Didier Rous : « Nacer Bouhanni est dans un excellent état d’esprit pour Milan-San Remo »

6ème l’an passé, le français Nacer Bouhanni s’élancera parmi les favoris samedi, sur les routes de Milan – San Remo. Aujourd’hui directeur sportif chez Cofidis, Didier Rous fait le point sur l’état d’esprit du champion à quelques encablures de l’épreuve.

BOUHANNI Nacer

Lepape-info : Dans quel état d’esprit se trouve Nacer à quelques jours d’un objectif aussi important que Milan – San Remo ?

Didier Rous : L’état d’esprit est absolument excellent. Nous partons en reconnaissance du final ce jeudi et franchement tout va bien. Sa condition est très bonne, ses résultats sur Paris-Nice et sur les courses précédentes sont de grands éléments de confiance.

Lepape-info : L’équipe a construit toute sa stratégie autour de lui ?

D.S : Oui. Tout est prévu mais seulement sur le papier. C’est une course pleine d’aléas. Il faut être dans sa meilleure forme, une petite baisse, même de 5 %, sur ces épreuves là ne pardonne pas. Milan – San Remo est une course peu évidente à contrôler. On sait que l’équipe est performante, tout est prévu pour l’encadrer d’un bout à l’autre, nous n’avons pas prévu de bon de sorties ou d’éclaireurs. Après, dans les secteurs clefs ce seront les jambes de Nacer qui feront la différence.

Lepape-info : Vous aviez l’équipe dont vous rêviez pour l’entourer ?

D.S : Oui on a exactement l’équipe qu’on avait imaginée. C’est sa garde rapprochée. J’espère que des garçons comme Christophe Laporte, Julien Simon ou Arnold Jeannesson pourront l’accompagner le plus loin possible.

Lepape-info : Moralement, est-il remis des petites déceptions de l’année 2015 et prêt à relever un tel challenge ?

D.S : Les déceptions de 2015 il faut relativiser… Il est tombé au Tour de France et au championnat de France, c’est quand même beaucoup de malchance. Et sur Milan – San Remo l’an passé, il fait une belle sixième place, alors que ses meilleurs équipiers avaient été éliminés sur chute. Dans sa tête Nacer est prêt, de toute façon il aime les challenge, il a toujours fonctionné comme ça.

Lepape-info : Quels sont les favoris de cette course ?

D.S : Au vu de ce qu’il a montré sur Paris – Nice il y a un épouvantail qui s’appelle Michael Matthews et qui part grand favori. Mais il y a beaucoup de grands coureurs pas forcément sprinters qui peuvent emporter la victoire, ceux-là aussi vont vouloir manœuvrer et il va falloir gérer tout cela.

Lepape-info : Quelle stratégie est envisagée pour l’ancien champion de France ?

D.S : Tout va se jouer à l’approche des Capos, les côtes dans le final. Il faudra bien frotter aux abords de la Cypressa pour l’aborder bien placé et éviter les cassures, d’avoir à boucher des trous. Il faut pour cela se trouver dans les 10/15 premiers, pour éventuellement se permettre de gérer un peu sa montée. Là il faut vraiment rester avec les meilleurs. Après, dans le Poggio, on ne peut plus gérer. Il faut être prêt. On peut avoir des attaques de coureurs non sprinters purs comme Van Avermaet ou Cancelara, et un coup avec 4 ou 5 gros clients de ce genre ça peut aller au bout. Il ne faut pas avoir à se mettre en difficulté dans la descente dont le pied n’est qu’à 2 kilomètres de la ligne.

Lepape-info : Seule la victoire sera belle ?

D.S : Cela dépend, il n’y a qu’un seul vainqueur et au moins une dizaine de favoris. S’il fait un podium il sera forcément un peu déçu forcément, pourtant ce sera tout de même un beau résultat. Tout dépend des conditions. Si la course est emportée par un petit groupe sorti plus fort du Poggio il y aura moins de regrets que s’il refait une sixième ou septième place sur un sprint massif.

Lepape-info : Reverra-ton Nacer sur Paris- Roubaix ? Il avait étonné sur l’étape des pavés dans le Tour de France en 2015 ?

D.S : Non, il ne courra pas les classiques d’avril, ce n’est pas ton terrain. Il avait certes fait une bonne étape dans le Nord l’an passé,  mais ce n’était pas le même kilométrage de pavés, pas les mêmes coureurs, pas la même période de l’année.

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