Claris Denis, meneur d’allure en 3h45 sur le marathon de Paris

Dimanche matin (15 avril 2012), sur les Champs-Elysées, il sera au rendez-vous dans le sas des 3h45. Avec sa perruque orange, Claris Denis emmènera « son » peloton au fil des 42.195km dans la joie et la bonne humeur.

Marathon de Paris - meneur d'allure

A 43 ans, Claris Denis, habitant Le Mans est un sociétaire d’Endurance 72 depuis deux ans. Après 5 ans de pratique, il a éprouvé le besoin de prendre une licence. «En fait je suis un footballeur à la base. Sur la fin de ma carrière, je me suis mis à courir une fois par semaine grâce à un ami qui m’a dit « allez viens courir » ! De fil en aiguille, on a fait un 10 km, puis un semi-marathon et évidemment un marathon. C’était en 2007, à La Rochelle. Heureusement j’avais un ami qui m’a emmené car à l’époque il n’y avait pas de meneurs d’allure. Ce fut dur ! » Aujourd’hui, Claris compte XX marathons à son actif (« je ne sais plus trop ») à raison de huit marathons par an, « un pour moi, le reste c’est pour les autres en meneur d’allure ». Une cadence qui ne l’empêche pas de battre ses chronos. « Heureusement ! En fait entre chaque course, je travaille mes allures, avec des séances spécifiques (fractionné courts et longs, travail aux seuils) c’est ce qui me permet de progresser car au niveau de l’endurance, ca va », commente-t-il dans un grand éclat de rire. « Et ca marche puisqu’il y a deux ans, j’ai fait 3h29 à Paris, l’an passé 3h10 sur Nice Cannes, et il y a quelques jours, 3h06 sur le marathon de Cheverny. »

Claris éprouve autant de plaisir en partant en quête de son propre record qu’en tant que meneur d’allure. « J’ai commencé il y a deux ans, à l’improviste Caris Denissur le marathon de Sénart. Un des meneurs s’était blessé, on m’a appelé trois jours avant. J’étais stressé au départ car je me demandais si j’allais réussir à tenir l’allure et à emmener un maximum de coureurs à réaliser leurs objectifs. » Depuis, le stress est « un peu » passé mais Claris reste concentré sur sa mission. « Nous sommes des meneurs, nous essayons de conseiller, d’encourager, de blaguer….Le vrai plaisir, c’est lorsque l’on a réussi à accompagner un coureur ou une coureuse alors que seul(e) il (elle) aurait flanché. Plus que des métronomes, nous sommes là pour dédramatiser la situation. On leur demande de lever la tête, de regarder au loin, on blague. On a des fidèles aussi. Il y a Daniel, 73 ans, que j’ai déjà emmené trois fois. La dernière fois, il n’a pas craqué, c’était à Reims, il a fait 3h44mn39s, il était heureux ! C’est incroyable de voir la joie sur leur visage et de se dire que l’on y est un peu pour quelque chose. »

Un essaim d’abeilles

Avec sa perruque, Claris qui ne boit pas, ne fume pas mais aime danser et faire la fête, sera un des quatre meneurs en 3h45. Les coureurs et coureuses se glisseront dans ses runnings « attention pas trop près ». Parfois les « suiveurs » éteignent le chrono de leur meneur en étant trop près. Tellement près que parfois avec leurs coudes, ils touchent les montres : « c’est la raison pour laquelle j’en ai toujours deux. Je porte aussi un bracelet avec tous les temps de passage ».

Comme à chaque fois, un essaim d’abeilles se formera autour de lui et lui confiera sa stratégie de course. « Pour 3h45 c’est assez simple. On adopte un rythme régulier et on prend un peu d’avance avant chaque ravitaillement. Ensuite, on prend son gel 100 m avant la table sans se précipiter : les tables, surtout sur le marathon de Paris, sont très longues ! On marche pour boire et on se regroupe en reprenant l’allure tranquillement. Nul besoin de paniquer, il y en aura pour tout le monde, et la flamme est haute vous pourrez toujours me retrouver. »

