Jean Louis Bourdeau – Le Grand Trophée : « La sécurité a un coup énorme quant il s’agit de sécuriser un territoire sur 180 kilomètres »

En 2016, l‘organisation d’épreuves cyclosportives poursuit sa professionnalisation. De plus en plus d’épreuves sont regroupées sous l’égide de plusieurs gros organisateurs plus aptes à appréhender les enjeux, notamment financiers, de ces immenses événements. Lepape-info a fait le point avec Jean-Louis Bourdeau, directeur des événements sportifs chez Sport Communication & Top Club France, organisateur du Grand Trophée.

course cycliste

Lepape-info : Quels sont pour vous les principes de base de la réussite de ce fameux Grand Trophée qui regroupe parmi les cyclopsportives les plus prestigieuses ?

Jean-Louis Bourdeau : Cela fait maintenant des années que nous avons regroupés ces épreuves. Nous tenons à ces rendez-vous qui sont devenus des incontournables du calendrier cyclo. Nous respectons un modus operandi clair : des épreuves modérées en début de saison, une montée en puissance à l’approche de l’été avec notamment les épreuves alpines, et des épreuves à nouveau plus calmes en fin de saison. Même si notre marque de fabrique cela reste des épreuves exigeantes.

Lepape-info : Le calendrier florissant des cyclos vous oblige-t-il à jongler avec les dates ?

JL.B : Nos rendez-vous sont suffisamment ancrés dans le calendrier pour que nous n’ayons pas à regarder ce que font les autres. Maintenant il est clair que le calendrier civil se décale un jour par an, donc au bout de 6 ans il faut se repositionner une semaine plus tôt.

Lepape-info : La concentration des épreuves dans les mains de quelques organisateurs c’est le sens de l’histoire ?

JL.B : Nous avons toujours organisé plusieurs épreuves. Nos clients savent ce qu’ils vont retrouver sur nos épreuves, en termes d’organisation. Cela garantit une homogénéité dans l’accueil. Ce sont nos mêmes équipes que l’on retrouve sur différents événements même si nous travaillons aussi avec les acteurs locaux. Après ce n’est pas forcément plus simple financièrement. Nous recevons beaucoup moins d’aides que certains organisateurs associatifs. Nous avons beau organiser plusieurs épreuves dans les Alpes nous ne recevons pas un centime de la région Rhône – Alpes, ni du département de l’Isère.

Lepape-info : Le prix des épreuves augmente sans cesse, entend-on sans arrêt…

JL.B : Nous faisons en sorte de maîtriser les choses, mais c’est clair que les aides en sponsoring comme celui des collectivités est très faible. La sécurité a un coup énorme quand il s’agit de sécuriser un territoire sur 180 kilomètres ; c’est autre chose qu’organiser un triathlon sur un périmètre urbain. Il y a 25 ans, le participant finançait par son inscription 30 % du prix de revient, aujourd’hui c’est 80 %. Et comme le consommateur de ce genre d’événements est devenu très exigeant, il faut bien financer tout ça. Il est sûr que d’être un gros organisateur permet de maintenir certains événements légèrement déficitaires s’ils valent le coup.

Lepape-info : On vous sollicite souvent pour reprendre des événements en difficulté ?

JL.B : Sans arrêt. Mais il faut que cela représente un intérêt important. On ne va pas rajouter une course à toutes celles qui existent dans les Alpes. Nous avons une clientèle internationale, on ne va pas les faire venir juste pour grimper l’Alpe d’Huez. Notre but est de couvrir un maximum de territoires, de proposer des parcours haut de gamme, difficiles, et avec un fort intérêt touristique. Nous sommes venus en renfort sur la Labépie, parce que c’est une belle épreuve, que les Pyrénées méritent ce genre d’événement, qu’il y a moyen évidemment de bâtir un parcours digne de la légende de ces routes cyclistes.

Lepape-info : Peut-on attendre des nouveautés dans le futur ?

JL.B : Nous avons un public assez conservateur. Le cycliste aime bien s’étalonner sur des parcours similaires. Maintenant, beaucoup de nos épreuves sont en montagne, et la nature dicte sa loi. Il peut arriver que certains cols ne soient pas praticables. Joux-Plane est une route régulièrement abîmée par l’hiver et il n’y a que quelques mois dans l’année où les travaux sont faisables, du coup un an sur 3 ou 4, il est fermé l’été. L’an dernier des routes ont été fermées sur La Marmotte à cause d’un éboulement. Et puis il y a d’autres impondérables ; nous traversons parfois 200 communes sur une épreuve ; il suffit qu’une d’entre elles organise ce jour-là une kermesse ou la fête à la saucisse et il nous fait aménager le parcours.

Lepape-info : Vous développez dans l’ombre des parcours vedettes –les Granfando – des parcours intermédiaires ou des randos, c’est un moyen de démocratiser la discipline ?

JL.B : C’est clair que l’objectif est d’amener le maximum du monde sur les grands parcours. Avec ces marche-pieds nous proposons un accès pour tous. Nous sommes clairement sur un sport de masse. Ceux qui viennent dans un trip compétition se trompent un petit peu : il y a les courses fédérales pour ça. Le cyclisme doit s’ouvrir davantage.

Lepape-info : Vous constatez une évolution sur la typologie des pratiquants ces dernières années ?

JL.B : Nous constatons un léger rajeunissement sur ces dernières années. Il y a aussi de plus en plus de complémentarité dans les pratiques : beaucoup de gens viennent du triathlon, du running, du trail. Et il y a enfin un début de féminisation. Même si ça reste surtout des femmes venues de l’étranger. Nous organisons cette année « Le Vercors  pour Elle », épreuve exceptionnellement réservée aux femmes. Nous croyons beaucoup en cette évolution.

1 réaction à cet article

  1. Le titre fait vraiment mal aux yeux! svp corrigez.

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