Ironman : Un Championnat du Monde 70.3 so Nice ! – Paroles d’anonymes (Episode 1)

François-Xavier de Chateaufort

Quelques 6000 triathlètes ont participé au Championnat du Monde Ironman 70.3 de Nice. Chez les dames, la Suissesse Daniela Ryf s'est offerte un 5ème sacre mondial en 70.3 devant la Britannique Holly Lawrence et une autre Suissesse Imogen Simmonds. Coté Français, très belle performance de Manon Genêt 8ème. Chez les messieurs, le jeune Norvégien Gustav Iden (23 ans) s'est imposé devant le favori Britannique Alistair Brownlee et l'Américain Rudy von Berg. Le 1er Français Romain Guillaume termine 23ème. Dans le peloton, un peu plus loin, Jules Bouvet (918ème sur 3262 arrivants en 4h58'25) nous raconte son expérience. Entretien.

Jules Bouvet après l'arrivée au Championnat du Monde d'Ironman 70.3 à Nice
Jules Bouvet après l'arrivée au Championnat du Monde d'Ironman 70.3 à Nice

Lepape-info : Jules, comment s’est passé ce Championnat du Monde ?  

Jules Bouvet : Super, je suis très content de ma course que ce soit sur le moment ou après coup. C’est une belle victoire car j’ai réussi à prendre du plaisir sachant que je n’étais pas à 100%. Il a fallu gérer la longue attente stressante (1h40) au bord de la plage avant le départ car le parc à vélo fermait à 7h du matin pour le départ des pro alors que ma catégorie d’âge 25-29 ans s’élancait à 8h40. C’était bien pour une fois de partir dans la même course que les élites mais c’était nouveau pour moi et du coup plus difficile de rentrer dans ma course.

 

Lepape-info : La natation dans une eau à 24 degrés pour commencer ?

J.B : Faire la natation sans combinaison c’était une première pour moi. Cela m’a rajouté un peu de stress, d’autant que j’avais entendu le speaker nous dire que le temps limite était de 40 minutes pour 1,9 km ce qui n’est vraiment pas beaucoup. Apparemment je me suis trompé car j’ai vu que certains avaient nagé 1h dans d’autres catégories d’âge. Sinon l’eau était magnifique avec une houle légère qui pouvait donner un peu mal au coeur mais pas anxiogène comme à Deauville par exemple.

 

Lepape-info : La partie cyclisme avec les multiples bosses et le Col de Vence ? 

J.B : C’est la partie où j’ai le plus subi par rapport à mon état de forme physique. J’avais pas totalement récupéré des cuisses après l’IronMan de Vichy. J’avais choisi de prendre mon vélo de route parce que je ne me sentais pas assez en forme pour utiliser celui de contre-la-montre. Les bosses du début de parcours étaient vraiment dures et c’est là où tu te rends compte de l’importance de l’événement. Autant en natation j’ai l’habitude de me faire doubler mais là en cyclisme je me suis fait aussi quand même un peu roulé dessus par des compétiteurs un niveau au-dessus. Heureusement les ravitaillements arrivaient assez vite. Sinon le Col de Vence c’est un bel effort, j’ai pris le temps de profiter de la vue, je l’ai bien vécu. Dans la 1ère partie de descente linéaire je me suis encore fait doubler par ceux qui avaient des vélos de contre-la-montre. J’ai pris plus de plaisir dans la partie plus technique, j’ai fait une  »Rudy von Berg » (3ème) à ma manière avec de bonnes trajectoires. Je suis descendu avec un Italien on s’est bien amusés et j’ai remonté pas mal de monde.

 

Lepape-info : Enfin la course à pied (21,1 km) sur la promenade des Anglais ?  

J.B : Comme j’avais déjà fait l’Ironman de Nice, c’était un soulagement de faire l’aller-retour deux fois au lieu de quatre. Le parcours est sympa, nous nous croisons, on voit les autres triathlètes qui arrivent dans l’autre sens de la Promenade des Anglais. Je suis plutôt content de ma course à pied avec les moyens du bord au niveau physique. Je suis parti un peu vite en 3’50 au kilomètre. Un début de crampes à la cuisse m’a fait ralentir aux environs du 9ème / 10ème kilomètre. Après j’ai fini au mental, quand j’ai vu en faisant mes calculs que je pouvais faire moins de 5h je me suis dit que c’était un bel objectif. Je suis vraiment très satisfait d’avoir gagné la bataille mentale sur la fin de ma course.      

 

Lepape-info : L’ambiance dans la course entre vous ? 

J.B : C’est un Championnat du Monde, tout le monde est compétiteur, un peu excité. L’ambiance est différente que d’habitude où les triathlètes sont un peu plus  »friendly » entre eux. C’était la 1ère fois que je me retrouvais dans une course où il y’avait plus de 3000 personnes, c’était énorme et du coup il y’avait du monde tout le temps. Parfois c’était bizarre comme à la sortie de Nice il y’avait des barrières, des virages un peu dangereux avec parfois des blocs de béton et tout le monde bombardait comme si c’était là qu’on faisait la différence. C’était le seul petit bémol mais sinon le reste c’était très bien.         

 

Lepape-info : Le public notamment à l’arrivée vous a porté ? 

J.B : Tu avais un peu l’impression d’être sur le Tour de France avec le système de barrières rapprochées de part et d’autre, il y’a beaucoup de bruit, une vraie proximité, avec l’ambiance c’était très entraînant. C’est normal qu’à certains endroits les concurrents soient un peu plus livrés à eux-mêmes mais bon cela fait partie du jeu. En tout cas l’événement était très bien organisé.

 

Lepape-info : Place à la récupération, au repos maintenant ? 

J.B : Le soir, après l’arrivée, j’étais content que ma saison éprouvante soit terminée mais là maintenant j’ai déjà envie de recourir. L’an prochain, je veux refaire l’Ironman de Nice me tester, voir à quel point je peux me rapprocher du niveau de qualification pour les Championnats du Monde d’Ironman. L’objectif à moitié caché est de se qualifier mais bon je pense que le niveau est encore trop dense pour moi. J’ai le marathon de New-York en prévision et puis j’aimerai bien faire l’une des courses de l’UTMB, bref encore plein de beaux défis.           

 

 

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