Caris DenisLe Manceaux sera dans le sas de départ assez tôt « pour discuter un peu et repérer les premiers marathons, ce sont eux qui ont le plus besoin d’être rassurés. » Faites-en de même ! Côté pratique, pour ceux et celles qui doivent déposer des affaires à la consigne, rendez-vous avenue Foch au moins 1h30 avant le départ. Pour les autres, l’idéal est d’être présent 1 heure avant le départ, soit vers 7h45. « Cela permet de ne pas stresser, de sentir l’atmosphère et de repérer son SAS voire de faire quelques mouvements d’échauffement pour vous décontracter. Il faut rentrer dans le SAS au moins 20 mn avant voire 30 mn afin de ne pas avoir à se précipiter. Repérez les meneurs d’allure si vous souhaitez nous suivre et restez tranquille. Ensuite pas d’énervement ni de précipitation. Le départ se fera par vagues cette année afin d’assurer un peu plus de fluidité donc ne vous impatientez pas et surtout ne vous laissez pas emporter par le peloton la ligne de départ franchie. Restez dans votre allure ! ET je vous rappelle : nul besoin de nous toucher pour nous suivre ! Vous pouvez vous mettre devant afin d’avoir un peu de marge et d’air ou derrière mais attention car ce n’est pas toujours facile de doubler le groupe ! Enfin sur le côté soyez attentif en raison des trottoirs et  barrières. »

Aux environs du 30e km, moment fatidique du marathon, Claris par la voix et les encouragements, vous poussera à poursuivre votre effort « je n’hésite pas à en bousculer certains lorsque je sens que c’est nécessaire et qu’ils en ont besoin. Dans ces moments là il faut utiliser tous les moyens pour les pousser dans leurs retranchements, on s’adapte en fonction des profils. »

Du pur bonheur

Ce sera ensuite l’arrivée entre 3h44 et 3h46. « Tout dépend du trafic et de notre positionnement l’essentiel est d’être en 3h45 peut importe les secondes même si je l’avoue nous essayons toujours de rester sous les 3h45 ! » Lorsque le tapis rouge se présentera, ce sera le sprint final, ce sera peut-être un peu avant le groupe de Claris « parfois lorsque je vois que certains sont très bien au 38e je leur dis FONCE ». Ce sera alors LE bonheur. « A chaque fois. C’est tellement fort d’emmener des coureurs réaliser leur objectif ! Presque autant, voire plus que lorsque c’est pour moi ! »

Alors en attendant dimanche, suivez les derniers conseils de ce meneur d’allure bout en train : « prenez soin de vous, de votre alimentation et de votre hydratation. Evitez de piétiner au running expo surtout si vous êtes obligé de venir samedi ! Le dossard récupéré, à la maison vérifiez votre sac (épingle, dossard, gel, chaussettes, chaussures….) samedi tranquillement afin d’être sûr de vous ! Une méthode, demandez-vous ce que vous avez oublié. S’il n’y a rien, c’est réglé, on n’y touche plus et on se repose. Ensuite rendez-vous au départ et bonne course à tous ! »

Petits rappels

  • Le départ

Le départ aura lieu en haut de l’avenue des Champs Elysées à 8h35 pour le handisport et à 8h45 pour le reste du peloton.

  • Les vestiaires

Une consigne gratuite est placée entre les zones de départ et d’arrivée, sur l’avenue Foch. Vous pourrez y déposer un sac fermé pour le récupérer après la course, sur présentation de votre dossard.

  • Les meneurs d’allure

Le Marathon en 3h : les plumes rouges
Soit une vitesse à 14,100 km/h.
Le Marathon de Paris a la particularité d’être le premier au monde en nombre de coureurs arrivant sous les 3 heures. L’allure de 4mn15s au km est réservée aux coureurs entraînés. Les meneurs d’allure vous emmèneront sur une allure régulière, les ravitaillements sont pris à « la volée ».

Le Marathon en 3h15 : les plumes jaunes
Soit une vitesse de 13 km/h et une allure de 4mn35s au km.
Un minimum de temps est perdu lors des ravitaillements.

Le Marathon en 3h30 : les plumes bleues
Soit une vitesse de 12 km/h et une allure de 5 mn au km.
Les meneurs ralentissent l’allure aux ravitaillements qui sont d’une importance capitale. Ils reprennent un rythme régulier entre chaque poste de ravitaillement.

Le Marathon en 3h45 : les plumes violettes
Soit une vitesse de 11,25 km/h et une allure de 5mn20 s au km.
C’est indiscutablement le plus gros rassemblement autour des meneurs d’allure. Le plus dur est de ne pas s’entasser autour des meneurs d’allure et de maintenir toujours la même distance avec les ballons.

Le Marathon en 4h : les plumes vertes
Soit une vitesse de 10,5 km/h et une allure de 5mn40s au km.
L’objectif est la barre « mythique » des 4 heures. La règle d’or est la prudence lors de la première moitié et le respect des ravitaillements avec des arrêts courts.

Le Marathon en 4h15 : les plumes grises
Soit une vitesse de 10 km/h et une allure de 6 mn au km.

Le Marathon en 4 h 30 : les plumes roses
Soit une vitesse de 10 km/h et une allure de 6mn24 s au km.
Pour ce groupe le but est de courir à 10 km/h avec des arrêts à chaque ravitaillement.

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