INSEP : 27 disciplines sportives relevant de 21 fédérations

L’INSEP, pour qui, pourquoi !

Nom : INSEP, Institut National du Sport, de l’expertise et de la Performance. Vocation : former des champions. Rencontre avec Thierry Maudet , directeur général de l’INSEP et Jean-Claude Vollmer, chef du service du Suivi des pôles, des conditions d’entraînement et de l’encadrement éducatif des sportifs de haut niveau de l’INSEP sur des projets et perspectives de l’Institut.

INSEP

Lepape-info : Tous et toutes connaissent l’INSEP de nom mais quelles sont statutairement ses missions ?
Thierry Maudet  et Jean-Claude Vollmer
: Le nom INSEP est connu mais connaît-on la signification des initiales ? L’INSEP c’est l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance. De fait, il participe  –  conformément  aux dispositions du décret du 25/11/2009 – à la politique nationale de développement des activités physiques et sportives, particulièrement dans le domaine du sport de haut niveau. Nous contribuons à la protection de la santé des sportif(ve)s et à la préservation de l’éthique sportive.
Ses activités sont regroupées autour de 6 axes :

–          formation et préparation des sportif(ve)s de haut niveau, en liaison avec les fédérations sportives et dans le respect du double projet du (de la) sportif(ve)
–          animation du réseau national du sport de haut niveau
–          formation initiale et continue des acteurs du développement du sport
–          délivrance de titres propres et des diplômes nationaux
–          contribution à la recherche scientifique, médicale, technologique ; production et diffusion de connaissance en matière de sport de haut niveau ; valorisation de ses ressources documentaires
–          conduite d’actions de relations internationales et de coopération

Nous regroupons au final 27 disciplines sportives relevant  de 21 fédérations.

Lepape-info : Quelles sont les vocations de l’INSEP ?
T.M. et J-C V :
Former, en lien avec les fédérations,  les sportif(e)s qui monteront sur les plus hautes marches des podiums internationaux, en particulier pour des championnats du monde ou les Jeux Olympiques dans le respect du double projet (sport et formation).

Lepape-info : Quels sont les critères sportifs pour intégrer l’INSEP ?
T.M. et J-C V :
Une commission d’admission statue sur les demandes initiées et présentées  par  les Directeur (trices) Techniques nationaux (ales) des Fédérations Sportives . Cette commission, présidée par nous-même (NDLR : Thierry Maudet  et Jean Claude VOLLMER) comprend les représentants de la Fédération et des agents des différents  services  concernés de l’INSEP.
Les critères d’admission  dépendent de la nature des disciplines (jeunes sportif(ve)s en natation, tennis, basket-ball ou ensemble de l’équipe de France sénior en escrime, judo, taekwondo,…) et des politiques sportives fédérales adoptées par les fédérations et portées  par les directeurs (trices) techniques nationaux ( ales)( DTN) assorties d’objectifs assignés aux pôles France de l’INSEP .

Lepape-info : Combien de temps les sportifs restent-ils à l’INSEP ?
T.M. et J-C V :
C’est  vraiment très variable d’un sport à l’autre : majoritairement entre une et deux Olympiades (4 à 8 ans). Certains sportif(ve)s sont présent(e)s en tant qu’internes durant leur formation scolaire/universitaire  et sont  présents par la suite uniquement pour l’entraînement. D’autres interrompent leur carrière puis reviennent (Sébastien FLUTE – Tir à l’arc-, Pascal GENTIL -taekwondo …). Certains présentent, enfin, des carrières d’une incroyable longévité (Christine ARRON et Murielle HURTIS – athlétisme-, Laura FLESSEL –Escrime-,  Frédérique JOSSINET – Judo. ..)

Lepape-info : Lorsqu’un sportif a obtenu son ticket d’entrée, son statut peut-il être remis en cause ? Pour être clair, peut-on être exclu de l’INSEP ? Pour mauvais résultat, pour mauvais comportement  etc… ?
T.M. et J-C V :
Le statut peut, évidemment, être remis en cause de manière très régulière. Il faut  distinguer les cas de départ  pour des raisons sportives (prononcées à la demande de la Fédération) et les exclusions  pour comportement (s), sanctions prononcées par le Directeur Général de  l’INSEP suite  notamment à la décision du Conseil de Discipline de l’établissement.

