Elles courent leur premier marathon dimanche 15 avril 2012 à Paris

Deux « mamans runneuses » témoignent

40 000 personnes ont réservé depuis de longs mois leur dossard pour le 36ème marathon de Paris. Dimanche 15 avril 2012, au milieu de la marée humaine qui dévalera les Champs Élysées, Nadia et Delphine feront leurs grands débuts sur la distance.

MARATHON DE PARIS 2011

Nadia, 45 ans, puéricultrice, habite Verrières-le-Buisson, dans l’Essonne (91). Delphine, 38 ans, assistante, vit au Touquet (62). Ces deux mères de famille ne se connaissent pas. Et pourtant, ce dimanche 15 avril 2012, elles partageront, sans vraiment le savoir, un même moment fort : elles courront leur premier marathon. A Paris. « C’est ma région, c’est donc plus logique que je commence par Paris, sourit Nadia. Et puis, j’ai vu qu’il y avait beaucoup d’étrangers qui venaient courir le Marathon de Paris. Alors je me dis que si les gens viennent de loin, c’est que ce doit être énorme ! ». « Paris, ce n’est pas loin de chez moi et c’est principalement ce qui a guidé mon choix, répond Delphine. Mais j’ai vu pas mal de vidéos sur Internet, et l’ambiance a l’air vraiment sympa ».

Delphine Gosselin marathon Paris 2012 dossard 50518
Delphine portera le dossard 50518

Reste que pour ces deux mamans – Nadia a deux garçons et une fille de 12 à 15 ans et Delphine une fille de 18 ans – ce premier marathon ressemble à un grand saut dans l’inconnu. « Je me suis lancée ce challenge avec deux amies. C’était leur rêve depuis longtemps. Moi, pas du tout, raconte Nadia. Je ne voyais aucun intérêt à courir 4 ou 5 heures de suite. Et puis, j’ai décidé de me lancer, quelque part d’abord pour leur faire plaisir. On est inscrites depuis octobre, on a établi un programme que l’on a suivi à la lettre ». Trois entraînements par semaine – « c’était le minimum » – qu’elles ont donc respectés par tous les temps « même sous la pluie et sous la neige ». Même satisfaction chez Delphine qui se souvient très bien avoir débuté son plan « le 16 janvier. J’avais noté la date sur mon agenda. Je me suis entraînée quatre fois par semaine, mais sans fractionnés car je n’aime vraiment pas ça. J’ai tenu bon en hiver, alors qu’il faisait très froid ».

« Pressée d’y être »

Nadia affirme n’avoir pas trop connu de période de doute ni de lassitude. Mais Delphine a vécu sa préparation de manière plus inégale. « A un moment donné, j’en avais ras le bol de courir, de m’entraîner. A la base, je cours pour me faire plaisir. Et quand ça devient une contrainte, ça me saoule. Donc j’ai eu un coup de mou, renforcé aussi par le fait qu’on devait venir en famille et que je viendrai finalement toute seule ».

Mais à quelques jours du grand rendez-vous, la Nordiste a retrouvé de l’entrain. « J’étais stressée il y a 15 jours, maintenant je suis excitée, pressée ! » Et d’ajouter dans un grand sourire : « Je ne sais pas si je suis pressée d’y être ou pressée d’en finir ! Peut-être un peu les deux ! ». L’envie est la même chez Nadia : « Depuis plusieurs nuits, je me réveille en me disant « est-ce que c’est aujourd’hui ? Je me sens sereine, mais un peu inquiète quand même ».

Nadia marathon de Paris 2012
Nadia, dossard 53307

Entourée de trois enfants qui pratiquent la natation en compétition, Nadia est retombée dans l’univers de la course à pied il y a cinq ans. « Je courais quand j’étais étudiante, et puis je suis passée à autre chose. J’ai fait de la gymnastique, et du fitness. Quand j’ai recommencé à courir, c’était avec des amies, en tant que loisir, pour discuter et se détresser ». Encore un point commun avec Delphine, qui se souvient : « J’avais des problèmes de souffle. Mon médecin m’a conseillé de faire du sport. Jusque là, je faisais juste un peu de roller et de vélo. J’ai commencé à courir, avec une copine. On courait 45 minutes, par plaisir, pour papoter. Je ne voulais pas faire de course, car pour moi c’était synonyme d’aller vite ». Le déclic est venu après un 10 kilomètres à Montreuil-sur-Mer en 2010, sous l’impulsion d’une amie. « J’ai trouvé l’ambiance extraordinaire ». Les 20 kilomètres du Touquet, en août dernier, ont confirmé sa volonté de tenter l’aventure marathon. « Il faisait très chaud, je n’étais pas habituée à boire en courant. J’ai eu des crampes. Je croyais que c’était parce que je n’étais pas capable de le faire. Mais en analysant ma course, en en parlant, j’ai compris que je n’avais pas assez bu ». Pas question de faire la même erreur dimanche : « Maintenant, je bois tous les quarts d’heure, je pars avec ma ceinture, ma gourde. C’est grâce à ça que j’ai réussi à faire une sortie longue ».

Les deux femmes espèrent avant tout « terminer ce marathon ». Nadia, qui a couru le semi-marathon de Paris début mars en 1h46, aimerait terminer en moins de 4h30. Delphine voudrait absolument passer « sous la barre des 5 heures. Entre 4h30 et 5h je serais vraiment contente ». La Nordiste, qui ressent déjà la fierté de sa fille et de son mari, explique : « Je suis déjà allée au bout de ma préparation, et je veux me montrer que je suis capable de  le faire. Me prouver que mon corps est capable de faire ça ». La Francilienne met, elle, en avant la « leçon de vie » qu’elle offre à ses enfants. « Je leur montre que moi aussi je fais des efforts. Que je vais courir quand il fait froid, qu’on ne fait pas toujours ce que l’on veut ».

Les enfants de Nadia seront certainement sur le parcours dimanche. « Je leur ai dit de faire comme ils le voulaient. Je n’insiste pas. J’ai même peur d’être trop émue en les voyant ». Delphine portera elle des bracelets brésiliens porte-bonheur offerts par sa fille. Son « homme » gardera certainement un œil sur son portable. Les deux femmes savent leur entourage inquiet. Mais dimanche 15 avril à la mi-journée, l’inquiétude aura certainement laissé place à une immense fierté.

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