Cyclisme.- L’étape du Tour 2015 : un homme dans la course

Ils étaient plus de 16 000 dossards ce dimanche 19 juillet 2015, au départ de l’étape du tour entre St Jean de Maurienne et La Toussuire. Un participant raconte son expérience.

L'Etape du Tour 2015 - 19/07/2015 - Course - Saint-Jean-de-Maurienne / La Toussuire - Les Sybelles - Ambiance depart

A 46 ans, Yvon, policier, licencié au VC Vincennes n’en est pas à sa première dans l’Etape du tour. L’édition 2015 est sa cinquième en 6 ans. Pourtant celle-là fut sans doute plus difficile que les autres. « J’ai fini rincé. A l’arrivée, je ne suis même pas allé à la collation. Je suis rentré direct me poser à l’appart ». Notre homme réalise tout de même une performance honorable autour des 7 heures. Alors que l’an passé il avait passé sans trop de mal Hautacam sous la pluie, cette année la météo a réservé une toute autre surprise. « Au pied de La Toussuire, on avait 34 degrés. Et ça a dû monter à plus, car on a roulé sur des routes en plein cagna, sans un pet de vent. » Et on parle là, d’un coureur qui a terminé en juin, la Claudio Chiappucci à la 26eme place.

Au départ, le matin, Yvon et ses compagnons avaient attaqué le col de Chaussy, en mode plus tranquille. « On est resté en dedans. C’est un beau petit col, 15 kilomètres à 6.3 % de moyenne, on a voulu gérer. » Parti dans le premier sas, il n’a pas trop subi la foule. De toute façon le col situé au troisième kilomètre a permis une rapide première sélection. Dans la descente, par contre, notre homme y est allé à bloc. « Je roule à moto très souvent. Donc les descentes, je sais faire et j’adore ça. Personne ne nous a doublés. »

Dans la vallée, s’est alors constitué un groupe de 200 coureurs. Enfin dans la vallée, façon de parler. « Il n’y a que 28 kilomètres jusqu’au col du Glandon. Et ce n’est jamais plat ; ce n’est que du toboggan qui monte et descend. Du vrai casse pattes. » Dans ce gros peloton, ça roule : Yvon reconnait des coureurs 1ere caté, des élites, des espoirs. Plus tôt dans la course, il y a croisé Steve Chainel et Geoffrey Soupe. Qui l’ont prévenu que la Glandon, c’était, selon leurs mots : « Une sacrée saloperie ». « Les pros quand tu les croises dans les montées ça impressionne, ils te doublent tranquille, t’as l’impression que ça se fait tout seul. Ils te parlent sans être essoufflés, alors que toi tu bredouilles à peine. » Pour les autres, le Glandon c’est effectivement un morceau de choix. Par St Etienne de Cuines, c’est encore plus dur. « Je ne me suis pas mis dans le rouge, je suis resté au seuil toute la montée. Mais les trois derniers kilomètres, où tu ne descends jamais en dessous des 11 %, sur un total de plus de 20 kilomètres, c’est dur ». Des changements dans sa vie professionnelle ont empêché Yvon de s’offrir une petite cyclo de montagne un mois avant l’épreuve comme il fait de coutume. Ce qui a rendu l’accumulation d’ascensions sans doute un peu plus dure. Quelques bornes après l’enchaînement Glandon – Croix de Fer, se trouve le col du Mollard, qui pour être classé seconde catégorie, n’est pas non plus une partie de plaisir. « Il est classé seconde caté car il est court. Mais il est doté d’énormes pourcentages. » Une fois arrivé à St Jean de Maurienne, place à la montée finale. « Quand tu as déjà roulé 120 bornes et que tu es fatigué, tu montes la dernière au courage. Avec tout ton corps. Limite j’ai l’impression d’avoir même mal aux oreilles ! » Toute la course le coureur de Vincennes s’est bien sûr alimenté correctement. « Je ne compte même plus combien de bidons on a bus. A la fin, tu satures un peu, tu ne  manges plus et n’avale plus de sucré. Tu te contentes de  boire de l’eau. » Sur cette ultime ascension, notre cycliste reste en dessous du seuil, de toute façon impossible à dépasser dans ces conditions. A l’arrivée, la fatigue est écrasante, mais le plaisir est là. « Oui, parce-que même si on finit sur les rotules, on pédale tout de même dans des paysages incroyables. »

Les 16 000  passionnés à avoir empruntés les mêmes routes ce dimanche ont vraisemblablement pensé de même. Et adhéreront sans doute à cette dernière  réflexion de notre homme, à l’heure où les cyclos s’apprêtent à laisser la place ce Vendredi, au peloton du tour. « Les pros, s’ils ne passent pas l’étape à se regarder, vont trouver là un terrain incroyable. » Pour Yvon et tous les autres « finishers » de l’étape du tour, le terrain incroyable fait désormais partie des souvenirs, souvenirs douloureux mais irremplaçables.

Les résultats

Hommes

  1. JEREMY BESCOND, 4h52mn44s
  2. Antonin MARECAILLE, 4h57mn52s
  3. ROBIN CATTET, 5h00mn22s
  4. Thomas BOUVET, 5h00mn59s
  5. William TURNES, 5h02mn56s
  6. Kenny NIJSSEN, 5h03mn37s
  7. Michel ROUX, 5h03mn57s
  8. David GAUDU, 5h04mn35s
  9. DORIAN GODON, 5h05mn20s
  10. DAVID POLVERONI, 5h07mn54s

Femmes

  1. Edwige PITEL, 5h40mn26s
  2. Laetitia ROUX, 5h55mn40s
  3. Magdalena DE SAINT JEAN, 6h05mn24s
  4. Monica BONFANTI, 6h28mn46s
  5. Geraldine BAU, 6h29mn36s
  6. Betty KALS, 6h41mn36s
  7. Severine JORDAN, 6h46mn12s
  8. MAUD GOBERT, 6h50mn10s
  9. Vicki GOODWIN, 6h50mn56s
  10. maite LECOUTY, 6h54mn34s

Les résultats complets de l’Etape du Tour 2015

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