Killian Jornet, à l’assaut de l’Everest

Kilian Jornet va relever cet été le défi de l’ascension de l’Everest (8 848 m), dernier sommet du projet Summits of My Life.

Kilian Jornet -Foto Ara Llibres-001

On ne le présente plus… Kilian Jornet, l’ultraterreste qui a battu plusieurs records sur toutes les montagnes du monde, envisage pour cet été ce qui sera probablement l’un des défis les plus exigeants de Summits of My Life et de sa vie : l’ascension de l’Everest.

À 8 848 mètres d’altitude il tentera d’établir le record de vitesse, montée et descente comprises. L’expédition de ce géant s’effectuera dans un esprit minimaliste et puriste, puisque l’ascension sera réalisée en style alpin : sans oxygène ni cordes fixes, ni camps intermédiaires et uniquement avec du matériel léger. L’ambassadeur de « l’alpi-trail » – ce croisement qui fait parfois polémique entre l’alpinisme et le trail –  frappe une nouvelle fois.

« L’ascension de l’Everest sera sans doute l’une des plus exigeantes auxquelles je serai jamais confronté. Tout sera prétexte à l’apprentissage : comment mon corps réagira-t-il à l’altitude ? Pourrons-nous aborder la montagne comme nous avons l’habitude de le faire dans les Alpes ? Je me prépare pour cet objectif depuis de longs mois et j’ai hâte de commencer. Le projet Summits of My Life m’a toujours permis d’aller de l’avant et ce sera encore le cas cette fois-ci », explique Kilian Jornet.

Un défi sans oxygène ni cordes fixes et avec matériel léger. Tout cela pour être sûr, comme il l’explique, de : « pouvoir [se] déplacer plus vite. En utilisant du matériel léger, nous pouvons avancer plus vite, même si nous savons que cela implique un risque plus grand. Nous sommes conscients de ce risque et nous l’assumons, car c’est de cette façon que nous aimons aller en montagne. ».

Une volonté, en lien avec la philosophie de vie qui le caractérise, la simplicité. Cette apparente décontraction, se traduit sur le terrain par une véritable rigueur dans l’effort comme dans la préparation. En effet, Kilian Jornet et le reste de son équipe prévoient de passer 6 semaines à 2 mois – précédant leur départ (début août) – afin de s’acclimater convenablement et attendre les conditions pour faire une tentative.

Pour ce projet, ils ont choisi une voie peu fréquentée située sur la face nord. En fonction des conditions, l’équipe envisage l’ascension par le couloir Norton ou Horbein. Le départ aura lieu à partir du dernier endroit habité de la région : le monastère de Rongbuk (Tibet) à 5 000 mètres d’altitude.

De là, il faudra atteindre le sommet puis revenir au point de départ. Depuis le monastère, Kilian Jornet devra parcourir 30 kilomètres avant d’arriver au camp de base avancé de la face nord, parfois appelé le camp des zombies, à 6 500 mètres d’altitude et, de là, enchaîner l’ascension jusqu’au sommet, à 8 848 mètres.

Il s’agira de la première expérience au-dessus de 8 000 mètres pour Kilian : « Nous devrons être vigilants sur la façon dont notre corps réagira à l’altitude. Cette expédition sera, avant toute chose, un moyen d’apprendre, car nous savons déjà qu’il nous reste un long chemin à parcourir. La préparation constituera l’élément-clé, mais il nous faudra également de la patience pour découvrir ces hautes montagnes. ».

L’équipe sera composée de Jordi Tosas, alpiniste et grand connaisseur de la région, et des deux cameramen et guides de montagne Sébastien Montaz-Rosset et Vivian Bruchez. Une équipe réduite pour un défi majuscule, avec en tête la volonté d’apprendre :

« Le fait que nous arrivions à faire le sommet dépend de nombreux facteurs. Dans tous les cas, si nous n’atteignons pas le sommet, ce ne sera pas un échec. Au contraire, ce sera un moyen d’apprendre. Je sais que, quoi qu’il arrive, nous rentrerons de l’Everest en ayant appris quelque chose. C’est la montagne qui commande et nous devons rester humbles face à elle. La montagne sera toujours là, à nous attendre, pour une prochaine occasion. » admet Kilian Jornet.

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