Biopics cyclistes, demandez le programme

Le 16 septembre 2015, sort sur les écrans « The Program » le biopic consacré à Lance Armstrong par le cinéaste Stephen Frears. Ce biopic cycliste n’est ni le premier, ni le dernier. Revue d’effectif des coureurs ayant déjà eu cet honneur et de ceux qui l’auront prochainement.

Lance Amstrong
  • Lance Armstrong

The Program – (sortie le 16 septembre 2015)

Le projet d’un biopic autour du personnage de Lance Armstrong, jeune champion du monde sur route, miraculé du cancer, roi du Tour de France puis paria déchu par la justice américaine avait de quoi inspirer Hollywood. Plusieurs projets sur la ligne de départ datant d’avant les aveux de dopage du texan sont passés à la trappe. Les noms de JJ Abrams ou de Bradley Cooper ont été évoqués. Finalement c’est Stephen Frears, déjà passé par la case biopic avec « The Queen » qui a hérité du projet. Le britannique qui n’y connaissait rien au cyclisme a découvert toute l’histoire à travers le livre de Tyler Hamilton. Son film retrace le parcours de la star du Tour, sur un mode thriller autour de l’enquête qui a mené à sa chute. Les scènes de reconstitutiony sont notamment bluffantes et l’interprétation de Ben Foster se révèle sidérante.

  • Fausto Coppi

Fausto et la dame blanche – (Téléfilm) 1995

Le destin foudroyant à tout point de vue du campionissimo avait tous les atours romanesques pour nourrir une fiction. C’est la télévision italienne qui s’en est chargé en 1995. Le film s’arrête particulièrement sur la vie privée du champion. Adulé par toute l’Italie de l’après-guerre pour ses victoires splendides et sa rivalité avec Gino Bartali, Coppi va pourtant se retrouver aux prises avec le puritanisme transalpin. Au plus fort de sa gloire, le champion – joué Sergio Castellito vu dans « A Corps Perdu » ou « Le Monde de Narnia – Chapitre 2 » – rencontre la belle Giulia Occhini, incarnée par Ornella Muti. Il quitte alors sa femme Bruna et leur petite fille pour Giulia qui laisse de son côté ses fils et son mari, provoquant un scandale national. D’une durée totale de 180 minutes, le film raconte une histoire passionnante sans s’éloigner d’un classicisme somme toute banal.

  • Graeme Obree

The Flying Scotsman – 2006

Graeme Obree s’est fait connaître en battant en 1993, alors qu’il était encore amateur, le record de l’heure détenu par Francesco Moser. Le coureur écossais totalement inconnu avait réalisé cette performance en fabriquant lui-même son vélo, assemblage de divers matériaux de récup’, dont des morceaux de machines à laver ! Devenu champion du monde sur piste, son passage en pro sur route est un échec. Il sombre dans la dépression et effectue 3 tentatives de suicide. Il déclarera en 2011 son homosexualité. Auparavant, Douglas Mackinonn avait porté son histoire à l’écran en 2006 via ce très bon film « The Flying Scotsman » où le cycliste est incarné par Jonny Lee Miller, vu dans « Trainspotting » tandis que Billy Boyd, vu en hobbit dans Le Seigneur des Anneaux, joue son manager.

  • Laurent Fignon

La dernière échappée – (Téléfilm) 2014

C’est Fabien Otoniente, spécialiste des films sur le sport (« 3 zéros », « Turf »…) qui s’est attaqué en 2014 pour France Télévisions à Laurent Fignon. Le film évoque la dernière participation du champion aux commentaires du Tour de France en 2010, contre l’avis de son médecin, quelques mois avant de décéder d’un cancer. C’est Samuel Le Bihan qui incarne avec une justesse touchante le champion dans ses derniers moments. Il n’empêche, malgré quelques scènes émouvantes, l’œuvre reste au niveau d’un téléfilm moyen (trop) plein de bons sentiments.

  • Franck Vandenbrouke

Engel – 2016

Le coureur belge décédé au Sénégal d’une double embolie pulmonaire et d’une attaque cardiaque préexistante en 2009 à l’âge de 34 ans, fait partie des destins brisés propres au vélo qui sont évidemment des sujets de rêve pour le cinéma. L’enfant terrible du cyclisme belge, grand espoir déchu tombé dans les pièges d’une vie dissolue, fera l’objet d’un biopic réalisé par le flamand Koen Mortier. Le film, consacré aux derniers jours africains du champion iconoclaste, sera adapté du livre « Monologue d’une personne habituée à se parler à elle-même » de Dimitri Verhulst – dont le roman « La Merditude des choses » avait déjà été porté à l’écran en 2009. L’auteur ne cite jamais le nom du coureur dans son ouvrage, mais la référence au personnage retrouvé mort en compagnie d’une prostituée est évidente. A l’annonce du projet, la famille du cycliste a d’ailleurs crié au scandale dans la presse belge. C’est Jérémie Rénier qui, après avoir incarné Cloclo, prêtera ses traits à l’inoubliable VDB.

  • Jonathan Boyer

Jack – A venir

Les plus anciens suiveurs du tour de France se souviennent de Jonathan Boyer : coéquipier de Bernard Hinault au sein du team Renault-Elf-Gitanes mené par Cyrille Guimard, il fut en 1981 le premier américain à participer à la grande boucle. Après dix ans de professionnalisme, passés à se nourrir de noix et de baies, et une victoire d’étape au tour de Suisse, il se spécialise dans des courses d’endurance de plus de 4500 kilomètres. Reconverti en gérant de magasin de cycle, il est condamné à plusieurs peines de prison pour agression sexuelle sur jeune fille de 16 ans et actes de pédophilie. Une fois libéré, il quitte tout pour l’Afrique et devient entraîneur de l’équipe cycliste du Rwanda qu’il forme avec des survivants du génocide. Cette histoire incroyable a attiré l’attention de deux géants du cinéma hollywoodien, les acteurs Michael Bay et Leonardo Di Caprio. Les deux comédiens ont annoncé leur intention de produire un biopic consacré à « Jack », le petit nom de Jonathan Boyer. Ils ne joueront cependant ni l’un ni l’autre dans le film dont ils ont confié la réalisation à Orlando von Einsiedel (Virunga)

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