Le 27ème Sultan Marathon des Sables, du 6 au 16 avril 2012

Sylvain Bourgery : « Un des plus beaux souvenirs de ma vie »

Plus de 12 000 hommes et femmes ont participé au Marathon des Sables depuis sa création en 1986. Parmi ceux-ci : Sylvain Bourgery, bientôt 50 ans. Du 6 au 16 avril 2012, il participera à l’événement pour la quatrième fois. Rencontre avec un passionné.

Sylvain Bourgery Marathon des Sables 2010

Pour le grand public, le Marathon des Sables reste souvent énigmatique. D’abord parce que son appellation peut d’abord laisser croire qu’il s’agit d’une épreuve de « seulement » 42.195 kilomètres. Et ensuite parce que, quand les non initiés réalisent qu’il s’agit en fait d’une course par étapes sur 240 kilomètres environ, dans le désert, et en autosuffisance alimentaire, vient alors inévitablement cette question « Pourquoi ? ».

Pourquoi donc se lancer dans un tel défi ? Sylvain Bourgery, comme tous ceux et celles qui ont participé à ce « MDS », a déjà répondu à maintes reprises à cette question. Lui que l’on a souvent « traité de fou », raconte avec une émotion encore perceptible sa première participation, en 2006. « C’est l’un des plus beaux souvenirs de ma vie. On se retrouve seul face aux éléments. On ne peut pas se trouver d’excuses et dire que c’est la faute d’untel ou untel. Cela permet vraiment de faire un point sur soi. ».

Avant de se lancer dans l’aventure du Marathon des Sables, Sylvain Bourgery avait « uniquement » participé à des semi-marathons ou marathons, avec un record sur la distance reine à 3h30. C’est après un défi entre copains de courses qu’il s’est lancé dans la préparation si exigeante du MDS. « Toute mon organisation, professionnelle, personnelle, tourne autour de ça. Sur place, pendant la course, on partage énormément de choses, mais avant, la démarche est extrêmement individuelle. Entre l’intensité de mes entraînements (12 heures par semaine en moyenne et 8 heures lors des semaines de repos), mes absences et mon régime alimentaire, j’ai conscience que c’est une épreuve pas facile à vivre pour ma femme », explique celui qui va fêter ses 50 ans cette année.

« Participer au Marathon des Sables m’a appris à avoir confiance en moi »

50 ans en 2012, et une… quatrième participation au Marathon des Sables. En 2006, il avait découvert, en 2007, il y est retourné avec l’objectif de « faire un scratch ». Il était 31ème après les trois premières journées, mais son genou l’a « lâché » lors de la quatrième étape. En 2010, troisième participation et… « l’apocalypse ». « Je m’étais moins préparé psychologiquement, je ne n’ai pas pris les choses du bon côté ». Bilan : une très honorable 114ème place (sur 923 classés) mais un pied fortement abîmé.

Alors, on lui repose cette même question : pourquoi une quatrième participation ? « Je ne me suis pas fixé d’objectif, je veux surtout me faire plaisir. Je regarde toujours vers le Top 100, mais on verra bien. Je ne suis pas quelqu’un qui se repose sur ses lauriers. A 50 ans, quand on court et qu’on se dépasse, ça compte encore plus qu’à 40 ans. Participer au Marathon des Sables m’a appris à avoir confiance en moi ». Et d’ajouter : « Quand on franchit la ligne d’arrivée, c’est une émotion intense, même si elle ne dure que quelques minutes. J’ai fait de belles rencontres. Il y a une vraie solidarité entre concurrents. On dit souvent que la course à pied est un sport individualiste, mais là, ce n’est certainement pas solitaire. J’ai été surpris de voir le nombre de gens qui s’arrêtent pour aider d’autres personnes en difficulté ».

Sylvain Bourgery, qui a la chance d’avoir pu côtoyer les frères Ahansal (14 fois vainqueurs du Marathon des Sables à eux deux), sait que chaque édition du MDS est différente. Notamment en fonction des conditions météo. « En 2006, on a eu un vent de sable contraire pendant les 6 jours. C’est très fatigant », se souvient cet agent général d’assurance. Construite pour « monter en puissance » jusqu’à la redoutable et redoutée longue étape d’environ 80 kilomètres, l’épreuve impose de « se réserver sur les trois premières journées pour garder une certaine marge de manœuvre ». Le tout dans un environnement difficile à appréhender : le désert. En clair : « On n’a pas de repères. On ne sait pas du tout où se situe l’arrivée, ça n’a rien à voir avec une course sur route où il y a des repères kilométriques ! ».

La 27ème édition de ce Sultan Marathon des Sables se déroulera donc du 6 au 16 avril 2012, au Maroc. Sylvain Bourgery portera le dossard numéro 50, joli cadeau de l’organisation pour son anniversaire. A son retour, il se préparera pour son deuxième gros rendez-vous de la saison, au mois d’août. Cette fois, il troquera le sable pour la montagne… Direction l’UTMB !

La fiche du Sultan Marathon des Sables

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