Des « Miss Annapurna » au Népal pour mêler trek et bien-être

Un séjour pour se ressourcer

Ce n’est un secret pour personne : le sport est bon pour notre santé et notre moral. D’où l’idée d’un séminaire atypique auquel ont participé (uniquement) des femmes du 17 au 30 novembre 2011 : Miss Annapurna. Au Népal, elles ont mêlé trek et séances de réflexion collective. Objectif : aborder la vie autrement à leur retour, armées de forces et de certitudes. Rencontre avec Laurence Mine, l’une des Miss Annapurna.

Miss Annapurna 2011

Pourquoi avez-vous participé à Miss Annapurna ?
Laurence Mine :
Au départ, la démarche s’inscrivait dans mon parcours professionnel. Consultante travaillant seule, j’éprouvais le besoin de vivre une expérience collective comparable aux séminaires de motivation organisés par mes clients pour leurs cadres. Miss Annapurnaétait l’occasion de partager un défi physique avec d’autres personnes et d’expérimenter la dynamique d’équipe créée à cette occasion.
Ensuite, en tant que professionnelle du développement durable, j’étais intéressée par la réflexion proposée par Sérénité Consulting sur une expérience de vie « avec moins » : expérimenter la « légèreté » exigée par la partie « trail » du trek ;  et côtoyer une société très économe… en énergie, en eau, en consommation de biens de toute nature.
Et puis je souhaitais refonder ma motivation à travailler sur le sujet du développement durable et j’étais très intéressée par la proposition centrale de Miss Annapurna :« Vous en reviendrez forcément redynamisée et confortée dans les choix de vie que vous aurez opérés ».

Que retenez-vous de cette expérience ?
Elle a été très forte, et à plus d’un titre. D’abord, ce stage a été une aventure physique à la fois personnelle et partagée. Avec l’heure et demi de course quotidienne et les heures de marche… dont les rudes montées d’escaliers… pendant 7 jours, le corps a été la vedette, mettant l’esprit au repos.Ce corps s’est révélé être un vrai « ami », capable de bien plus d’efforts que je ne le croyais. L’effort physique fourni chaque jour, plus important que celui de mes pratiques sportives habituelles, est devenu très vite une source de plaisir : j’ai rarement ressenti une impression de « galère », même pendant la montée au camp de base des Annapurna… il est vrai que j’ai choisi, presque toujours, de rester « dans mon rythme » et n’ai pas voulu tenter l’expérience d’aller plus loin, jusqu’à la souffrance.
Ce stage a aussi été un stimulant pour mes réflexions professionnelles sur le développement durable. Et puis, il a été une expérience concrète de rencontres et d’échanges, avec ses difficultés et ses apports positifs.

Justement, comment avez-vous vécu cette expérience collective ?
Comme une richesse : un soutien pour continuer l’effort physique,  l’opportunité d’échanger sur nos vécus, nos découvertes, etc. J’ai pu échanger très rapidement, avec 4 personnes que je ne connaissais pas. Ces échanges ont été à la fois riches et instructifs.
Les séances collectives de réflexion nous ont permis d’avoir des discussions sur ce que nous vivions chaque jour – difficultés et découvertes -, des échanges sur nos questionnements personnels. On a pu partager et analyser conjointement nos expériences.

Miss Annapurna 2011Qu’avez-vous acquis durant le trek ?
Il y a quelques années, à 52 ans, j’ai découvert le bonheur apporté par la pratique régulière de la course à pied sur de longues distances. A 55 ans, avec ce trek, j’ai l’impression d’avoir découvert que mon corps était capable de m’apporter encore plus que ce que je le croyais : plus de bien-être dans l’effort, plus de capacités pour aller à la découverte des milieux naturels que j’aime : la montagne, la forêt.
Notre équipe de trois coureuses m’a aussi fait redécouvrir ce que pouvait être une compétition : pas un affrontement entre personnes mais un levier pour aller chercher en moi de nouvelles ressources, pour faire de nouvelles expériences physiques.
Enfin, cette expérience physique m’a permis de changer ma perception de l’avenir : je croyais raisonnable d’accepter de vieillir, que les années qui viennent soient structurées par le vieillissement physique. J’ai découvert pendant le trek qu’il me fallait, au contraire, faire confiance à mon corps et continuer à explorer tout ce qu’il avait à m’offrir.

L’organisation impose de « voyager léger », comment avez-vous géré cette consigne ?
Cette contrainte s’est révélée être une opportunité de « voyager mieux » : la légèreté est en fait l’amie du marcheur ! On est moins fatiguée, avec un meilleur équilibre, pas de mal au dos, moins de douleur dans les muscles…
J’ai découvert une société très différente de celle dans laquelle je vis et je travaille, une société qui a un besoin vital d’économiser ses ressources, d’inventer un développement économe.
Nos échanges du soir ont permis de débattre du « vivre léger » : liens potentiels entre légèreté et mieux vivre, entre légèreté et diminution de l’empreinte écologique. Et remise en cause du lien entre consommation et plaisir !!!

Dans quel état d’esprit revenez-vous de ce séjour ? Miss Annapurna 2011
Il m’a permis d’ouvrir la porte professionnelle derrière laquelle j’étais bloquée.2011 a été une étrange année pour moi. Consultante en développement durable, je n’ai jamais eu autant de clients ; mais avec des interlocuteurs qui étaient moins militants et plus managers que ceux avec lesquels j’avais travaillé auparavant. J’ai mal vécu ce changement et me suis posée beaucoup de questions sur ce que je pouvais apporter à mes clients… Je suis repartie du Népal apaisée : en fait, le problème n’était pas le changement d’interlocuteurs. Mais d’avoir oublié de veiller à remplir mon « réservoir » de motivation. Avec ce voyage au Népal, j’ai fait le plein. A moi de penser à le faire régulièrement à l’avenir !

Pour plus d’informations sur le séjour, www.miss-annapurna.com ou www.serenite-consulting.com
La prochaine édition se déroulera du 14 au 27 novembre 2012

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