Emeline Zenner, femme courage

La course à pied malgré tout

Mère de deux jeunes enfants, diabétique, elle court pour sa santé sous la surveillance de son mari féru de course à pied.

portrait Emeline Zenner

A 33 ans, Emeline Zenner est maman de deux enfants de 9 ans et 21 mois, diabétique de type 1 et coureuse à pied.
Sportive depuis le plus jeune âge, Emeline n’avais jamais vraiment gouté ni aimé la course à pied. Tout est venu de son mari, David, il y a 5 ans. « Ce n’était pas gagné car j’avais en souvenir les vieux cours d’EPS où je me planquais derrière le gymnase… Au départ, j’ai commencé à courir au Parc Borély à Marseille puis David m’a fait découvrir les Calanques … »

Au fil de ses entraînements, Emeline progresse et envisage ses débuts en compétition sur 10 km ou semi-marathon. Mais elle fait une fausse couche et son état de santé se dégrade peu à peu. Elle subit cinq interventions chirurgicales lourdes en 4 ans avant de pouvoir enfin être enceinte à nouveau.  La joie d’avoir un nouvel enfant a aussi une conséquence sur son état de forme, sa paroi abdominale est en piteux état et elle a pris plus de 40 kg. Fin 2010, elle pèse 88 kg  !

« Malgré l’interdiction des médecins, j’ai quand même repris  le sport au printemps 2011. La reprise a été très dure je l’avoue. Après l’accouchement, je n’arrivais même pas à marcher. J’avais des vertiges, des douleurs et des crampes, je faisais des hypoglycémies…J’ai donc recommencé tout doucement, en faisant de petites randonnées mais très vite l’envie de courir est revenue tout comme celle de prendre un dossard. Le plus dur, c’est surtout de tout reprendre à zéro à chaque fois que j’ai un pépin de santé!!! Il faut l’avouer, le moral en prend chaque fois un coup mais heureusement, je rebondis très vite! »

Avec ténacité et courage, Emeline persévère et le 12 juin 2011, elle est au départ de la Marseillaise (6 km). Un seul et unique objectif : terminer dans de bonnes conditions en ayant une allure la plus régulière possible, le tout en se faisant plaisir ! Objectif atteint ! « C’est un excellent souvenir. Mes proches pensaient que c’était infaisable. Au départ, je m’étais mise au fond du peloton pour ne pas être aspirée par le groupe et trouver mon allure. David est venu m’encourager mais il s’est fait un sang d’encre jusqu’à ce qu’il me voit franchir le sourire aux lèvres la ligne d’arrivée… … J’ai adoré les encouragements des bénévoles et j’avoue avoir pris un énorme plaisir lorsque j’ai pu doubler à l’arrivée un trio de Barbies qui s’étaient moquées de moi pendant la course ! »

Pour ses deux amoureux du sport tout est une question d’organisation et de volonté. Marie, l’aînée des enfants à 9 ans mais Emeline étant en congés parental, elle ne peut prétendre à une place en crèche pour le petit dernier (Thomas) et le couple n’a pas de famille pour les aider…
Il faut donc se relayer pour aller s’exprimer running au pied.  « J’arrivais néanmoins à courir entre 2 et 4 fois par semaine. Mon diabète n’est pas un vrai handicap. Il s’est déclenché lorsque j’avais 2 ans, c’est donc un très vieux diabète mais il n’a engendré aucune complication rénale ou ophtalmologique grâce à un mode de vie et une alimentation équilibrée (je mange de tout!!!). De plus, le sport est vraiment très bénéfique pour l’équilibre du diabète surtout les sports d’endurance. En fait, j’ai toujours fait du sport. J’ai commencé la danse classique à 5 ans, puis ce fut du moderne jazz, de la natation synchronisée et du foot. C’est simple à l’âge de 11 ans, je faisais entre 12 à 16 heures de sport par semaine…

Dans mon approche de la course à pied, David a été le fer de lance. Il m’a convaincu mais il faut reconnaitre qu’il est tellement passionné que c’est contagieux. Il sait s’adapter à un débutant et aborde les séances d’entraînement de manière si ludique que courir devient un vrai plaisir!!! »

Pourtant il n’est pas facile de gérer Emeline. « Je suis très têtue mais j’essaie de suivre au maximum ses conseils. »

La course apporte à Emeline une sensation de liberté qu’elle chérit. « J’aime courir. Ca me permet d’avoir du temps pour moi. En plus, tu peux courir n’importe où. Il faut juste toujours avoir à portée de main une paire de running. C’est bon aussi pour mon diabète! Quand je cours, je me sens vivante ! »

Mais pour pouvoir s’exprimer au mieux en course à pied, Emeline doit régler ses problèmes de santé. « J’aimerais pouvoir avoir un entrainement régulier sans être perturbée par des hospitalisations et opérations lourdes!  Mais je n’ai pas le choix, je suis obligée de faire avec tous ses problèmes de santé. L’important est de savoir à chaque fois me remettre en question et s’adapter sans jamais baisser les bras… »

Pour gérer la douleur, Emeline s’aide avec de la relaxation. « Ca permet aussi de toujours regarder devant. Je dois continuer d’avancer. Je travaille comme lors d’une épreuve de course à pied. Je suis au départ. Je me dis que la ligne d’arrivée n’est pas loin et que les soucis seront bientôt partis!!! Je voudrais tant  m’inscrire sur des 10 km puis passer sur de plus longues distances… Mais je dois être patiente et surtout me refaire une santé. »

Le 12 octobre dernier, elle a du retourner à l’hôpital « J’avais un nodule entre l’utérus et l’intestin qu’il fallait enlever. » Depuis elle n’a pas encore repris la course à pied mais la marche en allongeant peu à peu les distances afin de pouvoir effectuer tranquillement son retour à la course.

De son côté David, son mari, réalise ses propres objectifs, ce qui permet à Emeline de garder le cap et d’entretenir sa motivation. Entraîneur, c’est un adepte des courses longues. Ainsi après plusieurs expériences sur des Ironman en triathlon (3,8 km de natation, 180 km de cyclisme ; 42,195 km de course à pied),  il est passé au trail. Son programme est chargé avec la Saintelyon en décembre prochain, quelques trails blancs et de nombreuses autres échéances afin de se préparer au mieux pour l’Ultra Trail du Mont Blanc en 2013.
« C’est mon coureur préféré. Ses record sont, je crois, si je te dis pas de bêtises, 1h19mn sur un semi –marathon et 35mn36 sur 10 km »

Ainsi encadrée et avec son mental d’acier, nul doute Emeline Zinner sera bientôt dans les pelotons. « Mon atout c’est mon mental. Je m’accroche.»

Elle s’accroche oui et se fixe des objectifs et pas n’importent lesquelles… Accrochez-vous, son rêve est d’être, un jour, au départ du triathlon d’Embrun. Vous avez dit courageuse ?

2 réaction à cet article

  1. Bravo Emeline!!
    Quel courage!!
    Continues, ne lache rien!!!

    Répondre
  2. Un grand bravo à toi, Emeline ! Pour ta ténacité, ton courage à mener de front ta famille et ton besoin sportif, et l’exemple que tu donnes à toutes celles et ceux qui penseraient à renoncer dans ce genre de situation !… Courage pour le chemin qui est encore à faire, amitiés…

    Répondre

Réagissez