Les Petites Reines du cyclisme féminin : Elise Delzenne, reine de piste et de route

Professionnelle depuis 2013, la petite nordiste de 26 ans, championne de France sur route 2013, brille aussi sur la piste. Son année 2016 s’annonce chargée avec en ligne de mire les mondiaux sur piste en mars, et côté route un rêve olympique à vivre. Rencontre dans les gradins du Vélodrome de Saint Quentin en Yvelines.

ELISE DELZENNE

Lepape-info : Comment avez-vous commencé le vélo ?
Elise Delzenne : Mon père était cyclotouriste. Il nous emmenait en balade avec ma mère et mon frère. Mon frère s’est ensuite lancé dans la compétition et je l’ai suivi. J’ai rapidement eu des résultats. Lui a dû arrêter à cause de problèmes de santé. En 2007 j’ai mis le vélo entre parenthèses pour suivre des études d’ingénieur dans le textile, j’ai fait mon apprentissage dans la production. Puis, je suis devenue responsable qualité. J’ai repris le vélo en 2012 : cela me manquait trop.

Lepape-info :Vous êtes revenue tout de suite à 100 % ?
E.D. :  J’ai gardé mon job à plein temps en 2013 mais c’était ingérable. En même temps, j’ai eu une proposition de l’équipe de Specialized – Lululemon, c’était difficile à refuser. Il faut saisir ce genre d’opportunités quand elles se présentent.

Lepape-info : En 2013 tu es championne de France sur route, pour le moment tu vises les mondiaux de piste en mars 2016. Comment allies-tu les deux disciplines ?
E.D. : J’aime les deux. Elles se complètent. La piste m’apporte en termes de travail de force, en vélocité ; ce sont des efforts courts et intenses. Et c’est plus sympa de bosser au chaud l’hiver. Pendant la saison de route, j’essaie de rouler sur piste deux fois par mois, histoire de ne pas perdre le coup de pédale. Je vis dans le nord donc on a la chance d’avoir le vélodrome de Roubaix. Niveau route, je sors de coupure. J’ai repris hier, j’ai fait une sortie de 71 kilomètres, en mode tranquille, avec les garçons.

Lepape-info : Qu’est-ce que tu aimes sur la piste ?
E.D. : J’aime bien parce que je suis seule, ça change. Les épreuves sont variées, plus courtes. Il y a la sensation de vitesse qui est grisante. Et puis c’est là que j’ai des résultats : quand tu es bonne en maths tu aimes fatalement plus les maths que le français…

Lepape-info : J’imagine que madame l’ingénieur était meilleure en maths ?
E.D. :  J’étais meilleure en maths, c’est vrai (sourire)

Lepape-info : Elle part pas mal cette saison de piste
E.D. :  Oui j’ai été double championne de France et j’ai fait 2x deuxième au championnat d’Europe. Sur la poursuite individuelle je n’ai aucun regret tant la différence était énorme avec la première. Sur la course aux points, je suis contente d’avoir battu la tenante du titre qui finit troisième, mais en gérant mieux mon début de course, j’aurais pu peut-être prétendre à mieux.

Pour les JO de Rio je vise la sélection sur route

ELISE DELZENNELepape-info : Pour la piste tu vises les mondiaux, mais sur route tu évoques généralement les JO pourquoi ?
E.D. : Aux J.O chez les filles, sur piste, il n’y a que la poursuite par équipe pour laquelle la France n’est pas qualifiée et l’Omnium qui n’est pas ma spécialité. Donc je vise la sélection sur route. Nous sommes pour l’instant 5 prés-sélectionnées et nous serons trois aux jeux.

Lepape-info : La principale mission sera d’épauler Pauline Ferrand- Prévot ?
E.D. : C’est sûr que quand l’équipe a une carte comme ça à jouer, on sait qu’on y va en tant que co-équipière. Il faut être prête à jouer sa chance, mais c’est clair que si elle est bien placée, il vaut mieux faire la course pour elle et ramener une médaille à l’équipe qu’aller faire une dixième place perso.

Lepape-info : Comment se bâtit ta saison de route ?
E.D. : Pour l’instant je ne sais pas encore. J’ai signé chez Lotto Soudal, je n’ai pas encore reçu mon programme. Je ne sais pas si je vais disputer le tour du Qatar avant les mondiaux de piste. C’est une discussion qui doit se tenir entre le staff de l’équipe de France et mon employeur.

Lepape-info : Tu pratiques d’autres sports en dehors du vélo ?
E.D. : Oui, surtout l’hiver. Je nage, je cours, et je vais en salle de muscu. Je soulève peu mais j’y vais deux fois par semaine en ce moment.

Lepape-info : Combien de temps comptes-tu rester à haut niveau ?
E.D. : Cela va dépendre des résultats de cette année. Gagner sa vie en temps que cycliste féminine c’est difficile. Et j’aimais bien mon job de responsable qualité. Je sais que j’ai ce bagage là, je ne redémarrerai pas de zéro. Mais j’ai aussi un copain, et passer autant de temps loin de ses proches durant toute la saison me pèse parfois. On verra…

  • La carte de visite d’Elise Delzenne

Coureuse cycliste sur route et sur piste
Née le 28 janvier 1989
Route : Championne de France  2013
Piste : Médaillé d’argent aux championnats du monde 2015 en poursuite individuelle et course aux points

2014

Championne de France de course aux points

2015

Championne de France de la poursuite

Championne de France du scratch

Championne de France de course aux points

 

 

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