Les résultats de la 6000 D La Plagne, le 28 juillet 2012

Pas de glacier cette année

A l’issue d’une édition raccourcie en raison des conditions climatiques (vent et pluie), Patrick Bringer s’impose aisément en 4h39mn19s.

6000 D La plagne 2012
Sylvain Court - Patrick Bringer - Fabien Antolinos

« Une première. C’est la première fois que nous devons annuler la montée au glacier ! Pour la 23e ! Il fallait bien que cela arrive un jour, c’est fait. J’espère maintenant que nous serons tranquilles pour 20 ans. » Jean-Manc Ganzer, organisateur de la 6000 D était philosophe sur la ligne d’arrivée en ce dimanche 28 juillet 2012.

Pourtant tout avait bien commencé. Des chiffres tout d’abord avec 1267 athlètes au rendez-vous prêt à relever le défi : 60 km et 4000 m de dénivelé positif. Côté météo, toute la semaine Météo France avait annoncé des orages laissant entrevoir des conditions très difficiles mais au fil des jours, la situation s’éclaircissait et samedi après-midi, veille de la course, une dernière réunion permettant aux organisateurs d’avoir le sourire. « On ne change rien, il devrait pleuvoir dans l’après-midi mais tout devrait se dérouler normalement. L’organisation se réserve bien sûr le droit de prendre toutes décisions afin d’assurer la sécurité des participants de l’ensemble des courses, en modifiant les tracés et les barrières horaires. », annonce t-on.

En ce dimanche 28 juillet, à 6 heures du matin, Jean-Marc Ganzer est donc tout sourire sur la ligne de départ. Il fait bon, et le départ avancé d’une heure devrait permettre au plus grand nombre de rentrer dans les temps puisque cela offre une heure de plus pour réaliser le parcours soit 12 heures (temps limite).

Au moment du départ, une première averse de 5 mn réveille les coureurs et rafraîchit un peu l’atmosphère voire les enthousiasmes mais sans grande gravité. Dès le début de la course, les hommes forts se montrent avec un petit groupe de 5-6 coureurs. A Longefoy, après 8 km de course Patrick Bringer, Thierry Breuil, Fabien Antolinos (Vainqueur en 2010), Sylvain Court, Nicolas Martin sont là.

Lors du premier ravitaillement à  Plagne Centre, on retrouve les mêmes hommes. Patrick Bringer semble très à l’aise et mène le train. Thierry Breuil est là à ses côtés, même s’il a annoncé que cette course était un peu imprévue et qu’il n’avait pas l’entraînement nécessaire. Le reste de la troupe est à quelques secondes derrière. Rien n’est joué.

Mais à 9 heures alors que les bénévoles et les membres de l’organisation tentent en vain de montée au Col de La Chiaupe puis au glacier, le vent, la pluie, le froid se sont mêlées à la partie. Les télécabines sont arrêtées pour aller au col de la Chiaupe (2492 m) et ceux qui permettent de se rendre à la Roche de Mio (2681m) fonctionnent mais avec de nombreux arrêts en raison du vent. L’organisation doit prendre la décision : La course est déroutée pas de glacier. « Nous avons pris l’option B car nous ne pouvions mettre en danger les coureurs et les bénévoles. C’était la décision qu’il fallait prendre. Nous sommes tout petit face à la montagne, on ne peut tout maîtriser. Et avec les conditions déjà affrontées par les coureurs, nous ne pouvions prendre le risque de les faire monter au glacier. »

En course, la situation se précise. Patrick Bringer est en tête, Thierry Breuil non loin, Fabien Antolinos et Sylvain Court juste derrière mais petit à petit l’écart se creuse. Au Col de la Chiaupe, ils sont à une minute.

Dans la descente, à Plagne Bellecote  au km 37, surprise. Patrick Bringer se présente seul, Thierry Breuil trop court n’a pu suivre le rythme (il sera 5e au final).  Sylvain Court et Fabien Antolinos, sont eux toujours dans un mouchoir et luttent pour la deuxième place, le premier cité aura raison du second.

Chez les femmes, la lutte se résume un duel entre Maud Gobert et Stéphanie Duc. Elles grimpent ensemble dans le froid mais dans la descente Maud fait rapidement la différence.

« C’était ma première participation », affirme Patrick Bringer sur la ligne d’arrivée. J’ai vu dès les premiers kilomètres que mes jambes tournaient bien.

