Bruno Boukobza au bureau de l’AIMS

Alors que se tenait à Prague, le renouvellement du bureau de l’AIMS, partons à la découverte de cette association internationale et de Bruno Boukobza, organisateur de Paris Saint Germain la course, membre de l’organisation du marathon des Alpes Maritimes Nice Cannes et donc nouveau membre de l’AIMS.

Nice Cannes 2011

AIMS, quatre lettres pour Association of International Marathons and Distance Race, c’est-à-dire l’association internationale des marathons et des courses. Une organisation peu connue du grand public mais qui regroupe plus de 320 organisations de course situées dans plus de 95 pays et territoires. L’AIMS publie aussi un magazine trimestriel « Distance Running » permettant à toutes ces courses de communiquer sous la forme de compte rendu de course mais aussi avec une présence dans le calendrier des courses. Toutes les épreuves peuvent rejoindre l’association en tant que membres ou membres associés, le statut d’associé étant destiné aux courses existant depuis moins de deux ans. Pour être membres, les courses doivent avoir un parcours mesuré par un mesureur accrédité AIMS ou IAAF (Association Internationale des fédérations d’athlétisme). Parmi les membres on compte bien évidemment les plus grands marathons du monde avec Chicago, Boston, Berlin, Paris….

Lepape-info : Bruno Boukobza, qui êtes-vous ?
Bruno Boukobza : Pas facile de répondre. Je dirais seulement que je n’ai jamais couru de marathon, ni même de semi ! Peut-être cette année, vais-je participer au relais du Marathon des Alpes Maritimes mais sur la plus petite des distances : le 3,4km !

Sinon, je suis un homme de marketing et de communication, qui depuis plus de 25 ans travaille dans l’univers des sports de masse, ce qui fait de moi un des « pionniers » dans ce monde.

Il y 25 ans, il fallait savoir tout faire, ou presque, convaincre les partenaires, organiser la communication, développer le marketing, accueillir les participants, poser des banderoles, négocier avec les collectivités et les autorités, choisir et  tracer des parcours, recruter les bénévoles, gérer les inscriptions et internet n’existait pas !

Mais à force de patience, de persévérance, de travail, toutes ces épreuves méconnues sont devenues partie intégrante de notre vie.

J’ai ainsi organisé plus de 200 épreuves sur 3 continents (Europe, Afrique, Asie) des raids nature, du running, du triathlon et du VTT. Aujourd’hui, toutes les personnes qui, comme moi, ont œuvré pour le développement de ce type d’épreuves, commencent à récolter le fruit de leur travail après les années où notre sport n’était pas médiatisé et il n’y avait pas encore trop de coureurs. Aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, le monde de la course à pied a changé, poussé par les coureurs qui sont aussi devenus des clients. Il faut donc être plus professionnels que ce soit dans notre communication ou nos actions marketing car la concurrence directe et indirecte existe mais aussi dans la qualité de nos organisations.

Lepape-info : Vous venez d’être élu au bureau de l’AIMS, pourriez-vous nous expliquer le rôle de l’AIMS ?
B- B : C’est tout simplement une association internationale représentant des épreuves de course sur route sans aucune distinction de distance sous l’égide de l’IAAF. Il est évident qu’avec l’explosion des courses sur route dans le monde, le rôle et les services que peut et doit offrir l’AIMS aux courses va être et doit être de plus en plus visible et important. Nous sommes en plein mutation.

Lepape-info : Quelles seront vos fonctions ?
B- B : Je serai en charge de la communication et du marketing, avec comme mission et feuille de route de faire connaître l’AIMS, de recruter de nouveaux membres et de préparer un kit communication et marketing pour les courses qui nous en feraient la demande. Je suis élu pour quatre ans.

Lepape-info : Quelles sont les courses françaises membres de l’AIMS ?
B- B : Les courses françaises membres de l’AIMS sont très, trop, peu nombreuses, alors que nous sommes sans doute un des pays au monde où il y a le plus grand nombre de courses. A à titre d’exemple près de 65 marathons sont organisés en France alors qu’en Chine seulement 32 !  Les courses françaises membres de l’AIMS sont : le marathon de Paris, le semi-marathon de Paris, le marathon de La Rochelle, le semi-marathon de Saint Denis la voie royale, le semi-marathon de Nice et le Marathon des Alpes Maritimes, donc un nombre très peu représentatif de ce qu’est la course à pied dans notre pays. Nous pouvons et nous devons faire mieux. Il faut que nos courses s’ouvrent à l’international.

