Kilomètres verticaux, du OFF au ON !

Montées sèches, challenges verticaux et autres petits plaisirs ascensionnels. Chronique de Christophe Boebion.

montée sèche

Un mardi, il est 19h sur la place de ce petit village d’une vallée reculée de Savoie. Normalement tout devrait être calme mais ce soir, un drôle de manège se met en place sous l’œil incrédule et amusé des habitants. Petit à petit une cinquantaine de coureurs se rassemblent, se saluent, l’ambiance est bon enfant, tout le monde se connaît plus ou moins. Aucune publicité n’a été faite pour l’événement  seul le bouche à oreille a fonctionné.  

Les dernières consignes sont données sans qu’il n’y ait vraiment d’organisateur désigné. Le sommet est juste là, au-dessus et tout le monde a les yeux rivés dessus. Chacun se chronomètre, quelques balises pour les passages délicats et c’est le premier là-haut ! Bonne course (le mot est dit) et c’est parti !

L’ambiance à l’arrivée : moment de partage de détente après l’effort intense pour profiter de la fin de journée (photo BGSA)
L’ambiance à l’arrivée : moment de partage de détente après l’effort intense pour profiter de la fin de journée (photo BGSA)

Si ces épreuves paraissent un peu irréelles et pourraient passer complètement inaperçues, elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à voir le jour dans nos montagnes. Et l’effort est bien réel et d’une intensité parfois douloureuse. Pas de chichi, pas de tralala, aucun dress code, seul le dépassement de soi prime et l’envie de se confronter entre copains. Le niveau est parfois spectaculaire et les chronos réalisés affolant avec les plus grands noms du trail, de la course ou d’autres sports, venant ici pour un entraînement, pour se tester ou simplement pour savourer cette ambiance si particulière et authentique.

Alors, phénomène de mode ou simple mouvement marginal dans le monde de la course nature qui a tendance à être victime de ses propres contraintes et qui s’éloigne de l’esprit désinvolte originel de courir librement dans la nature  ?

montée sèche
Le podium aussi simple que le principe de la course et pour seul récompense un beau sourire qui restera gravé (photo BGSA)

Ces épreuves un peu particulières ne sont pas nouvelles et existent depuis une quinzaine d’année (La monté de la Roche du Guet à coté de Chambéry en est à sa 14ème édition) et un challenge comme le Grésivaudan Xpress existe maintenant depuis 6 ans. Des grands noms comme Mathéo Jacquemoud , Axelle Mollaret ou encore Julien Chorier viennent régulièrement s’y faire la main, loin des projecteurs et des médias mais sont parfois obligés de batailler ferme avec un local inconnu à la VMA surdimensionnée.

Normalement, il n’y a pas de dossard, chacun se chronomètre (sous sa propre responsabilité), le parcours est souvent libre pour rejoindre le sommet ou le col au plus vite. A l’arrivée ? Un casse-croûte où chacun apporte ce qu’il veut : cela fait office de cérémonie de clôture et de participation aux frais.

Mais des stations comme Courchevel, intéressée par ce concept, ont misé sur ce genre d’événements en organisant un challenge tous les jours de pleine lune : les Dynafit Moontnain race remporté l’an dernier par Julien Rancon et Stéphanie Duc (tous les deux champions de France de trail).

Ce qui séduit l’organisateur ? La simplicité quand pour organiser un trail, cela devient de plus en plus compliqué. Pour le coureur pas de prise de tête, en semaine, à côté de la maison pas besoin de s’inscrire, c’est comme on peut au dernier moment et le défoulement comme le plaisir sont toujours au rendez-vous.

Là encore le besoin de règles et de normes ont poussé certains organisateurs à normaliser ces courses pour en faire des kilomètres Verticaux (1000 m de dénivelé positif pour un maximum de 5 km de distance) et la Fédération organise cette année pour la première fois les championnats de France de kilomètre vertical, à Vésubie, le 29 juin, voir la fiche).

Mais une question se pose : ne s’éloigne-t-on pas encore de cette soif de liberté et de non conformisme de tous ceux et celles qui veulent simplement courir sans règle préétablie dans les montagnes ?

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