus clémentes sont particulièrement appréciables.

Au 21ème kilomètre, le petit Axel, 2 ans et demi, savourait lui tranquillement sa brioche au chocolat en attendant de pouvoir donner de la voix au passage de son papa. C’était chose faite un quart plus tard, lorsqu’un groupe de cinq ouvrait la voie à un peloton garni d’environ 350 coureurs. Parmi ces cinq, le « papa » en question, Maxime Cazajous, mais aussi Sylvain Court, Fabien Chartoire, Maxime Durand et Laurent Soulier.

Les choses allaient rester en l’état jusqu’au 30ème kilomètre où, après un ravitaillement rapide, Maxime Cazajous allait prendre seul les commandes. « Sylvain (Court, ndlr) m’a rejoint aux alentours du 35ème et nous avons couru 4 à 5 kilomètres ensemble. Mais ensuite, c’était trop dur pour moi. Alors je me suis accroché à cette deuxième place pour laquelle j’aurais signé tout de suite avant de partir », expliquait, tout sourire, le deuxième de cette épreuve. Et de rendre hommage à sa famille : « Entendre mon fils crier notamment au 35ème kilomètre, ça m’a motivé. Parce que l’entraînement, c’est aussi beaucoup de sacrifices, et notamment des moments que je ne passe pas avec lui le soir ».

Très ému, Sylvain Court, deuxième du TTN l’an passé, confiait son bonheur de voir cette année 2013 débuter sur les chapeaux de roues après une victoire sur le Grand Brassac Hivernal Trail (voir les résultats: « C’est fabuleux ! C’était la troisième fois que je venais à Gruissan, et je savais que ce parcours n’était pas facile, surtout les dix derniers kilomètres ».

Sur la ligne d’arrivée, tous tenaient à partager leurs émotions. Untel plaçait un dernier coup de rein main dans la main avec son fils. Un autre passait sous le chrono avec une poussette. Un autre encore demandait un « tee shirt de finisher de petite taille » expliquant « ce sera pour mon fils ». Il y avait aussi Yanis, quatre ans, qui ne lâchait pas son héros de papa, Pascal Massou, huitième au scratch. « Je l’ai vu sur le premier ravito, c’était sympa, lançait celui qui est entraîné par Patrick Bringer. Personnellement, dans le dernier tiers de la course, quand c’est le mental qui prend le relais, je m’accroche à certaines images. Notamment aux dures séances d’entraînement que j’ai pu faire sous la neige. Mais je pense aussi à ma moitié, à mon fils… »

Après presque 5 heures d’effort, Aline Coquard pénétrait dans le palais des Congrès déjà bien imprégné des bonnes odeurs du cassoulet local dégusté par nombre de finishers. Kamel Soltani, qui en terminait au même moment, prenait la main de la première féminine de l’épreuve en signe de respect. « C’était un tracé avec beaucoup de cailloux, de relances. J’ai eu un coup de mou au 40ème kilomètre, mais un concurrent m’a bien encouragée », confiait Aline Coquard.

Quatre minutes plus tard, Sylvaine Cussot tombait elle dans les bras de son compagnon, Manu Gault. Souffrant de douleurs au bassin depuis plusieurs jours, le vainqueur de la SaintéLyon avait abandonné en début de course, mais n’aurait manqué pour rien au monde l’arrivée de sa championne. « J’avais les jambes lourdes au départ et puis ça s’est débloqué, racontait la deuxième féminine. J’ai pris du plaisir. Manu a fait un petit bout de chemin avec moi sur le parcours. Ca faisait du bien de l’avoir avec moi, mais il a dû s’arrêter car il avait trop mal. Et je suis contente qu’il ait été raisonnable ! »

Sourires, grimaces de douleurs et soupires de soulagement défilaient sur le tapis rouge final. En larmes au moment de rendre sa puce, Renaud prenait lui plusieurs minutes avant de tenir à s’exprimer au micro. « Je viens de perdre ma fille, emportée par la mucoviscidose. Et je voudrais vous dire à tous de vous battre contre cette maladie qui continue d’emporter nos enfants… » L’émoi de ce coureur classé dans le Top 40 de l’épreuve n’aura assurément laissé personne indifférent.

Première manche du Trail Tour National (circuit long), ce Gruissan Phoebus Trail 2013 aura su faire vivre bien des émotions aux participants. Et au moment de clôturer cette édition, la cérémonie protocolaire de remise des prix mettait à l’honneur un couple tiré au sort après avoir bouclé ce 50 km. Preuve qu’à Gruissan, on sait prendre soin des membres de la grande famille.

Vous étiez parmi les participants ? Racontez-nous, proposez un récit de course ou laissez un commentaire sur la fiche du Gruissan Phoebus Trail dans notre calendrier des courses.

