Interview de Maud Gobert, victorieuse de la Marathon Race d’Annecy, le 27 mai 2012

Championne du monde de trail en 2011, Maud Gobert a remporté la Marathon Race (41 km, 2 700 m D+) dimanche 27 mai à Annecy. Elle nous livre son regard sur sa course et sur la performance de la Néozélandaise Anna Frost. Avant un clin d’œil à Kilian Jornet...

Maud Gobert

Lepape-info : Quel bilan tirez-vous de votre victoire sur la Marathon Race d’Annecy ?
Maud Gobert :
J’étais venue sur l’événement il y a 6 ans, c’était mon premier grand trail de 80 km. Là, j’avais décidé de faire le « petit » parcours. « Petit », mais c’est quand même un marathon ! C’est toujours aussi beau. Ils ont ajouté quelques kilomètres avec des bouts de bitume, ça pourrait peut-être être évité, mais il y a aussi des contraintes logistiques. C’est une belle épreuve, très bien organisée.

Lepape-info : Comment avez-vous géré votre course ? Quelles ont été vos sensations ?
MG. :
Je n’avais pas de grosse concurrence en face de moi. Corinne (Favre, ndlr) n’était pas là, Anna (Frost, ndlr) faisait le 80 km. Ces derniers temps, je ne me sentais pas forcément très en forme, là j’ai eu de bonnes sensations, j’ai couru à mon rythme. Je sentais que je commençais à reprendre goût à l’entraînement, alors  je me doutais que ce serait pareil en course.

Lepape-info : Vous étiez sur la Transvulcania le 12 mai dernier aux Canaries. Cette épreuve, disputée sous une forte chaleur, ne vous a-t-elle pas trop entamée physiquement ?
MG. : Non. Mais je n’étais tout simplement pas prête. Pas pour une telle épreuve à cette période. J’aurais pu l’être, mais ce n’était pas le cas cette année. J’ai quand même terminé la course parce que ce n’est pas dans mon tempérament d’abandonner. Hormis sur l’UTMB en 2010 où je ne prenais vraiment plus du tout de plaisir, je n’ai jamais abandonné. Mais je me sens mieux en montagne, ça me correspond plus. Sur la Marathon Race, il y avait quelques descentes très intéressantes.

Lepape-info : Que vous inspirent les performances d’Anna Frost, 4ème au général de la Maxi Race à Annecy, et large vainqueur de la Transvulcania ?
MG. : Anna, je l’ai connue sur la Transvulcania. Ca fait longtemps qu’elle est sur le circuit. Elle était notamment en équipe de Nouvelle-Zélande de montagne. Je crois qu’on va entendre parler d’elle de plus en plus. Je l’aime beaucoup. Elle est rigolote, pleine de vie, pas « rachitique » comme beaucoup de filles qu’on voit actuellement. D’ailleurs, on a un peu le même gabarit ! Elle ne se prend pas la tête, c’est sa force. Elle ne se prend pas au sérieux, ne se pose pas trop de questions. Quand elle a envie d’aller quelque part, elle y va. Mais elle ne fait que ça, elle voyage, elle n’a pas encore posé ses valises. Elle en profite, elle a raison ! Sur la Transvulcania, elle avait loué un van, elle est restée 6 semaines sur place. C’est une fille à suivre, elle est facile, a une bonne gestion. Elle aime s’entraîner, et elle a le temps de le faire. Certains, même en ayant autant de temps, n’en feraient pas autant qu’elle.

Lepape-info : Vous êtes aussi accompagnatrice en moyenne montagne et monitrice de ski. Quel regard portez-vous sur le « Summits of my life », le nouveau projet de Kilian Jornet ?
M.G. :
Kilian est quelqu’un d’exceptionnel, hors norme. Mais il reste humain, et quand ça ne va pas, ça ne va pas. Je crois qu’il en a assez, il a fait le tour, même s’il dit qu’il continuera à faire quelques courses. Si sa vie c’est la montagne, il a raison. C’est son rêve. La montagne est synonyme d’évasion. Kilian aime se retrouver face à lui-même, c’est quelqu’un de solitaire, tout en étant très proche de sa famille notamment. Mais la montagne reste sauvage, j’espère qu’il n’y laissera pas sa vie, comme plein d’autres l’ont fait.

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