Les Petites Reines du Cyclisme Féminin : Myriam Nicole, reine de descente

A 25 ans, Myriam Nicole est une des meilleures VTTiste de descente au monde. Double championne de France, la jeune femme, blessée par une chute au printemps, attend la saison 2016 avec impatience. Interview.

Myriam Nicole

Lepape-info : Comment une jeune femme devient-elle championne de VTT ?
Myriam Nicole : « En fait j’ai trois grands frères qui pratiquaient le VTT. Je les suivais sur la course. Et dés l’âge de 5 ans j’en ai eu marre de les regarder ! Alors j’ai été inscrite en pré-poussins. Il n’y a pas une grosse concurrence et j’ai gagné tout de suite. Ensuite, j’ai évolué dans les catégories jeunes, via les trophées Régionaux puis nationaux où l’on concoure dans 3 disciplines : la descente, le trail et l’orientation. A 13/14 ans, je me suis spécialisée dans la descente, parce que j’en préférais les sensations et parce que je gagnais souvent ! »

Lepape-info : Comment effectue-t-on cet apprentissage ?
M.N. :
Dans les compétitions, jusqu’en catégorie junior, tu n’as pas le droit au vélo de descente. Tu pratiques sur un vélo sans suspension. Cela ne pardonne pas et permet un véritable apprentissage des bases. Les suspensions permettent d’amortir beaucoup de chocs, sans, tu es obligée de t’adapter à tous les terrains et d’être extrêmement attentif. Les vélos sont également plus petits tu dois apprendre le mouvement parfait.

Lepape-info : Vous êtes-vous beaucoup blessée dans votre carrière ?
M.N. : Petite, je m’en suis faite quelques-unes, mais on est élastique à cet âge-là. Ma première grosse blessure à VTT date de mes 16 ans quand je me suis cassée la clavicule. En tout je me la suis cassée 3 fois. J’ai eu des fractures aux omoplates, aux poignets. Sur le moment c’est toujours un peu dur, mais dés que tu retrouves tes esprits, tu sais que tu repars sur une période de convalescence. Et rapidement tu n’as qu’une seule envie : y retourner.

Myriam NicoleLepape-info : Cette discipline est très masculine, comment y avez-vous évolué, notamment à l’adolescence ?
M.N. :  C’est rigolo parce qu’ado, j’avais des copines très filles. Et le week-end, je changeais de monde pour les compétitions, je redevenais un garçon manqué en un claquement de doigt. Je passais du maquillage au vélo sans problème. Tout cela me paraissait naturel, ancré en moi. Pour les gens autour ça l’était aussi d’ailleurs, tout le monde voyait bien que j’aimais ça. Ceux qui me disaient que c’était une activité trop dangereuse pour les filles, depuis toute petite, je ne les ai jamais écoutés.

Lepape-info : Comment avez-vous concilié vos études avec votre parcours dans le VTT ?
M.N. : « Jusqu’en 1ere ça a été, terminale aussi. Quand j’ai commencé à courir en équipe nationale, cela s’est compliqué. Au lycée, le gens comprenaient. J’ai appris à être autonome, je rattrapais les cours avec les copains, je demandais les devoirs à l’avance aux profs. Après le bac, je suis entrée en prépa kiné, ça devenait impossible, je bossais jusqu’à minuit, je n’avais plus le temps de m’entraîner. En 2009/2010, je suis partie à Manchester pour seulement m’entraîner, mais les cours me manquaient, j’avais besoin des deux. J’ai ensuite intégré un DUT de technique de commercialisation, avec des horaires aménagés, je n’avais cours que le matin. Mais ce n’était mon truc le commerce. Et puis en 2012/2013, après plusieurs tentatives, j’ai obtenu une place en école de kiné à Montpellier. Les deux premières années, je me suis moins entraînée. Mais cette année j’ai plus de temps, je n’effectue que des stages, c’est un luxe qui m’est accordé pour cette année.

J’aime évidemment la vitesse et l’adrénaline

Lepape-info : Vous pouvez vivre pour l’instant de votre activité grâce à votre sponsor, RedBull ?
M.N. : Redbull s’est impliqué dans la descente en 2012 et ils ont redynamisé la discipline, en reprenant la coupe du monde. A leur arrivée, ils ont fait passer des tests à des athlètes susceptibles d’être sponsorisés. J’étais la plus jeune des supervisées, j’ai échoué la première année et été sélectionné la seconde. Ils ne se contentent pas de filer un chèque, ils m’aident en me fixant des objectifs, ils contribuent à payer des entraîneurs ou me fournissent du matériel.

Myriam NicoleLepape-info : Cela implique donc des objectifs plus élevés…
M.N. : Oui. J’ai réussi à conserver un bon niveau, dans les 5 meilleures mondiales. J’ai été deux fois championne de France (2011/2014), une fois d’Europe (2011). Cette année, j’ai deux objectifs, le championnat du monde en septembre, qui comme chez les pros sur route, se joue sur une seule journée. En 2011, j’ai glissé, chuté alors que j’étais en tête et perdu toutes mes chances. Et puis il y a la coupe du monde,  organisée sur le modèle du ski, avec des épreuves d’avril à septembre. Cette année, je me suis cassée la clavicule lors de la sixième manche alors que j’étais en lisse pour la gagne finale et qu’il restait trois manches à disputer.

Lepape-info : Comment définiriez- vous votre amour de la descente en VTT ?
M.N. : J’aime évidemment la vitesse et l’adrénaline, mais pas seulement. La descente est aussi une discipline technique, mécanique et physique. On croit souvent que la descente c’est pour les fainéant, ce qui est faux ! C’est physiquement très exigent. Quand j’ai des compétitions toutes les semaines, quand certaines épreuves se déroulent sur plusieurs manches du mercredi au dimanche, je termine épuisée !

  • La carte de visite de Myriam Nicole

Coureuse cycliste française spécialiste de VTT de descente
Née le 8 février 1990

Championne de France de descente 2011 et 2014
Championne d’Europe 2011
3eme de la coupe du monde 2011

 

 

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