Hassan Chahdi, premier Français au Marathon de Paris

Pour son deuxième essai sur la distance reine, l’international Hassan Chahdi a réalisé 2h10’20 hier lors du marathon de Paris.

Crédit photo : Romain Donneux

Quand il est arrivé en bout de ligne droite, Hassan Chahdi a aperçu la grande arche d’arrivée avec les secondes qui défilaient. L’international français savait déjà qu’il ne casserait pas la barrière des 2h10 comme il l’avait ambitionné. Mais au bout d’un dernier sprint rageur, Chahdi bouclait les 42,195 km en 2h10’20, soit plus de cinq minutes de mieux que lors de son premier essai sur la distance en avril 2016 (2h15’59 à Rotterdam). Autant dire que le contrat était quasiment rempli. « C’a été très dur sur la fin, avouait-il. Mais je me suis battu. Quand je me suis retrouvé tout seul, j’ai essayé de trouver mon propre rythme et de ne pas paniquer. J’avais des souvenirs de Rotterdam où j’avais couru à 12 km/h sur la fin. Là, je savais que j’étais mieux et ça m’a aidé à m’accrocher. »

 

Parti sur des bases un peu plus élevées que prévues en compagnie notamment des Français Jean-Damascène Habarurema et Benjamin Malaty (1h04’10 au semi au lieu de 1h04’30), Hassan Chahdi s’est retrouvé tout seul à partir du 28e kilomètre. Mais alors qu’il avait explosé lors de son premier essai, cette fois le Français a résisté à la distance pour devenir le 12e Français le plus rapide de l’histoire sur marathon. « Musculairement, j’ai senti très vite que c’était dur. Je m’attendais à être un peu mieux. J’ai encore du travail à faire au niveau du kilométrage car j’ai souffert assez vite dans la course. »

 

Prendre encore de l’expérience

Entrainé par Jean-Claude Vollmer du côté de l’INSEP, Hassan Chahdi est en effet un marathonien en devenir, puisqu’il est tout jeune sur la distance et que son entrainement n’est pas encore, en quantité, digne des grands champions sur la distance. « J’essaie toujours d’expliquer que chacun est différent, explique Jean-Claude Vollmer. Je pense qu’on a trouvé la bonne formule pour Hassan. Ça ne veut pas dire que tout le monde pourra en bénéficier. Maintenant, forcément, il va faire plus de bornes. Il va monter un peu. Mais il ne fera jamais 200 km comme peuvent le faire d’autres. »

Pour l’heure, pas question d’entrainement pour le nouvel étendard du marathon français. D’ailleurs, même les Championnats du monde de Londres (4-13 août) ne sont pas prévus à son programme alors qu’il a réussi les minima (2h12). « Il n’ira pas aux Championnats du monde, prévient Jean-Claude Vollmer. Je ne suis pas capable de préparer quelqu’un en si peu de temps. Là, il va avoir trois semaines de coupure. Il va s’occuper de sa femme, de son mémoire. Ensuite, je veux qu’il récupère bien. »

« Il faut que je prenne soin de moi avant de revenir », conclut Hassan Chahdi. Bien récupérer pour mieux repartir car maintenant c’est sûr, il est un marathonien, un vrai.

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