Ironman : Un Championnat du Monde 70.3 so Nice ! – Paroles d’anonymes (Episode 2)

François-Xavier de Chateaufort

Quelques 6000 triathlètes ont participé au Championnat du Monde Ironman 70.3 de Nice. Chez les dames, la Suissesse Daniela Ryf s'est offerte un 5ème sacre mondial en 70.3 devant la Britannique Holly Lawrence et une autre Suissesse Imogen Simmonds. Coté Français, très belle performance de Manon Genêt 8ème. Chez les messieurs, le jeune Norvégien Gustav Iden (23 ans) s'est imposé devant le favori Britannique Alistair Brownlee et l'Américain Rudy von Berg. Le 1er Français Romain Guillaume termine 23ème. Dans le peloton, un peu plus loin, Thomas Ostré (1388ème sur 3262 arrivants en 5h08'31) nous raconte son expérience. Entretien.

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Lepape-info : Thomas, quel sentiment prédomine après ce Championnat du Monde 70.3 à Nice ?   

Thomas Ostré : De la joie parce qu’après seulement un an et demi de triathlon, j’ai pu participer à cet événement que je pensais inaccessible aussi rapidement mais à force de travail, tu te dis que tu vas y arriver et c’est ce qui s’est passé.

 

Lepape-info : Tout ne s’est pas passé comme prévu

T.O : Avec mon peu d’expérience, tu apprends tous les jours et là j’ai eu deux petites galères. La première c’est d’avoir oublié ma ceinture porte dossard à la première transition (natation / vélo). Du coup, à la sortie du parc à vélo j’ai du faire demi-tour pour aller chercher ma ceinture et tu te dis que c’est dommage de perdre ainsi trois minutes. La seconde, en essayant de vouloir trop bien faire les jours avant la course, je me suis surhydraté et j’ai perdu tous mes sels minéraux.     

 

Lepape-info : Une perte de sels minéraux que vous avez payé bien avant la fin de course  

T.O : Au 62ème kilomètre de vélo, j’ai une première pointe, une crampe aux quadriceps qui sort de nulle part alors que tout se passait bien jusqu’à présent. Je me dis c’est bizarre d’autant que j’avais déjà fait deux reconnaissances du parcours et que tout s’était bien déroulé les autres fois. Je m’hydrate un peu plus, je m’alimente et je pose le vélo après un bon chrono de 2h50 avant d’aborder la course à pied qui me tenait à coeur car généralement c’est là où je m’en sors le mieux. En plus tous mes proches (mes parents, mon amie, mon coach) qui étaient venus étaient là sur la promenade des Anglais. Je cours le 1er kilomètre en 3’45 comme prévu et je me rends compte que cela n’allait pas être possible. A chaque fois que je pliais mes jambes, j’avais une contraction qui ne repartait pas  et qui était de plus en plus forte à chaque impact. J’ai vu ma fin de course comme un chemin de croix. Dès le 2ème kilomètre, j’étais limité à devoir marcher à chaque ravitaillement pour au moins essayer de relancer la machine. J’avais des crampes aux deux quadriceps, aux deux ischio et aux deux mollets et là tu te poses un tas de questions. En plus vu le niveau, tu vois plein de gars qui te passent devant et tu te dis ce n’est pas possible, ce n’est pas moi !            

 

Lepape-info : Du coup vous avez géré comment ? 

T.O : J’ai pris sur moi, j’ai géré kilomètre par kilomètre je savais que contrairement à l’Ironman il y’avait deux boucles à faire au lieu de quatre. Je voyais mes amis sur le bord de la route à chaque passage près de l’arrivée et je me suis dit allez ça va le faire. J’ai fini avec seulement 10 minutes de plus de ce que j’avais prévu en course à pied. Par moments, j’avais des étourdissements, je voyais flou mais après coup je me suis dit attends tu as fait ton semi en 1h30, combien de personnes rêveraient de faire ce chrono juste en faisant un semi ?  C’est la première fois que je me mets dans le mal absolu avec des contractures de plus en plus fortes qui me faisaient monter les larmes aux yeux par moments et que je subis la course à pied.  

 

Lepape-info : Au final, vous êtes forcément fier d’avoir tenu jusqu’au bout  

T.O : J’ai surpassé ma douleur, tout mes proches étaient là, mon coach était fier de moi. Je me suis dit profite au lieu de penser au fait que j’avais fait un moins bon chrono que prévu. Je ne peux pas être déçu, l’événement était incroyable avec 3300 personnes rien que dans la course messieurs, tu avais l’impression que c’était une armée qui débarquait !  L’ambiance super sympa avec Nice une ville faite pour le triathlon cela te tire vers le haut, à un moment il y’a même un spectateur qui m’a vu en difficulté et qui m’a donné un bout de son sandwich !

 

Lepape-info : Prochain rendez-vous ? 

T.O : Je fonctionne au challenge comme lorsque j’ai fait le Norseman Xtreme Triathlon ou quand je suis allé chercher ma qualification à Shanghaï en terminant 4ème de ma catégorie d’âge (30-34 ans). Forcément Hawaï serait la consécration, est-ce que c’est faisable ? Je ne sais pas car la densité est incroyable. Il faut être capable de sortir des marathons en 3h10, des parties vélo qui sortent de l’espace et une natation plutôt propre. J’y pense forcément car cela me permettrait de boucler la boucle triathlon. Le chapitre n’est pas terminé il manque quelque chose. J’ai aussi envie de faire des courses un peu plus plaisantes en les partageant avec des amis, des copains qui se mettent au triathlon, ce serait sympa de les voir eux aussi en ch… sur d’autres courses !!        

 

 

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