La marche rapide est-elle une solution contre l’inactivité ?

Lorsqu’il s’agit de « bouger », beaucoup prennent peur en songeant effort, sueur, compétition. Que nenni !
L’on n’y pense guère en tant qu’activité « physique », mais mettre un pied devant l’autre est en fait aussi banal que mobilisant. Voyons comment cette action anodine peut changer une vie.

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Les maladies non transmissibles (MNT) constituent un fardeau majeur dans le monde entier et l’on estime que l’élimination de l’inactivité physique permettrait de supprimer entre 6 et 10% des principales MNT (ex : maladies coronariennes, diabète de type 2 et cancers du sein et du colon) et d’accroître l’espérance de vie.

 

 

La marche est l’activité physique idéale pour améliorer la santé de la population : une récente revue de 32 études différentes a montré que la marche augmente la capacité aérobie et réduit la pression sanguine, le tour de taille, le poids corporel, le pourcentage de graisse corporelle et l’indice de masse corporelle (IMC).

Toutefois, peu d’éléments permettent encore de tirer des conclusions sur l’effet dose-réponse entre le volume-intensité de marche et les bénéfices pour la santé. C’est donc ce qu’ont entrepris plusieurs chercheurs européens : déterminer la relation entre les facteurs de risque de MNT et la fréquence-intensité-durée-volume de marche.

 

Pour cela, l’équipe de recherche a rassemblé un maximum d’études comprises entre 1971 et 2017 dans lesquelles le protocole s’étendait au moins sur 8 semaines et incluait des participants ≥18 ans et inactifs mais en bonne santé, avant de les distinguer en 2 groupes : un groupe « avec » marche et un autre « sans » marche.

Ainsi, 37 études (soit 2001 participants, 81% de femmes) évaluant 13 facteurs de risque différents ont été considérées.

 

Les résultats de la méta-analyse ont montré les effets favorables de la marche pour 7 facteurs de risque :

  • La masse corporelle
  • L’IMC
  • La graisse corporelle
  • La pression artérielle systolique et diastolique
  • La glycémie à jeun
  • La VO2max

 

Aucun effet significatif n’a été observé pour le tour de taille, le rapport taille/hanches et 4 variables des lipides sanguins.

Malgré ces évidences, l’analyse n’a par ailleurs relevé qu’une poignée de relations de « dose-réponse » entre la marche et la santé CV, parmi 91 relations potentielles étudiées.

 

Par conséquent, l’équipe de chercheurs est arrivée à la conclusion que « les preuves disponibles ne permettent pas d’identifier ou de quantifier la fréquence, la durée, l’intensité et le volume de la marche nécessaire pour améliorer les facteurs de risque de MNT. »

Malgré cela, les avantages de la marche pour la santé sont très robustes et même de petites quantités de marche se révèlent bénéfiques.

C’est pourquoi un premier message simple aux adultes inactifs et personnes âgées doit être « Levez-vous, sortez et marchez pour une meilleure santé ».

 

Infog. 1

 

D’autre part, alors que l’on sait que la marche régulière bénéficie à la santé physique, mentale et sociale, le rôle du rythme de la marche a rarement été étudié. Une seconde équipe de recherche internationale a donc décidé de compléter les résultats précédents et d’examiner les liens entre rythme de marche et risques de mortalité.

Pour cela, leur étude a intégré un échantillon de 50 225 marcheurs âgés d’au moins 30 ans. La période moyenne de suivi était d’un peu plus de 9 ans, durant laquelle l’équipe a enregistré 3617 décès toutes causes confondues, dont 1 014 dus à des maladies CV et 1 276 à des cancers.

Les résultats de l’analyse tombent sous le sens : par rapport à la marche à allure lente, la marche à allure moyenne ou rapide était associée respectivement à un risque de mortalité inférieur de 20% et 24%.

En particulier, les chercheurs ont trouvé des preuves plus nettes chez les participants les plus âgés. Par exemple, les bénéfices grimpaient à 36% et 45% chez les plus de 60 ans. Aucune différence n’était soulignée selon le sexe ou l’IMC.

 

Infog. 2

 

Avec ces éléments en tête, la marche (et en particulier la marche rapide) se positionne comme une pierre angulaire de la promotion de l’activité physique pour la santé publique. Aujourd’hui pourtant, c’est bien le volume de marche qui est davantage mis en avant.

Compte tenu donc des contraintes de temps clamées par les personnes peu actives et de l’aspect auto-référencé de l’allure de marche, il pourrait donc être plus facile de marcher plus vite que de marcher plus souvent.

 

Sources : Stamatakis, Williamson, Kelly et al. BJSM 2019 ; Oja, Williamson, Kelly et al. BJSM 2019

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