Lepape-info : Quels rapports entretenez-vous avec les anciens de l’INSEP ? Sont-ils associés à des opérations ? Est-ce qu’il y a un suivi ?
T.M. et J-C V :
Un lien très fort se tisse entre les sportif(ve)s de l’INSEP et l’établissement. De nombreux(ses) « anciens »(nes) sont présent ( e ) s dans l’établissement selon différents statuts, soit en restant partenaires associés à des entraînements,  soit en revenant après leur formation comme entraîneur(e)s ou cadre techniques au sein d’une Fédération, sportif(ve)s .
D’autres sont recruté(e)s par l’établissement au sein des différents Services , Missions, Directions.
Pour les personnes quittant l’INSEP vers d’autres horizons et qui ne sont pas forcément amenés à rester en contact avec l’INSEP, le suivi est plus difficile. Une association, les « Amis de l’INSEP » regroupe de nombreux Anciens de l’INS ou de l’INSEP. Il revient en outre à l’ASHNI de développer des initiatives en direction des ancien(ne)s. il s’agit là d’un sujet important tant pour les SHN (offres d’emplois) que pour l’établissement lui-même (perception de la taxe d’apprentissage par exemple).

Le cardio-training et la musculation : sans eux pas de préparation

Lepape-info : L’équipement de musculation et de cardio training semble s’accentuer d’année en année. Quelle est, aujourd’hui, la part de ce type d’entraînement dans la préparation des sportifs de haut niveau ? Quels sont les objectifs de ce type de préparation et pourquoi cette part de l’entraînement a-t-elle pris autant d’importance ?
T.M. et J-C V :
La part de ce type d’entraînement est fondamentale  s’agissant du travail des différentes expressions de la force (musculation). L’équipement cardio-pulmonaire est surtout un moyen d’échauffement et un moyen de récupération.  Ce dernier représente, aussi parfois, une alternative aux procédés classiques de travail.  Tous ces appareillages sont également utilisés dans le cadre de la ré- athlétisation du (de la) sportif (ve) suite à des blessures par exemple.

En étant un peu plus concret, la force peut être considérée comme une capacité motrice de base ; elle est  peut-être  « la mère » de toutes les autres. Il n’y a pas une discipline qui échappe au principe de l’entretien et du développement de la force : la réussite des cyclistes sur piste depuis 20 ans s’explique pour  une grande part par l’intégration judicieuse (assimilable et permettant un transfert vers les habiletés techniques) de la musculation dans la préparation des sportif(ve)s ; le tir à l’arc (DTN/PF) est également très intéressé par le travail qui peut être entrepris pour améliorer la posture d’une manière générale ainsi que le positionnement et le maintien de l’arc.

Lepape-info : Comment sont perçus par les sportif(ve)s ces changements dans l’entraînement ?
T.M. et J-C V :
Ils apparaissent comme normaux et utiles pour trois raisons essentielles :
1. ils(elles)  comprennent l’intérêt de cette approche qui a été le plus souvent déjà intégrée par leurs concurrents ;
2. ils (elles) y ont été formé( e )s progressivement ;
3. ils (elles) en ressentent directement les bienfaits et les apports .

Lepape-info : Est-ce qu’on a atteint le summum de l’utilisation des appareils (muscu, cardio …) ou est ce qu’il y a encore des développements possibles, des attentes des sportif(ve)s et entraîneur ( e )s ? En résumé, est-ce que cette partie de l’entraînement va encore augmenter ?
T.M. et J-C V :
Je parlerai plutôt « d’optimum » que chacun en fonction de son sport et de ses besoins, doit rechercher. La demande est très hétérogène. Il y aura toujours des besoins, tel celui par exemple, de pouvoir obtenir des informations en retour sur la nature du travail accompli à l’occasion de chaque répétition et/ou série…

En ligne de mire : les JO 2012 à Londres

Lepape-info : L’INSEP est en pleine rénovation, quels sont les chantiers terminés, toujours en cours et à venir ?
T.M. et J-C V :
Le complexe Christian d’Oriola, accueillant les pôles France lutte, taekwondo, gymnastique (rythmique, artistique féminine et masculine), les espaces de musculation et de récupération, est utilisé depuis août 2009.
Le complexe Nelson Paillou (badminton, basket-ball, tir) a été livré début juillet  2011. Le complexe Marie Thérèse Eyquem (judo) sera livré en avril et juin 2012. Les 4 terrains de tennis en terre battue (couverts) seront livrés fin mars 2012.
Mais ce n’est pas terminé, de nombreux chantiers vont débuter en 2012 simultanément  les uns à la suite des autres :

–          la construction du bâtiment pour le tir à l’arc (en juillet 2012 pour une livraison en  avril 2013),
–          la reconstruction du stade aquatique Emile Schoebel (en octobre 2012 pour une livraison en mars 2014),
–          la rénovation du complexe jean Letessier (à partir du dernier trimestre 2012 pour une livraison en septembre 2013).

