Jacky Durand évoque le Grand Prix Cholet – Pays de Loire et la Coupe de France

Si ce week-end les regards du pro-tour seront tournés sur Milan- San Remo, côté tricolore on guettera la nouvelle étape de la coupe de France PMU, le grand prix Cholet – Pays de Loire. Consultant pour Eurosport, Jacky Durand nous rappelle l’intérêt de cette course et de cette coupe de France, souvent bien plus exaltante que les courses mondiales.

JACKY DURAND

Lepape-info : Jacky, quelle place prend aujourd’hui cette coupe de France dans le calendrier cycliste pro ?

Jacky Durand : Bien sûr aujourd’hui quand on regarde le calendrier, les courses World Tour sortent du lot. Mais le faire que les grandes courses françaises se soient associées leur donne un impact sur le calendrier. Les dirigeants ont surtout pris une décision important en internationalisant le classement. Auparavant ne pouvaient participer au classement général que les coureurs des équipes françaises, qu’ils soient français ou non. Désormais les équipes étrangères, notamment les belges très présentes, peuvent prétendre au général, c’est un bien pour l’intérêt de ces épreuves.

Lepape-info : L’intérêt de cette coupe de France aujourd’hui, quel est-il ?

J.D : Il suffit de regarder le palmarès pour voir qu’il est parsemé de noms qui sont devenus des coureurs majeurs : Philippe Gilbert, Thor Hushovd ou encore Tony Gallopin l’ont emporté. La Coupe de France est une fantastique rampe de lancement. De plus, il y  également un classement des jeunes, qui permet aux espoirs de s’étalonner. Et puis il y en a pour tout le monde, des courses pour sprinters, d’autres pour baroudeurs, certaines où il faut savoir passer les bosses et des courses difficiles comme le tro-bro Leon. Même si c’est souvent des coureurs avec une belle pointe de vitesse qui s’illustrent au classement final, au fil de l’année on a la place pour tous les types de champions.

Lepape-info : De fait, les courses elles-mêmes sont souvent passionnantes ?

J.D : Oui, elles sont beaucoup moins contrôlées que les courses World Tour où parfois on s’ennuie jusqu’à ce que les coureurs s’expliquent dans la dernière heure. Là on a très souvent de vraies courses de mouvement, à l’ancienne. L’exemple le plus frappant c’est le Grand Prix de Denain, on a un parcours où on s’attend à chaque fois à une arrivée au sprint, et en fait il s’y passe toujours plein de rebondissements.

Lepape-info : Les spectateurs répondent présents, non ?

J.D : Oui, sur les routes on sent un véritable enthousiasme. Et les coureurs sont très accessibles. Aujourd’hui sur une course comme le tour, si vous n’avez pas une accréditation ou quelques connaissances il est difficile d’approcher les bus des coureurs. Sur ces épreuves on peut venir signer des autographes, faire des selfies c’est beaucoup plus sympa. Et à la télévision les audiences suivent. Il y a une vraie fan base pour ces épreuves. Même quand Eurosport les diffuse plusieurs jours après, les audiences sont satisfaisantes.

Lepape-info : Ce dimanche c’est le grand prix Cholet Pays de Loire, parlez-nous de cette course ?

J.D : C’est toujours une course animée qui convient aux baroudeurs solides : il faut être capable de frotter pour se présenter bien placé au pied des bosses à petites routes, il faut savoir passer ces bosses en question car certaines présentent de sacrés pourcentage et bien sûr  être doté d’une bonne pointe de vitesse également. Il faut être capable de courir avec le vent qui y tient toujours un rôle important. C’est une course pour des hommes solides type Sylvain Chavanel, ou encore Thomas Voeckler. Les Direct Energie sont quasiment à domicile, proches de leur siège, ils vont vouloir briller.

Lepape-info : Le classement par équipe a son importance ?

J.D : Surtout pour les petites. Les équipes World Tour comme la FDJ ou AG2R ne peuvent pas se permettre d’aligner leur équipe type à chaque fois. Mais pour des équipes continental Pro comme Fortuneo c’est intéressant ; comme pour des teams de divisions inférieures comme Marseille ou Roubaix c’est intéressant. Après pour pimenter l’intérêt, il faudrait penser à ce que font les italiens sur un challenge similaire : l’équipe qui remporte l’épreuve finale est automatiquement qualifiée pour le Giro, ça donnerait un enjeu supplémentaire, d’octroyer à l’équipe vainqueur du classement par équipe, un ticket pour le Tour de France.

Lepape-info : Peut-on dégager un favori pour cette coupe de France ?

J.D : Pas pour le moment. Cela se fait au bout de 5 ou 6 courses. Les gros noms du cyclisme qui peuvent remporter des courses de la coupe de France au gré de la saison ont parfois des objectifs plus importants et font l’impasse. A partir de la moitié de l’épreuve on commence à avoir une idée des coureurs placés qui vont se jouer le général jusqu’au bout.

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