La Belle Martinique, la cyclo des îles !

Ils seront encore nombreux ce mercredi 11 novembre à s’élancer sur les deux parcours de la Belle Martinique, 13 ème édition de la cyclo antillaise. Focus sur une épreuve à part avec un ancien participant.

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Philippe, 60 ans, parle avec du soleil dans la voix quand il évoque ses trois participations à la Belle Martiniquaise, la cyclo des îles qui s’élancera cette année ce 11 novembre 2015. L’édition 2010 propose deux parcours de 95 et 71 kilomètres. Participant en 2009, 2010 et 2012, notre homme a connu l’époque où l’organisation proposait des parcours plus longs. « Il y a eu un moment un circuit de plus de 160 kilomètres. C’était une épreuve terrible avec une quinzaine de coureurs au départ et 5 classés, les derniers arrivant en milieu d’après-midi. Depuis ils ont réduit la voilure. »

Car ne vous fiez pas au kilométrage, « Le Belle Martiniquaise » est une épreuve terrible. Philippe à l’époque s’alignait sur un parcours de 110 kilomètres, similaire au parcours de 95 bornes proposé ce mercredi. « Ce qui est terrible, ce n’est pas la chaleur en elle-même. 30 degrés, ce sont des températures qu’on peut connaître sur des courses en métropole. Sauf que là, nous sommes en automne. Le corps n’a pas connu de montée en température progressive sur tout le printemps. Il y a une acclimatation qui pose problème. » Arriver une semaine à l’avance – muni d’une solide réserve d’écran total – n’est pas donc pas un luxe. D’ailleurs les épreuves locales, type Tour de Guadeloupe ou de Martinique, voient souvent les coureurs de métropole en grande difficulté les premiers jours. « Et sur la cyclo c’est pareil. Passée la première difficulté on voit ceux qui se sont adaptés ou pas. Rouler un peu avant sur l’île est important. Sans oublier aussi de se laisser le temps de récupérer du décalage horaire. »

Car la course elle-même n’est pas de tout repos. « On est tout le temps en prise. Les 30 premiers kilomètres vallonnés, ça roule vite, entre 35 et 40 km/h. Et niveau difficulté, ça se gâte passée la première grosse bosse. Il ne faut pas s’y mettre dans le rouge. Car derrière, il y a le vent. » Effectivement, partis du centre de l’île, les coureurs remontent ensuite vers le nord, par la côte atlantique. « Et là, il y a les alizées qui viennent de côté. Il ne faut surtout pas se retrouver seul. Les plus forts montent des éventails et se relaient. » Le dernier tiers de la course enchaîne les difficultés. Les cols ne dépassent pas les 6 ou 7 kilomètres, mais proposent des pourcentages très très durs. Les vainqueurs sont d’ailleurs généralement des coureurs solides qu’on retrouve aux meilleures places des cyclos de l’hexagone.

Et au-delà des 30 degrés sous lesquels se déroule l’épreuve – nous sommes proches de l’Equateur et le soleil est au Zénith à midi, en pleine course – il faut ajouter l’humidité. L’air y est chaud et étouffant. « A chaque édition j’ai eu droit à une courte averse. L’eau est tiède ce n’est pas désagréable mais ça ne refroidit pas l’air. On voit l’eau presque fumer en tombant sur le sol. Cela sèche très vite mais peut être violent. » Cela a également une conséquence sur le « pilotage ». Si les grandes routes sont plutôt bien entretenues, les voies communales sont parfois plus dangereuses. « Dans les descentes il faut faire très attention, et surtout quand on est pris dans une averse ! »

Reste que Philippe confie avoir bien envie d’y retourner rien qu’à en reparler. « D’abord cela permet d’évoluer dans des paysages magnifiques. Et puis l’ambiance est bonne. Les Antilles sont une terre de vélo. Sur les critériums les nocturnes il y a toujours plein de monde. A l’arrivée de la Belle Martinique, il y a un vrai public, le soir les chaînes locales proposent des reportages sur la course. Tout cela c’est très festif, il y a de la restauration locale, des danseuses. » Le peloton lui-même est festif. « Ça  parle fort, ça rigole, c’est désinvolte. Il faut faire attention à sa ligne, car c’est parfois un peu foufou. Mais c’est vraiment sympa. » Et puis, ce n’est évidemment pas la cyclo où l’on rejoint sa voiture et son domicile une fois la ligne passée. Il n’est nul besoin de décrire ici les possibilités de récupération offerte par ses charmantes contrées…

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