Entreprise : les bienfaits du sport, et du cyclisme en particulier

Le sport à destination des entreprises, la France s’y met peu à peu. Et les bienfaits du cyclisme ont toute leur place dans cette stratégie encore en développement.

vélo trek

C’est presque par hasard que Jean Baptiste Wiroth de la société WTS, ancien VTTiste et coach sportif, s’est approché du travail en direction des entreprises, organisant notamment une épreuve cycliste par étapes, la Nice – Mont Ventoux, à destination des chefs d’entreprises. « A force de coacher des patrons de PME mais aussi des professions libérales, je me suis rendu compte qu’il y avait un besoin. Ces chefs d’entreprises ont commencé à me solliciter pour accompagner des groupes de salariés. »

Au début, le plus facile à mettre en place reste la course à pied. De nombreuses épreuves existent comme ces divers marathons relais disputés en groupe. L’intervention du coach en entreprise permet à la fois d’élaborer des séances collectives mais aussi un suivi individuel personnalisé. Fort de premiers pas encourageants, notre coach a prospecté davantage de PME. « On a vite vu ce que l’exercice apportait en cohésion, en terme de santé aussi et en prévention de problèmes divers. Même si il est clair que les patrons personnellement sportifs sont plus faciles à convaincre. »

Pour les convaincre justement, il organise donc cette épreuve par étapes, la Nice – Mont Ventoux. Qui désormais affiche complet. Les patrons y vont, se prennent au jeu et la compétition prend tous ses droits sur les pentes du mont chauve. C’est aussi une opportunité pour ces entrepreneurs de prendre contact, le business n’est jamais très loin. Et c’est l’occasion pour Jean Baptiste de prêcher la bonne parole ; alignant ces arguments, regroupés en trois types de bénéfices.

De nombreux avantages pour les salariés et les entreprises

Tout d’abord, le bénéfice salarié. « En pratiquant le sport, aidé en cela par une prise en charge adaptée, le salarié y gagne une meilleure santé, une condition physique optimisée et l’on prévient mieux les maladies modernes, que ce soit le stress ou le mal de dos ». Le second bénéfice se situe dans le domaine de la santé publique. « Nos populations sont de plus en plus sédentaires. Avec le sport en entreprise, l’objectif devient sociétal. Les diabètes, les cancers peuvent se réduire ainsi, la population devient en meilleure santé et cela peut contribuer, à terme, à la réduction du déficit de la sécurité sociale ». Enfin, bien évidemment, il y a le bénéfice entreprise, très apprécié par chaque patron. « Avec des salariés en meilleure santé, on prévient l’absentéisme. » Une étude Goodwill commandée par le Medef et le CNOSF et publiée en septembre 2015 a montré des gains de productivité évidents dès 6 mois, dans les sociétés qui organisaient ce type de programmes. « Et puis il y a bien sûr, tout l’aspect cohésion d’équipe qui tire l’entreprise vers le haut. Les patrons sont évidemment très sensibles à ces arguments. »

Cyrille Zaprilla a justement participé plusieurs fois à la Nice – Mont Ventoux. Salarié de la société immobilière DTZ Immobilier, il a vite saisi les bienfaits de l’activité. « J’ai atteint un meilleur équilibre. Je pédale le matin, j’arrive déjà réveillé, je n’ai pas de coupure à subir, je suis actif d’entrée de jeu. » Pour lui la fatigue n’est pas mauvaise conseillère, pas la fatigue sportive en tout cas. « On a vidé ses toxines, on ne s’énerve pas, on ne s’agite pas, on va à l’essentiel. »

Même si la France a du retard sur les moeurs en vogue de l’autre côté de l’atlantique où, dans certaines grandes sociétés, la pratique du sport au sein de l’entreprise est obligatoire par contrat, le sport en entreprise a tout l’avenir devant lui. « Aux USA, certaines grandes enseignes installent des salles de sport dans l’entreprise. Ceux qui ne pratiquent pas ne peuvent prétendre à aucune prime, et parfois cela peut être un motif de licenciement. »

Un sport peu traumatisant 

Nous n’en sommes pas encore là, mais les organisateurs d’épreuves sportives ont compris l’enjeu. ASO organise d’ores et déjà son challenge inter-entreprises Run At Work. Le vélo, n’est certes pas le sport le plus facile à implanter d’entrée –  il est plus facile de s’équiper pour le running – mais il possède de forts atouts. « Le côté élitiste peut être un attrait pour certaines catégories sociales. Autrement, le développement du biking en salle est intéressant dans cette optique aussi. » Et le cyclisme peut compter sur ses atouts naturels. « Comme c’est un sport porté, on peut le pratiquer proche de la retraite et envisager de continuer ensuite. Il peut faire office de moyen de transport et cet aspect mobilité durable est un axe de communication écologique très fort. Enfin, on peut discuter en pratiquant, ce qui peut toujours être intéressant pour évoquer les travaux en cours, ou parler business. » Pour Cyril, la « douceur » du sport cycliste est un avantage énorme. « Contrairement à la course à pied, on sort de sa séance sans mal de jambes, il n’y a pas d’impact. Je viens du rugby et je vois la différence avec ces lendemains de matchs où l’on peut à peine marcher.  Et le vélo est naturellement propice à l’évasion et la prise de recul. » Une prise de recul primordiale pour des dirigeants dont la moindre décision peut s’avérer décisive pour des dizaines de salariés. « Je vois souvent des responsables fatigués, les yeux rougis, qui portent tout le poids de leur boîte sur les épaules. Un petit jogging ou un intermède de marche rapide à la mi-journée leur permettrait de s’oxygéner et de régénérer toutes leurs capacités. »

Lui en tout cas ne se voit plus travailler sans le bénéfice du sport : « Les gens portent encore un regard halluciné voire admiratif sur ceux qui pratiquent leur sport avant le travail le matin ou durant la pause déjeuner. Mais maintenant que j’en connais les bénéfices sur  ma santé et mon efficacité au travail, c’est moi qui suis admiratif de ceux qui arrivent à supporter la vie en entreprise sans sport. »

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