Les podiums

  • Gruissan Phoebus Trail (50 km)

Hommes

  1. Sylvain Court, vainqueur en 3h49mn07s
  2. Maxime Cazajous, 3h51mn34s
  3. Fabien Chartoire, 3h55mn40s

Femmes

  1. Aline Coquard, vainqueur en 4h59mn10s
  2. Sylvaine Cussot, 5h03mn23s
  3. Karine Sanson, 5h20mn00s

Résultats complets du 50 km du Gruissan Phoebus Trail

  • Las Caladas (25 km)

Hommes

  1. Nicolas Miquel, vainqueur 1h51mn47s
  2. Marcelin Giro, 1h56mn27s
  3. Baptiste Martin, 2h00mn02s

Femmes

  1. Nadège Servant, vainqueur en 2h21mn08s
  2. Laurence Nogue, 2h23mn35s
  3. Julie Roux, 2h26mn53s

Résultats complets du 25 km du Gruissan Phoebus Trail

Quelques photos de ce Gruissan Phoebus Trail 2013

2 réaction à cet article

  1. Bonjour, je voulais apporter un commentaire sur la course du Gruissan Phoebus trail du 17 février. Je suis Laurent Soulier, journaliste au journal l’Indépendant du Midi partenaire des courses hors stade de l’Aude et des Pyrénées Orientales depuis près de 15 ans. Vainqueur du Trailhounet (18 km) à cinq reprises, je voulais cette année suivre le plus longtemps possible la grande course (50 km) avec les hommes de tête. Sylvie et Yves Ferrasse ont trouvé l’idée sympa et m’ont gentillement convié sur la ligne de départ (dossard n°328). J’étais en fait le 5e homme de tête (celui que ne mentionne pas votre reporter Emilie, ne me connaissant évidemment pas). J’ai accompagné les quatre premiers (Court, Cazajous, Chartoire et Durand qui était dans les quatre pendant 30 km (chapelle des Auzils). Les 4 premiers km furent très rapides, Court relançant fort au sommet de la première difficulté. Le peloton de tête passa ainsi de 12 à 4 hommes (avec moi même en plus donc, mais évidemment hors course). Le rythme ralentit alors peu à peu et le quator traça son chemin, sur plus d’un tiers de course, le plus ludique, et le moins minéral, sans aucune attaque ou incident à signaler. Chartoire,qui semblait avoir des fourmis dans les jambes, fit l’essentiel des monotraces en tête imposant le rythme, suivi de Durand, qui prit quelques relais, tandis que Court et Cazajous se contentaient de suivre, se permettant même de bavasser sur des pistes larges et sans danger. Le tournant de la course selon moi arriva au 21e km, juste après les encouragements du petit Axel à papa Cazajous, très ému. Peu après en effet, en entrant dans un nouveau monotrace, Chartoire en tête chuta dans une petite descente qui ne présentait pourtant aucun danger apparant. L’Auvergnat ne s’est visiblement pas fait mal mais pris entre 50 et 100 m de retard sur Durand qui menait alors devant Court et Cazajous. Chartoire mit deux km excatement à rentrer, peu avant la difficile montée à la vigie et paya visiblement ses efforts. Au ravitaillement du km 30, il arriva avec les trois autres, mais s’arrêta 30 secondes au moins pour changer sa ceinture. Cazajous fut le plus prompt à repartir, suivi à une poignée de secondes de Court, qui fit la jonction au 35e, et Durand qui prit lui aussi beaucoup de temps à ravitailler. Chartoire lui se trouvait déjà à près de 45 secondes de la pole. Il avait lâché prise. Son retard s’amplifira jusqu’au 40e. Le vainqueur 2012 reviendra bien sur Maxime Durand, qui, après s’être arrêté deux fois pour relacer ses chaussures (!) entre le 15e et le 20e, avait chuté à son tour (certainement en raison d’une douleur à un fessier qui l’empêchait de bien lever les jambes au fil des kilos). Au bord de l’étang (40e), Court et Cazajous se suivaient encore comme leur ombre, faisant vraiment belle impression. Impression d’aisance également pour Alexandre Hayetine, l’Héraultais Sébastien Bousquet, le Jurassien Ivan Bourgeois et l’Ariégeois Thomas St-Girons, tandis que Durand et Vierdet, longtemps 5e, loin devant le 6e (il accusait 1’30 de retard sur lespremiers au 30e km) étaient au ralenti, mâchés.

    Voilà pour la petite histoire. Bien à vous.

    Répondre
    • Bonjour

      Merci pour votre récit de l’intérieur. J’ai en effet cherché votre nom pour vous citer mais en vain. C’est maintenant chose faite !

      Bonne récup à vous !

      Sportivement,

      Emilie

      Répondre

Réagissez