La Wild Atlantic Way, une randonnée de 2 300 kilomètres à vélo sur la côté sauvage atlantique irlandaise.

Le mois dernier, Sylvain Bazin a parcouru à vélo l'intégralité de la Wild Atlantic Way, une route touristique qui épouse toute la côte atlantique de l'ouest irlandais, souvent au plus près des flots. 2 300 kilomètres entre falaises, villages de pêcheurs et vertes prairies. Il nous raconte son périple.

Wild Atlantic Way

La grande randonnée à vélo, c’est l’assurance de belles découvertes et de rencontres de qualité. On est récompensé de ses efforts, notamment en haut d’une pente, par des panoramas qui seront d’autant plus appréciés qu’on les a conquis à la force des mollets. Sur un itinéraire routier, vallonné et splendide comme cette toute nouvelle Wild Atlantic Way (côte ouest de l’Irlande), c’est sans doute le meilleur moyen de locomotion pour apprécier à sa juste valeur ces grands espaces tout en goûtant pleinement à la poésie et à la douceur du vert pays d’Emerald.

Matériel: vélo solide et sacoches imperméables!

Pour aborder, et accomplir, ce périple d’assez longue haleine, un vélo de voyage semblait s’imposer: pour cela, on dispose sur le marché de modèles tout équipés, solides et performants, mais plutôt onéreux. J’ai donc “recyclé” un cadre de VTT très solide, en acier, en l’équipant de garde-boues, de luminaires et d’un porte-bagage. Les pneus utilisés sont également adaptés: totalement anti-crevaison, ils sont faits pour durer. Bien sûr, leur roulement n’est pas des plus performant, mais pour ce type de randonnée on privilégie le confort. Enfin, une selle confortable et un guidon “papillon”, qui permet de varier un peu la position des mains et des bras, complète l’habillage du vélo.

Mon ami Thomas, qui m’accompagnait dans l’aventure, avait quant à lui opté pour un vélo couché: la position permet d’éviter les douleurs dorsales, le pédalage sur le plat est très efficace. En revanche, cela se complique largement dès lors que la pente s’accentue au-delà des 10% de pente. En Irlande, c’est un choix assez risqué: mieux vaut être en bonne condition physique. Enfin, la jolie Bretonne qui partage ma vie nous a accompagnés la première semaine; son vélo est davantage un modèle mixte ville/randonnée, qui s’est bien comporté sur les rudes routes irlandaises. Dans tous les cas, pour partir “assez loin et assez longtemps”, comme c’était le cas ici, il faut privilégier le confort et la solidité. Le côté performant du vélo viendra ensuite.

De toute façon, chargés, les vélos avancent moins vite et pour qu’ils supportent la charge (j’avais à peu près 18 kilos répartis dans deux sacoches fixées au porte-bagage arrière; Thomas avait réparti une charge un peu plus lourde sur quatre sacoches) il leur faut un minimum de solidité et donc de poids. Les cadres en acier seront donc à privilégier.

Un parcours très pentu !

Wild Atlantic WayNous n’avons pas regretté ce choix sur cette Wild Atlantic Way: les routes ne sont pas vraiment toutes lisses! Paradis du voyageur à vélo, l’Irlande se prête sans doute moins bien aux entraînements de vitesse pour cyclistes affûtés ni aux vélos ultra-légers en carbone.

De la solidité, il en fallait aussi tout de même dans les muscles: même si nos étapes, 100 kilomètres en moyenne par jour, ne paraissent pas bien longues, elles étaient tout de même très sportives, en raison des routes où l’on avait donc parfois davantage l’impression de faire du VTT, et surtout à l’attaque des très fortes pentes qui ponctuaient très souvent notre beau parcours! Certes, les passages les plus hauts se situaient autour des 400 mètres d’altitude, mais l’enchaînement des buttes était vraiment incroyable, notamment dans les belles régions de Cork, du Kerry, du Connemara ou sur la fin de notre parcours, dans le Donegal. Je me souviendrai longtemps de l’incroyable ascension du Marmor Gap: une pente finale de 2.5 kilomètres, bande de bitume qui de loin semble verticale: plus de 30% sur certaines portions !

Avec un vélo chargé pesant 35 kilos, il faut se battre pour rester sur les pédales !

Une petite vidéo du Marmor Gap – dans la descente

https://www.youtube.com/watch?v=5glB8o6MSVs" target="_blank" data-oembed>Lien vers la vidéo

L’Irlande: un paradis pour le voyageur cycliste!

Wild Atlantic WayMais comme je le disais en introduction, la vue gagnée ainsi est encore plus appréciable: et celle-ci était vraiment magnifique, une montagne qui plonge dans l’océan et le littoral découpé en falaise au loin.

Le Marmor Gap, c’était un peu l’apothéose cycliste de ce si beau voyage. De la pointe sud de l’Irlande, Mizen Head, à son point le plus septentrional, Malin Head, nous avons suivi de près cette côte des merveilles. Les vues sur l’océan, bien souvent peuplé d’îles, les vertes prairies bordant le littoral, les moutons laineux, maîtres des lieux, comme spectateurs, le ciel parfois bleu et souvent tourmenté: ce voyage restera dans ma mémoire comme un des plus beaux.
Avec bien entendu, durant ces 23 jours de voyage, la chaleur humaine des pubs et quelques bières plutôt brunes pour récupérer et nous soutenir avant de profiter de nos bivouacs ou des accueillants bed and breakfast qui ont jalonné notre Wild Atlantic Way !

Pour vous aussi vous élancez sur le Wild Atlantic Way:

http://www.wildatlanticway.com/home/

ou (en français):

http://www.ireland.com/fr-fr/wild-atlantic-way/

Plus de récits sur ce voyage:

http://sylvainbazin.blogspot.fr/search?q=wild+atlantic+way

http://le-blog-qui-marche.terdav.com/expeditions/suivi_expe/wild-atlantic-way-une-expedition-velo-en-irlande-episode-3/

La galerie photos

 

 

 

 

Réagissez