Tout sera terminé en 2014, avec la construction des aires de lancers et d’un 2ème terrain de grands jeux ainsi que la finalisation des espaces paysagers.

Lepape-info : Quels sont les grands axes de développement au niveau des installations pour les dix années à venir ?
T.M. et J-C V :
Après la rénovation du bâti qui sera terminée fin 2014 mais qu’il  faudra savoir et  pouvoir maintenir à un haut niveau qualitatif , il conviendra de  réussir l’adaptation  permanente des ressources humaines pour répondre de manière efficace et rapide aux  fortes exigences du Sport de haut niveau international et des contraintes qu’il impose en termes de préparation aux sportif(ve)s. Il faudra donc, dans l’esprit du double projet qui caractérise l’INSEP, être capable de nous adapter en permanence dans l’objectif de répondre à la concurrence internationale et de rester le 1er centre international de formation des sportifs de haut niveau au monde.

Lepape-info : Et au niveau de l’INSEP en général ?
T.M. et J-C V :
Nous devons poursuivre notre démarche  volontariste et méthodique d’optimisation d’usage de nos diverses installations.
Par exemple en continuant à ouvrir nos installations sportives et nos salles de  réunions et de conférences  à un public extérieur (fédérations non présentes en permanence, clubs amateurs ou professionnels, entreprises, public …). Cette démarche est importante  mais elle se fait (et se fera) toujours dans le respect de la priorité accordée à l’utilisateur principal de l’Institut : les sportif(ve)s de haut niveau.

Lepape-info : Justement, une ouverture au public de certains équipements est-elle envisageable ? Réaliste ? Impossible ?
T.M. et J-C V :
Cette  ouverture des équipements sportifs est déjà d’actualité. Il y a bien évidemment toujours, en amont, via les responsables pôles France,  une prise en compte des besoins des  pôles France dans l’utilisation des équipements. Lorsque ces derniers sont absents, en stages, en compétition ou bien au repos, une ouverture à d’autres publics est possible.
L’ouverture de la salle de musculation pour un public extérieur est aussi  actuellement à l’étude.

Lepape-info : Peu de personnes connaissent votre activité en détails. Quels sont vos supports pour  communiquer sur les actions de l’INSEP ?
T.M. et J-C V :
Nous avons un site internet majeur de l’INSEP (www.insep.fr) et des « dérivés ». L’ISP (un serveur destiné aux entraîneurs), ou encore Canal INSEP (http://www.canal-insep.fr/,…avec des vidéos). Nous avons aussi la lettre : INSEP infos, la lettre Perf’Infos et une lettre électronique «  Réflexions Sport » .

Lepape-info : En trois mots, quelles images souhaiteriez-vous que le public ait de l’INSEP ?
T.M. et J-C V :
Excellence… Qualité … Pro-activité

Lepape-info : 2012 est une année particulière avec les JO. Quels sont les conséquences au niveau de l’organisation à l’INSEP ? Est-ce qu’il y a plus de tension, d’évènements, de demandes d’équipements ?
T.M. et J-C V :
Une année olympique est forcement ( qu’on le veuille ou non)  particulière ; le rôle de l’INSEP à travers ses Directions, Missions et Services est de tout mettre en œuvre pour placer les sportif(ve)s dans les meilleures conditions possibles et les accompagner, vers les podiums olympiques.

Lepape-info : Quel est votre vœux le plus cher pour ce deuxième semestre 2012 ?
T.M. et J-C V :
L’objectif pour la France aux Jeux Olympiques de Londres, c’est d’obtenir autant de médailles qu’à Pékin (2008) soit 41 médailles (dont 21 réalisées par des Insépien(ne)s,)  (dont 14 en or) et 52 pour les Jeux Paralympiques (dont 16 en or) pour les Equipes de France Olympique.  Pour l’INSEP  un maximum d’INSEPiennes et  INSEPiens médaillé(e)s . Mais avouons-le , la tâche sera rude, très rude. D’une part parce que les très grandes nations sportives (Chine, USA , Russie, Allemagne) seront au rendez-vous. D’autre part parce que beaucoup de « petits pays »  glaneront une médaille par ci par là  et que le «  home advantage » jouera à plein en  faveur du bloc anglo-saxon.

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