Lepape-info : Comment est perçue la France par les membres de l’AIMS ? Que représente-t-elle au niveau des courses mais aussi du potentiel coureurs ?
B- B : Je pense que l’AIMS en France n’est pas connue, nous ne sommes que 6 courses membres ! Cette année, lors du marathon de Paris, le Président de l’AIMS Pacio Borao a rencontré de nombreuses épreuves et présenté l’association, le message semble avoir été bien perçu et nous espérons que 4 ou 5 courses vont rapidement rejoindre l’AIMS dont bien évidemment Paris Saint Germain la course !

Le montant annuel de l’inscription est de 1 000 € mais il permet d’établir des contacts et des échanges entre les courses, c’est indéniablement un accélérateur pour que des coureurs étrangers participent à nos épreuves.

L’AIMS fête cette année son 30ème anniversaire, c’est encore une jeune association qui, avec la mode et le développement du running dans le monde, ne peut qu’être de plus en plus présente et de plus en plus reconnue. C’est avant tout une association de courses, pour l’instant il n’y a pas de relations avec les coureurs, si ce n’est peut-être le label. Nous devrions peut-être travailler là dessus, mais nous allons avant tout aider les courses membres dans leurs démarches marketing et de communication, le reste devrait suivre tranquillement.

Lepape-info : Quelles sont les avantages et inconvénients d’être membre de l’AIMS ?
B- B : Il n’y a que des avantages, la course à pied est un sport jeune, il y a encore tout à faire en s’inspirant d’autre sports plus matures sur le plan de la communication et du marketing.

Lepape-info : Quel est le poids de l’AIMS par rapport à IAAF ?
B- B : L’AIMS est avant tout une association internationale, ce n’est pas une fédération, elle est abritée et cooptée par l’IAAF et notre Président Paco Borao (directeur du marathon de Valencia) et notre secrétaire Hugh Jones siègent en compagnie du Président Bernard Amsalem à l’IAAF Road Running commission, rien de plus.

D’ailleurs les labels des courses sur route sont remis et décernés par l’IAAF et non par AIMS, qui est donc juste une association qui a pour mission de développer et de réunir des épreuves de course sur route quelles que soient les distances.

Lepape-info : Quels chantiers souhaitez-vous lancer au sein de l’AIMS ?
B- B : Principalement la communication et le marketing, nous avons un énorme potentiel principalement en associant la course à pied et le tourisme. De nombreux organisateurs de marathons lors du congrès de Prague sont venus me rencontrer car ils souhaitent faire venir des coureurs français et communiquer sur notre territoire mais ils ne savent pas comment : ils ont besoin que l’AIMS leur propose un service sous forme de guide par exemple.

Il en est de même pour d’autres organisateurs, il nous faut créer une base internationale qui va référencer les magazines spécialisés papier et bien sûr, les sites internet spécialisés, car ils sont de plus en plus nombreux et leur audience ne fait que grimper.

Ces marathons sont de formidables vecteurs pour le tourisme. Une étude présentée à Prague nous l’a parfaitement démontré, ce sont des ressources non négligeables pour les villes qui accueillent des courses. Pour ne citer qu’un exemple, les retombées pour la ville de New York sont de 358 millions de $ ! Pour le marathon des Alpes Maritimes, les retombées sont plus modestes mais non négligeables : 6 millions d’Euros.

Aujourd’hui, je voudrais donc mettre en place, avec une société spécialisée, une étude quantitative et qualitative sur le running dans le monde : je pense que les résultats seraient surprenants. Vous savez par exemple, qu’en France 28% des coureurs se déclarent Bac+5 ! Il nous faut une vraie étude afin de pouvoir clairement définir le monde du running, le qualifié, le quantifier et ainsi pouvoir positionner le running face à des sports « élitistes » qui parviennent à séduire les médias et les sponsors avec une plus grande ampleur.

Le site de l’AIMS

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