Les résultats de Vertigo (Paris, la Défense), le 31 mai 2013

Une course à vous donner le vertige

Plus de 800 coureurs ont pris l'assaut de la Tour First de la Défense. Une première réussie.

Fanny Cospain (7mn13s) et Omar Bekkali (5mn09s) vainqueurs de la 1er édition de la VertiGO
Fanny Cospain (7mn13s) et Omar Bekkali (5mn09s) vainqueurs de la 1er édition de la VertiGO

« Sur les derniers étages, on ne sait plus où on est. On a mal à la tête, on ne voit plus rien, » En ces quelques mots, Benoit Laval, 6e en 6mn05s résume parfaitement cette nouvelle épreuve au calendrier des courses hors stade. Le principe ? Grimper les 50 étages de la Tour First de la Défense, la Tour la plus haute Europe avec ces 230 m et 954 marches. La première course verticale en France dans la dynamique des différentes courses d’escalier qui se déroulent partout dans le monde et notamment à l’Empire State Building de New York.

Au départ, en ce vendredi 31 mai, près 780 coureurs répartis sur plusieurs courses soit 120 équipes de 4 sur les courses en relais et 300 sur la course individuelle qui se déroulait en fin d’après-midi à 17h30. Dans les escaliers, c’est l’effervescence. A 13h30, un petit peloton de VIP dont Audrey Pulvar s’élancent histoire de tester l’ascension. C’est ensuite la place aux relais. De nombreuses entreprises sont aux rendez-vous et dans le peloton on distingue très vite les coureurs réguliers, des coureurs occasionnels voire des débutants. Pour des raisons de sécurité, on s’élance par vague, les relais se font au 12é, 24e et 36e étages.

Joel Ducrot

« Depuis ce matin j’ai fait 7 fois la montée, » raconte l’un des serre-fil qui fermait chaque vague, Joel Ducrot. A 31 ans, ce spécialiste du 10 et du semi-marathon s’est porté volontaire comme bénévole lorsqu’il a eu connaissance de cette première. « J’ai fait deux fois les 48 étages sachant que les deux derniers étaient hors chronos et 5 fois un relais de 12 étages. Les profils des concurrents étaient très variés mais tous ont soufferts. Il y avait une très bonne ambiance, mais certains sont partis beaucoup trop vite et dès le 5e étage, ils devaient marcher. Il y a eu un peu de cafouillage lors des relais mais dans l’ensemble tout s’est très bien passé. J’ai apprécié que tout le monde s’encourage. » 

Une course solidaire dans le peloton mais aussi lors de l’inscription. Ainsi pour obtenir un dossard il fallait faire un don. « Un ami m’a sollicité pour un don, je lui ai demandé pourquoi et j’ai décidé de me lancer ». Marathonien en 3h17, Mathieu Guerin, 34 ans, est l’homme qui a réussi a collecter le plus de fonds avec 1040 euros récoltés. « J’ai lancé des défis et promis des séances de baby-sitting. Ainsi un ami m’a dit : tu fais moins de 10 mn, je donne 100 euros, tu fais plus tu garde mes enfants. Il me doit 100 euros, j’ai fais 7mn46s. Mais j’ai aussi trois séances de babby-sitting à assurer maintenant pour d’autres donneurs ! Ce fut une super course. En plus d’avoir la sensation de faire une bonne oeuvre on s’est bien amusé. OK c’était dur, on a rapidement le souffle coupé, la gorge qui brûle et à partir du 15e je n’en pouvais plus. J’avais pourtant été faire les deux étages de la Tour Eiffel deux fois mais ça ne suffit pas. Je reviendrais l’an prochain mais mieux entraîné ! »

Leslie Rose a quant à elle fait deux courses. L’une en relais et l’autre en individuelle. Tout sourire, elle avoue « courir de temps en temps lorsqu’il fait beau. Je suis venue via mon entreprise Kone, je fais partie du service marketing. Nous étions très nombreux et nous avons passé une super journée. Mais c’était super difficile surtout en individuel. A la moitié, je ne pouvais plus courir, j’ai terminé en marchant sauf sur les 5 derniers étages, histoire de terminer en beauté. »