Thierry Breuil est longtemps resté avec moi et jusqu’au bout je me suis méfié d’un retour de Fabien Antolinos car il est très en forme en ce moment. J’ai fait le bon choix au niveau vestimentaire. J’avais ce qu’il me fallait pour me couvrir et je crois que cela m’a aidé à faire la différence. Ce fut vraiment une belle journée. Une de ces journées qu’on les aime avec la forme, les jambes, le mental qui est au rendez vous. Je reviendrai pour faire le glacier. »

L’interview de Patrick Bringer

Sylvain Court était lui aussi tout sourire. Heureux même. « On est vraiment resté groupé jusqu’au deuxième ravitaillement avec des attaques à droite et à gauche. Heureusement que j’avais pris mes bâtons car venant de Bordeaux je ne suis pas vraiment préparé à ce type de terrain. Après j’ai vraiment eu très froid, des frissons et les mains qui tétanisaient, c’était dur psychologiquement. Alors quand on nous a dit qu’on ne faisait pas le glacier j’ai été soulagé. J’ai pu ensuite récupérer coupe vent et manger et c’est reparti. La descente me convient bien car je viens du VTT et j’ai pu faire la différence. »

Le plus déçu était incontestablement Fabien Antolinos.

« Je suis plutôt bien parti car j’étais en forme. Je pensais que cela se jouerait entre Patrick et moi. Mais si d’habitude mon point fort est de savoir anticiper là, je n’étais pas correctement équipé. Je suis parti trop léger. J’ai eu froid et je n’avais plus de boisson. Je ne me suis pourtant pas affolé en me disant que je reviendrai dans la descente. Avec Sylvain, nous avons fait l’effort pour revenir mais après avoir repris Thierry Breuil l’écart s’est stabilisé avec Patrick. On ne pouvait pas revenir et Sylvain a été le plus fort sur la fin de course. J’ai pas de regret car j’ai tout donné et le format était, du coup, un peu court pour moi, je suis plutôt à pleine mesure sur des distances entre 60 et 80 km. »

Chez les femmes, Maud Gobert a parfaitement géré sa course.

« J’aime bien ces conditions de course un peu difficiles. Je suis accompagnatrice en montagne alors je sais gérer et appréhender ses conditions. Avec Stéphanie, nous avons fait la montée ensemble. Au glacier je pense qu’il était sage de ne pas monter. Il faut penser aux bénévoles et à tous les coureurs, cela aurait été beaucoup trop dangereux. Stéphanie, que je n’avais jamais affronté est course, est d’habitude très forte en montée mais elle a eu très froid et elle a moins de réserve que moi au niveau corporel ! Mon point fort est indiscutablement la descente et là j’ai peu tout doner. Maintenant rendez vous sur Sierre Zinal. »

L’interview de Maud Gobert

Les résultats

54 km – (sans le glacier) – 2731 D+

Hommes
1. BRINGER PATRICK, 04:39:19
2. COURT SYLVAIN, 04:43:56
3. ANTOLINOS FABIEN, 04:45:02
4. MARTIN NICOLAS, 04:51:11
5. BREUIL THIERRY, 04:53:06
6. SAINT GIRONS THOMAS, 04:57:23
7. CAZAU CHRISTOPHE, 04:57:58
8. CAMUS SEBASTIEN, 04:59:27
9. CHARTOIRE FABIEN, 05:00:51
10. MAROUD MARC, 05:10:09

Femmes

1. GOBERT MAUD, 05:28:53
2. DUC STÉPHANIE, 05:39:20
3. FRECHINET FANNY, 06:08:50
4. AVENIER DELPHINE, 06:12:43
5. MOYNE ELISABETH, 06:21:28
5. MOYNE ELISABETH, 06:21:28
6. CLERC LUCIE, 06:49:02
7. PIBIS LAETITIA, 06:58:01
8. VAUX SIRE LAURENCE, 07:05:23
9. BRASEY BÉATRICE, 07:05:38
10. BAVEREL MANON, 07:08:33

1140 participants, sur les 1301 inscrits

Engagés : 1301
Partants : 1140
Abandons : 49
Hors délai : 3
Disqualifiés : 0
Arrivés : 1088

Tous les résultats

Les informations pratiques sont sur la fiche de la 6000D dans notre calendrier des courses

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