Aude Biannic et Amélie Rivat : les lieutenantes de Ferrand-Prévot ?

Aude Biannic et Amélie Rivat font partie de la pré-sélection route pour les Jeux Olympiques de Rio. Toutes deux postulent pour les places de lieutenant derrière la leader Pauline Ferrand-Prévot. Aller aux jeux c’est déjà un rêve, mais la perspective de tout donner pour une vraie favorite serait pour nos deux championnes, tout aussi excitant.

Aude Biannic (gauche) et Amélie Rivat (droite)
Aude Biannic (gauche) et Amélie Rivat (droite)

Lepape-info : Présentez-nous votre parcours les filles ?

Aude Biannic : J’ai commencé le vélo à l’âge de 7 ans. J’ai très vite pu m’aligner sur les coupes du Monde espoir. J’ai intégré l’équipe de France et en 2013, j’ai signé dans une équipe UCI, Futuroscope où j’ai passé deux ans.

Amélie Rivat : Mes parents étaient tous deux cyclistes. J’ai pourtant un peu délaissé le vélo pour le basket. J’ai joué jusqu’en régionale. Et j’ai en fait commencé le vélo à 16 ans. J’ai tout de suite eu des résultats. J’ai directement été en équipe de France, et rapidement sur des courses internationales.

Lepape-info : Les J.O ça évoque quoi pour vous, au niveau cycliste ?

Aude : C’est une course du niveau de plus grosses épreuves World Tour. Surtout au vu du parcours.

Amélie  : Après c’est particulier, c’est une course par équipe nationales, ça change les choses. On a l’habitude de cela avec les championnats du monde. Mais là on sera encore moins par équipes. A 3 ou 4 par équipes c’est difficile d’avoir une véritable emprise sur la course. Cela va donner une course beaucoup plus ouverte.

Lepape-info : La préparation cela se passe comment ?

Amélie : Hélas on n’aura pas le temps d’avoir une vraie préparation. Et puis il faut gagner sa place de titulaire dans la sélection. Ce qui présente un risque et surtout un choix à faire : faut-il tout donner sur les courses du printemps pour gagner sa place définitive, au risque de griller des forces importantes ?

Aude : Nous n’aurons pas beaucoup de temps non plus sur place pour effectuer un vrai stage. Nous arriverons sur place quelques jours avant la course seulement. Mais nous avons effectués souvent des stages avant les mondiaux, nous nous côtoyons, nous nous connaissons toutes et nous apprécions. De ce côté-là, ce n’est pas un souci.

Lepape-info : La course des jeux vous la voyez comment ?

Amélie : Il n’y aura pas de faux semblants. Vue la difficulté du parcours, il n’y a aucun doute : celle qui gagne sera la plus forte. Moi c’est un parcours qui m’inspire en tout cas. J’ai un profil de grimpeuse

Aude : C’est vrai que c’est un parcours complètement inhabituel. C’est la course la plus dure qu’on peut trouver sur le calendrier je pense. Pour moi ça va être plus dur : j’aime bien quand c’est plat, j’aime bien escalader les monts en Belgique, mais là on a des bosses redoutables.

Lepape-info : Vous savez de toute façon que si vous allez aux jeux, c’est pour servir les desseins de votre leader Pauline Ferrand Prévot ?

Aude : Oui on le sait depuis le début. Personnellement, je pense qu’on voudra toutes rester le plus longtemps proches de la tête. Mais c’est clair que l’objectif c’est d’aider Pauline au maximum, on le sait d’avance. Et ça ne nous pose pas de problèmes.

Amélie : Quand tu sais que tu as une leader qui a vraiment des chances de l’emporter, c’est facile et évident de se mettre à son service. En plus sur les J.O tu contribues à ce que ton pays emporte une médaille, c’est extrêmement gratifiant.

Lepape-info : Ces J.O, ça peut être une chance pour le cyclisme féminin de percer un peu niveau médiatisation ?

Amélie : Oui totalement. Les jeux donnent un éclairage particulier, il faut en profiter.

Aude : Il y a du mieux sur la médiatisation. L’arrivée du Tour des Flandres féminin a été retransmise en direct, La Course by Le Tour prend de l’ampleur. Mais ce qu’il faudrait vraiment, c’est qu’une grosse équipe pro française ouvre une équipe filles de haut niveau.

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