Benoit Laval

Des difficultés éprouvées par tous avec une sensation de grosse chaleur après les 3/4 de la course en raison d’un manque d’air dans les escaliers. Benoit Laval de retour de son week-end à Roscoff (voir les résultats) a fait une grosse erreur de stratégie. « J’étais venus en février pour une course test, j’avais mis 5mn55s, je voulais faire mieux alors je suis parti très vite, trop vite. Au 20e étage, s’il y avait eu une sortie, je crois que je l’aurais prise ! C’est super court et super dense comme effort, il faut de l’entraînement. Je l’avoue, j’ai marché mais j’ai trouvé quelques ressources sur la fin pour terminer, mais j’avais la tête et le cardio qui explosaient. »

Et le grand vainqueur est un habitué. Venu de Belgique, Omar Bekkali est un spécialiste des courses d’escalier en building. Depuis deux ans, il participe au challenge mondial « Vertical World Circuit » qui regroupe  8 courses en building (challenge que la Vertigo souhaitait intégrer). A 34 ans, cet ancien spécialiste de Steeple ayant participé à deux championnats du monde avant de s’exprimer en cross et sur 10 km (29mn05s) a découvert ce genre de course à la TV en regardant un reportage sur l’Empire State Building « Je me suis dis ça, je veux le faire. J’y suis allé en 2010, je termine 4e puis 2e l’année d’après. C’est la foire d’empoigne là-bas, on part à 40 ! Cette année j’ai été moins bon je fais 13e. Depuis je fais le challenge mondial. J’ai fait 3e, il y a deux ans, en ce moment je suis 4e ». Sa recette, 800 à 1000 abdominaux et une séance de course à pied d’une heure par jours le tout en suivant un programme type 10 km avec endurance, fractionné, séances au seuil… et une ascension par semaine. « J’ai la chance d’avoir une tour de 32 étages pas loin de chez moi ».

L’entraînement à suivre pour tous ceux et celles qui souhaiteront s’aligner l’an prochain.

La Vertigo est une course solidaire au profit de Sports sans frontière et lATEurope.

Sport Sans Frontière est une ONG qui oeuvre partout dans le monde pour le développement de modules d’éducation, de sensibilisation et de prévention fondés sur le sport et le jeu. L’association utilise le sport comme outil d’accompagnement aupès des enfants et des populations vulnérables. L’objectif est de permettre aux enfants de surmonter des traumatismes, de se resocialiser, d’éviter des comportements à risque, de se réinsérer, de se reconstruire. ww.sportsansfrontieres.org.

ATEurope est un fonds de dotation optimisé spécialisé dans le recherche médicale pour la lutte contre l’Ataxie télangiectasie et les maladies connexes. L’Ataxie télangiectasie est une maladie neurodégénérative qui conduit progressivement les entants qui en suffrent dans un fauteuil roulant vers l’âge de 10 ans, les rend immunodéficients et diminue leur espérance de vie à environ 20 ans. www.ateurope.org/fr/

Les résultats

Hommes

1. Omar Bekkali, 5mn09s
2. Maxime Queguiner, 5mn30s
3. Rémi Loubet, 5mn32s
4. Aurélien Collet, 5mn33s
5. Eric Leblacher, 5mn48s
6. Benoit Laval, 6mn05s
7. Vincent Viet, 6mn07s
8. Benoit Ponton, 6mn12q
9. Jean-Baptiste Renaude, 6mn15s
10. John Noel, 6mn16s

Femmes

1. Fanny Cospain, 7mn13s
2. Sabrina Cressend, 7mn37s
3. Marewa Ranftl, 7mn50s

Le classement complet sur Topchrono
Le classement complet des relais toutes courses confondues

Réagissez